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Edito

Les «négociations» reprennent


Stephan Hagenbuch, Directeur des Producteurs suisses de lait, stefan.hagenbuch@swissmilk.ch

Stephan Hagenbuch, Directeur des Producteurs suisses de lait, stefan.hagenbuch@swissmilk.ch

Aujourd’hui à 09:29

Temps de lecture : 2 min

Depuis plusieurs mois, les annonces des États-Unis sur leur politique douanière ont bouleversé le commerce mondial des marchandises, impactant aussi l’économie laitière suisse. D’un côté, les exportations de fromage et de produits transformés (comme le chocolat) ont beaucoup souffert depuis août 2025. De l’autre côté, le dollar américain a perdu plus de 10% de sa valeur par rapport au franc. Au total, cela représente une augmentation des droits de douane de 10% à 49% pour les exportations de fromage (par exemple, le Gruyère AOP), ce qui, combiné à l’influence monétaire, se traduit par une hausse des prix de +55%!

Début décembre 2025, la Suisse est parvenue à obtenir une normalisation qui, à la surprise générale, a été appliquée rétroactivement au 14 novembre 2025. Elle est ainsi revenue au même niveau que l’UE, offrant un répit de dernière minute au fromage suisse, juste avant son retrait de la vente au détail aux États-Unis. Le taux est aujourd’hui de 15%, au lieu des 10% pratiqués auparavant, mais le taux de change reste défavorable. Pour l’instant, les autorités fédérales compétentes ont réussi à maintenir le cap dans la bonne direction. Les Producteurs suisses de lait (PSL) les remercient pour leur engagement déterminant.

Les choses ne seront plus jamais comme avant. Bientôt, les États-Unis et la Suisse entreront en phase de négociations officielles sur un accord de libre-échange. Les pourparlers aborderont aussi la question de l’agriculture et de l’économie laitière. Pour PSL, il est essentiel de ne pas éveiller de faux espoirs. Pour les producteurs de lait, un libre-échange du fromage avec les États-Unis, comme celui conclu avec l’UE, n’est pas envisageable, même si certains partenaires du secteur semblent y penser. Heureusement, la politique intérieure suisse a déjà fixé des limites, mais la situation reste imprévisible.

Dans le scénario le plus défavorable, le marché laitier suisse se retrouverait sous une pression accrue sur les prix à l’importation. À la mi-2025, par exemple, le prix moyen du lait en Allemagne était d’environ 50 centimes suisses par kilogramme, contre environ 37 centimes aux États-Unis, soit une différence de 13 centimes. Plus le dollar s’affaiblit, plus la pression augmente. Dans un tel contexte, il est très probable que la valeur du dollar continue d’évoluer dans cette direction à long terme.