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Vache mère Suisse. Des producteurs sont recherchés pour la deuxième moitié de l’année

Vache mère Suisse a pu atténuer les conséquences pour les producteurs des perturbations du marché en 2023. Le gérant Urs Vogt a quitté ses fonctions. Daniel Flückiger a repris le flambeau.

Mathias Gerber, président de VMS, Urs_Vogt, gérant sortant, Daniel_Fluckiger, nouveau gérant (de gauche à droite).DR

COMM.

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28 mars 2024 à 14:57, mis à jour à 15:06

Temps de lecture : 8 min

Le président, Mathias Gerber, a ouvert l’assemblée devant les quelque 240 participants à cette 47e assemblée générale de Vache mère Suisse (VMS). Dans son rapport, il est revenu sur le bon développement de Vache mère Suisse durant l’année écoulée, mais également sur les difficultés rencontrées sur le marché. Il a cependant rappelé que, grâce aux bonnes relations que Vache mère Suisse entretient avec ses avec ses partenaires, les turbulences des marchés ont pu être atténuées, toujours dans l’intérêt des productrices et producteurs. Les éleveurs de vaches allaitantes ont toujours fait front commun et cette unité est un atout important pour l’avenir. Heureusement, la situation du marché est désormais bien meilleure que l’année dernière à la même période.

Le président a ensuite mentionné les protestations et les revendications de l’agriculture en Suisse et à l’étranger au cours des derniers mois. Il les comprend tout à fait, le système doit être simplifié, les prix fixés à un niveau correct et le dialogue ouvert. Il a ensuite conclu en réaffirmant que Vache mère Suisse continuera sans cesse à défendre une production de viande basée sur les prairies et les pâturages.

De la place pour de nouvelles exploitations

Daniel Flückiger, le nouveau gérant de Vache mère Suisse. Dans sa rétrospective annuelle, il a lui aussi évoqué le bon développement de l’association. Deux des défis majeurs qui subsistent sont la saisonnalité et l’équilibre de l’offre de Natura-Beef et de Natura-Veal. Il a d’ailleurs souligné que Vache mère Suisse est ouverte aux nouveaux membres et aux nouvelles exploitations de production. De nouvelles productrices et producteurs sont principalement recherchés pour la deuxième moitié de l’année et ce pour tous les labels. Il recommande dans tous les cas aux intéressés de demander un premier entretien de conseil.

Vache mère Suisse lancera en 2024 ce qui est pour l’instant le plus vaste projet d’évaluation climatique dans l’agriculture suisse. D’ici 2027, il s’agira de calculer les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des quelque 1000 exploitations Natura-Beef Bio. Les mesures de protection du climat mises en place dans les exploitations de vaches allaitantes seront ainsi identifiées, recensées et mises en avant.

Urs Vogt, une longue carrière au service de VMS

Urs Vogt a quitté son poste de gérant de Vache mère Suisse à la fin de l’année 2023, après 35 ans au sein de Vache mère Suisse. Au début de sa carrière, le 3 janvier 1989, l’ASVNM (Association suisse des détenteurs de vaches nourrices et mères) comptait 641 membres, dont 148 exploitations avec 3 races (Angus, Charolaise et Limousine), et commercialisait 1983 Natura-Beef par an. Aujourd’hui, l’association compte environ 6000 membres, 1025 exploitations herd-book, 38 races différentes et commercialise chaque année plus de 69’000 animaux labellisés dans différents canaux, aidant ainsi les membres à réaliser une plus-value annuelle de 30 millions de francs.

Urs Vogt a joué un rôle déterminant dans la création, le développement et le succès des labels Natura-Beef, VK-Natura, SwissPrimGourmet, Natura-Veal, Bœuf de pâturage et Premium-Beef. Il a significativement contribué à l’amélioration de la qualité de l’élevage allaitant en introduisant l’estimation de la valeur d’élevage, en confiant les contrôles d’exploitation au service d’inspection beef control, en organisant nombre de manifestations beef.ch, importantes plateformes de communication. Il était aux commandes lorsque l’ASVNM est devenue Vache mère Suisse, avec son nouveau logo, lors de l’introduction de BeefNet, des marchés de taureaux et du Swissopen. Il a notamment mis sur pied le projet «viande des pâturages & climat».

Conformément aux propositions du comité, toutes les affaires statutaires (dernier procès-verbal, rapport annuel 2023, programme d’activités 2024, comptes annuels 2023, décharge, cotisations des membres et budget 2024) ont été approuvées à une large majorité. L’assemblée a approuvé une augmentation modérée des cotisations des membres. Daniel Stoller, de Reichenbach im Kandertal (BE), a été nouvellement élu en tant que vérificateur des comptes.

L’élevage allaitant est important pour la Suisse

À l’issue de l’assemblée générale, le professeur Beat Reidy, enseignant dans le domaine des herbages et des systèmes de ruminants à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), a présenté un exposé intitulé "L’importance de l’élevage allaitant pour les herbages en Suisse". Il a notamment montré qu’en Suisse, 80% des surfaces agricoles (y compris les pâturages d’estivage), un tiers des terres ouvertes et la plus grande part des surfaces de promotion de la biodiversité sont des herbages.

La Suisse est donc aussi un pays de ruminants: en raison des surfaces arables limitées, elle dépendait fortement des ruminants, dont font partie les vaches allaitantes. Pour un avenir durable, les terres arables doivent être utilisées en priorité pour la production de denrées alimentaires directement utilisables et les ruminants ont leur place sur les prairies et pâturages. Pour minimiser les effets indésirables sur l’environnement, l’élevage doit être le plus efficace possible, la qualité des fourrages grossiers revêt donc une importance capitale.

En ce qui concerne l’efficacité protéique des différents systèmes de production animale, l’élevage de vaches allaitantes obtient de moins bons résultats si l’on considère l’ensemble des protéines fourragères. Mais si l’on compare l’efficacité protéique sur la base des protéines directement utilisables par l’homme, c’est-à-dire dans des situations de concurrence alimentaire, l’élevage de vaches allaitantes s’en sort nettement mieux que l’engraissement de gros bétail ou que la production de viande de porc, de volaille ou même d’œufs. Les vaches allaitantes sont ainsi destinées à être encore plus souvent utilisées pour la production de viande dans les zones marginales.

Outre la production d’une viande de haute qualité répondant aux exigences des consommateurs, l’élevage de vaches allaitantes est lié à de nombreuses autres prestations écosystémiques positives: bien-être animal, biodiversité des pâturages extensifs, entretien du paysage, maintien de la fertilité des sols et stockage de CO2 dans les sols herbeux.

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