Viande américaine. Les restaurants plus demandeurs que les commerces
En dépit du nouvel accord douanier, le consommateur suisse a peu de chances de trouver dans la grande distribution de la viande de bœuf, de bison et de la volaille en provenance des États-Unis. En revanche, la restauration et l’hôtellerie se révèlent davantage disposés à se fournir en produits carnés américains.
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ATS
Aujourd’hui à 10:44
Depuis le 10 décembre, date d’application de la nouvelle réglementation douanière avec Washington, au 31 décembre 2025, la Suisse a importé des États-Unis 20,3 tonnes de viande de bœuf et 2,3 tonnes de viande de bison, selon les chiffres non définitifs de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF).
Aucune volaille d’origine américaine ne figure en revanche dans les importations à compter de cette date. Le risque est toutefois faible que les consommateurs suisses retrouvent de la viande américaine sur les étals des grands magasins.
Migros privilégie en effet la viande helvétique. «La viande importée ne joue qu’un rôle très marginal dans notre assortiment. L’assortiment de viande chez Migros provient en très grande majorité de Suisse: 99% pour le porc, 92% pour le bœuf, plus de 99% pour le veau et 86% pour le poulet», détaille un porte-parole du géant orange à l’agence AWP.
Pour le poulet frais, Migros affirme utiliser exclusivement de la viande provenant de Suisse, de Hongrie et de France. «La viande brésilienne est utilisée uniquement dans des produits transformés, comme les nuggets de poulet», précise le porte-parole.
La viande suisse est également prioritaire chez Coop. «Nous ne constatons pas de besoin d’importer des États-Unis. Coop procède à l’importation uniquement lorsque les matières premières suisses ne sont pas disponibles en quantité ou qualité suffisantes», indique un porte-parole.
Pour Lidl et Aldi, l’achat de viande en provenance des États-Unis n’est pas non plus une option, font savoir leurs services de presse respectifs.
Intérêt de l’hôtellerie-restauration
En revanche, GVFI, gros importateur de viande en Suisse, notamment pour des grossistes tels que Bell Food Group, admet faire régulièrement venir de la viande de bœuf et de bison en provenance des États-Unis. «Nous avons déjà effectué des importations dans le cadre des nouvelles conditions douanières», confirme à AWP Olivier Freiburghaus, responsable du développement durable et du bien-être animal au sein de l’entreprise.
Transgourmet/Prodega, grossiste pour la restauration et l’hôtellerie, achetait également déjà du bœuf et du bison d’origine états-unienne avant le nouvel accord douanier - mais pas de volaille - et entend continuer ainsi. «La majeure partie de notre assortiment de bœuf et de volaille provient toutefois de Suisse, les parts américaines dans la viande de bœuf étant marginales», spécifie une porte-parole.
De son côté, le grossiste Pistor, qui approvisionne, entre autres, le secteur de la gastronomie, commercialise de la viande américaine «sur demande et en tant que spécialité» pour quelques clients seulement. «Actuellement, notre offre se limite au filet et à l’entrecôte de bœuf», rapporte un porte-parole. Au total, Pistor a vendu 5666 tonnes de viande et de volaille l’année dernière, la majeure partie d’origine suisse. Seule une tonne provenait des États-Unis.
Carnadis, grossiste pour la restauration et l’hôtellerie sur l’Arc lémanique, envisage sérieusement de développer une ligne de hamburgers à base de viande de bison ainsi qu’une ligne de hamburgers à base de viande de bœuf Angus américain. Son directeur, Michel Delévaux, est persuadé de l’existence d’une clientèle pour ce genre de produits. «Beaucoup d’Américains vivent dans la région lémanique et beaucoup d’entreprises américaines souhaitent s’implanter ici», dit-il.
M. Delévaux est également ouvert à l’importation de poulet américain. «Le traitement au chlore ne m’inquiète pas du tout, car il n’y aura pas de résidus dans la viande», souligne le responsable, ajoutant que si ces produits devaient contenir des hormones ou avoir été traités au chlore, cela devrait obligatoirement être mentionné dans la déclaration d’origine.
Si, en Suisse, chaque restaurant et hôtel choisit librement les produits qu’il propose, il se doit en revanche d’indiquer clairement au client la provenance de la viande et du poisson, conformément à la législation sur les denrées alimentaires. «Il n’est toutefois pas obligatoire de mentionner l’origine sur la carte des menus», nuance une porte-parole de GastroSuisse, la faîtière de la branche de l’hôtellerie-restauration.
Concernant les méthodes d’élevage, le traitement avec des hormones ou des stimulateurs de croissance doit être indiqué par écrit, selon GastroSuisse.


