Héloïse Candolfi, Directrice d’AgriGenève, candolfi@agrigeneve.ch
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Ces dernières semaines, l’agriculture genevoise et suisse a traversé de multiples épreuves: présence d’ergot dans le blé, épizooties qui menacent les cheptels, ou encore un marché du vin en pleine crise, marqué par des stocks importants et une consommation en baisse. Dans ce contexte difficile, chaque maillon de la chaîne alimentaire joue un rôle déterminant pour garantir la pérennité de notre production locale.
La grande distribution occupe à cet égard une place centrale. Par sa force de frappe commerciale et sa proximité avec le consommateur, elle est un partenaire incontournable. Les campagnes de communication mettent régulièrement en avant le soutien au «local», et ces messages trouvent un écho fort auprès d’un public de plus en plus attentif à l’origine de ce qu’il consomme.
Reste que l’écart entre promesse et réalité mérite parfois d’être réduit. Ainsi, certaines enseignes ont récemment annoncé une baisse de prix en faveur des consommateurs. Une mesure positive pour le pouvoir d’achat, mais qui ne doit pas fragiliser les producteurs suisses en reportant sur eux une partie de l’effort. Chacun sait que leurs charges restent élevées et qu’ils ne disposent que de très peu de marges pour absorber de telles baisses.
Autre exemple: l’assortiment des produits sous marque de garantie GRTA, spécifique à Genève, a été réduit à certains endroits, au profit d’une logistique centralisée et de marques «régionales» développées en interne. Un choix qui affaiblit la visibilité des productions locales, et qui peut perturber le message de proximité auprès des consommateurs.
Loin d’opposer distributeurs et producteurs, il s’agit de rappeler que notre avenir dépend d’une relation de confiance et de partenariats solides. Les producteurs sont prêts à relever les défis, à innover et à s’adapter, mais ils ont besoin de partenaires fidèles qui garantissent et renforcent la distribution de leurs produits dans les rayons.
Le consommateur, lui aussi, attend cette cohérence: que la parole donnée corresponde aux actes, que le «local» vanté dans les campagnes de communication se retrouve effectivement sur les étals. Plus que jamais, la grande distribution a l’opportunité – et la responsabilité – de jouer ce rôle moteur pour assurer la durabilité de notre agriculture.