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Dossier

Environnement. Bon nombre de fosses à lisier doivent encore être couvertes avant 2030

Entrée en vigueur début 2022, la dernière modification de l’Ordonnance sur la protection de l’air laisse six à huit ans aux exploitants pour couvrir leurs fosses existantes. Seule une petite partie des agriculteurs concernés ont entrepris des démarches.

Plusieurs solutions existent pour répondre à cette exigence de la Confédération.V.Gremaud

Vincent Gremaud

Vincent Gremaud

7 avril 2023 à 00:00

Temps de lecture : 6 min

Dans le but de réduire les émissions d’ammoniac, la Confédération exige de couvrir tous les réservoirs à ciel ouvert qui stockent des engrais de ferme liquides en Suisse. En effet, les études montrent que le fait de couvrir une fosse à lisier permet de réduire d’environ 80% les émissions d’ammoniac dues au stockage. Depuis de nombreuses années déjà, certains Cantons conditionnaient l’octroi de permis de construire à la pose d’une couverture sur ces réservoirs. À l’avenir, même les plus anciennes fosses devront satisfaire à cette exigence, d’une manière ou d’une autre. En mars 2022, la Conférence suisse des services de l’agriculture des Cantons (COSAC) et la Conférence des chefs de service et offices de protection de l’environnement (CCE) ont publié conjointement une fiche d’information précisant les conditions que doivent remplir les couvertures des fosses à lisier (lire ci-dessous).

Le compte à rebours a commencé

La nouvelle OPair est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Dans les dispositions transitoires, un délai de six à huit ans est accordé pour l’assainissement des installations existantes. La Confédération part ainsi du principe que tous les réservoirs à lisier seront équipés d’une couverture durablement efficace d’ici au plus tard à 2030. À ce jour, seule une faible part des agriculteurs concernés a entamé des démarches. «On a fait des centaines d’offres en Suisse romande. Mais pour l’heure, peu nombreux sont les agriculteurs qui ont agi. En général, ceux qui ont couvert leurs fosses l’ont fait pour limiter les volumes d’eau de pluie qui aboutissent dans les réservoirs», explique Fabien Roulin, fondateur d’Impact Equipements, une entreprise basée à Sainte-Croix (VD) qui commercialise des couvertures. «Depuis cette année, nous recevons un peu plus de demandes», indique Pascal Perroulaz, du secteur Amélioration des structures à Grangeneuve (FR). Collaborateur de Proconseil, Sylvain Chevalley confirme que le mouvement est également amorcé dans le canton de Vaud. «Les agriculteurs s’en soucient et prennent le problème en mains. Ils vont couvrir leurs fosses», relève le conseiller en construction rurale. «Suivant la solution choisie, par exemple pour la pose d’un dôme, une mise à l’enquête s’avère nécessaire. Les projets sont souvent plus lourds à monter administrativement que ce que l’on pense.»

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