Biologie. Un champignon ruse pour contourner les défenses du blé
L’oïdium, une pourriture blanche causée par des champignons, est capable de tromper la résistance du blé. Des scientifiques de l’Université de Zurich sont parvenus à décrypter les astuces utilisées par le parasite. Ils veulent maintenant mettre à profit leurs nouvelles connaissances pour améliorer les défenses du blé.
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ATS
Aujourd’hui à 16:25
Les résultats de cette étude qui est parue dans la revue spécialisée «Nature Plants» ouvrent la voie au développement de variétés de blé dotées de capacités de résistance plus élevées, indique l’Université de Zurich dans un communiqué diffusé mardi 13 janvier.
Le blé possède des résistances naturelles contre les maladies causées par des champignons. Le champignon qui provoque l’oïdium s’attaque au blé en injectant des centaines de protéines, des «effecteurs», dans les cellules de la plante.
Ces effecteurs, une fois en place, favorisent la diffusion de l’infection fongique. Le blé, en réaction à l’attaque, produit d’autres protéines capables de reconnaître directement quelques-uns de ces effecteurs.
Ce processus déclenche une réponse immunitaire qui doit conduire à l’arrêt de l’infection. Les chercheurs ont cependant identifié un nouvel effecteur de l’oïdium. Celui-ci est reconnu par une protéine du blé. Mais le champignon est capable de contourner cette barrière en produisant un effecteur supplémentaire qui a pour résultat de saturer les défenses de la céréale.
Ce deuxième effecteur peut, selon les scientifiques, être détecté par une protéine spéciale. «Maintenant que nous connaissons le mécanisme et les facteurs grâce auxquels le champignon se propage, nous pourrons empêcher plus efficacement l’oïdium de briser la résistance du blé», indique Beat Keller, le scientifique qui a dirigé les recherches, cité dans le communiqué.


