La filière mycicole suisse, dépourvue de paiements directs et de protections aux frontières, traverse une période critique. L’Union suisse des producteurs de champignons (USPC) souligne, dans un communiqué publié lundi 2 décembre 2024, que les importations en hausse et la concurrence étrangère, soutenue par des subventions publiques allant jusqu’à 40% au sein de l’Union européenne, fragilisent fortement les exploitations locales.
Les coûts de production élevés en Suisse, combinés à la flambée des prix des matières premières et des salaires, grèvent les marges des producteurs indigènes, indique l’USPC. Ces derniers doivent investir des millions de francs pour maintenir leur compétitivité, alors que leurs homologues étrangers bénéficient de soutiens financiers importants pour moderniser leurs installations.
Sensibilisation de la politique
Pour sensibiliser les décideurs politiques à cette situation, une délégation de l’USPC a rencontré le parlementaire Erich Ettlin (Centre). L’organisation demande un renforcement des mesures de soutien, notamment en marketing, afin de valoriser les produits locaux face à la marchandise importée. L’USPC plaide également pour une approche tournée vers l’innovation et la croissance, en s’appuyant sur les tendances alimentaires durables.
L’organisation appelle aussi les distributeurs à privilégier l’approvisionnement indigène, affirmant que l’avenir de la filière repose sur des conditions équitables face à la concurrence étrangère. Un dialogue intensifié avec les acteurs politiques et économiques est envisagé pour garantir la pérennité de la production suisse de champignons.