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L'alimentation saine, aubaine et défi pour l'industrie



La santé est au coeur des changements dans l'industrie agroalimentaire suisse. Mieux se nourrir, trouver des alternatives aux protéines animales, éviter le gluten: dans bien des cas, ces changements sont une aubaine pour les acteurs agroalimentaires, même si les investissements nécessaires sont parfois élevés (image d'illustration Pixabay).

 

"Les consommateurs recherchent des produits fabriqués avec moins d'ingrédients, plus simples, plus naturels et produits de façon durable. En même temps, ils recherchent des options pratiques et plus saines, bio, végétariennes ou 'sans'", remarque une porte-parole de Nestlé.

 

Le géant vaudois optimise son portefeuille en développant de nouveaux produits ou en relançant ceux existants. "Environ un tiers du portefeuille de produits" est reformulé chaque année, précise la porte-parole. Les acquisitions, lorsqu'elles s'inscrivent dans la stratégie, ne sont pas exclues. Récemment le groupe a ainsi rachetées des marques comme le spécialiste des plats végétariens Sweet Earth.

 

Coop a développé une gamme de produits "pour tous ceux qui se nourrissent de manière végétarienne ou végane, ceux qui se définissent comme des flexitariens et ceux qui s'intéressent aux nouvelles tendances dans l'alimentation", a indiqué une porte-parole à AWP.

 

Quelques années après sa création en 2013, la marque génère déjà un chiffre d'affaires de 65 millions de francs. Deux magasins dédiés aux produits Karma ont également vu le jour à Zurich et Zoug et d'autres implantations sont "à l'étude". Son concurrent a suivi le même chemin, Migros assurant avoir augmenté de 73% son assortiment de produits certifiés végans ou végétariens entre 2015 et 2017.

 

L'essor du sans gluten

Diverses tendances influencent la chaîne de production agroalimentaire, confirme Tobias Nänny, directeur du centre de formation chez Bühler dans la meunerie. Le fabricant de machines industrielles doit s'adapter à la tendance du sans gluten, pour lequel la demande croît "fortement" depuis plusieurs années.

 

Tobias Nänny rapporte que la consommation de pain à la farine de blé recule, au profit de produits à base de seigle, d'épeautre ou d'autres céréales sans gluten. Or, les investissements à réaliser pour produire du sans gluten sont considérables. "Ces produits exigent plus de machines, des réglages différents, une formation des collaborateurs", énumère-t-il.

 

Mais cela peut rapporter gros. Les consommateurs, allergiques, intolérants ou simplement désireux de varier leur alimentation, sont prêts à payer plus cher pour des produits vendus comme étant plus sains, remarque-t-il. "Pour l'industrie, c'est une opportunité de taille, dans la mesure où les marges de ces produits sont bien plus élevées. Néanmoins, les volumes restent limités, le gros des ventes étant toujours réalisé avec les produits à base de blé".

 

"Il y a effectivement de plus en plus de produits répondant à des besoins spécifiques", confirme Barbara Pfenniger, responsable Alimentation de la Fédération romande des consommateurs. Si cette multiplicité des lignes de produits a des avantages, elle encourage à acheter plus et diminue les possibilités de comparer.

 

Marges intéressantes

L'augmentation du prix est souvent "proportionnellement supérieure" à la hausse des coûts de production de ce type de produits, regrette Barbara Pfenniger, citant l'exemple des doses de crème à café sans lactose. Par ailleurs, un étiquetage plus clair est nécessaire pour ne plus "induire en erreur les consommateurs" avec des formulations non définies juridiquement, à l'instar de "naturel" ou "artisanal" estime-t-elle.

 

La transformation du secteur agroalimentaire redistribue les cartes, ce qui profite à Bühler, remarque Tobias Nänny. "En développant des lignes spécifiques, nous pouvons servir plus de clients et ouvrir de nouveaux marchés", explique-t-il, citant la transformation d'insectes, une thématique qui occupe depuis deux ans une équipe qui a "commencé à zéro". "Nous sommes les plus avancés dans une industrie en train d'émerger", se félicite-t-il.

 

Le marché mondial pour les produits sans gluten est estimé entre 3 et 6 milliards de francs, pour une croissance annuelle de 12% en 2016, selon des données d'Euromonitor. Pour les produits sans protéines animales, il avoisine 33 milliards (+10%), tandis que le sans lactose pèse pour 7 milliards (+7%).

 

En Suisse, le chiffre d'affaires avec les produits bio a bondi de 10,7% à 1,4 milliard en 2017, alors que les ventes dans le commerce de détail n'ont progressé que de 1,4%. Les produits bio y représentent 12% à 15% de la production, contre une part de 1,2% à l'échelle mondiale.

AWP / ATS, 6 juillet 2018


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