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Suisse

Économie. L’agriculture face au salaire minimum

Les initiatives pour un salaire minimum pleuvent en Romandie. Dans le monde agricole, les réactions sont différentes selon les cantons et les secteurs de production.

Dans le canton de Genève, la culture de petits fruits est rendue difficile par l’imposition d’un salaire minimum.IStock

Pauline Clerc

Pauline Clerc

24 mai 2024 à 08:44, mis à jour le 29 mai 2024 à 08:29

Temps de lecture : 11 min

«Il y a des productions qu’on a dû carrément arrêter», rapporte Claude Janin à la tête, avec son frère et son père, d’une exploitation maraîchère située à Perly (GE). Certains exploitants tirent la langue depuis l’introduction d’un salaire minimum à Genève en 2020. Pour cette année, celui-ci s’élève à 24,32 francs de l’heure et à 17,87 francs dans l’agriculture. Les cultures spéciales sont particulièrement gourmandes en main-d’œuvre, notamment lors des récoltes. «À cause de l’augmentation des coûts de production, nous avons renoncé à produire certains légumes en pleine terre qui nous servaient pour notre gamme de pot-au-feu. Cela représente une perte entre 300 000 et 400 000 francs par an.» Et il en va de même pour la culture de fraises Mara des bois, dont la surface a dû être divisée par cinq. «C’est de plus en plus difficile de produire des petits fruits. Nous ne pouvons plus engager d’étudiants durant leurs vacances, car ils sont devenus trop chers.» Ce que regrette le producteur, c’est l’uniformisation des montants alloués. «Nous devons rétribuer de la même manière des personnes qui n’ont aucune expérience et des employés qui travaillent sur notre exploitation depuis des années.» Face à d’autres secteurs, l’agriculture ne fait pas le poids. «Dernièrement, l’un de mes plus anciens employés a posé sa démission pour travailler comme jardinier.»

Plusieurs nouveaux projets

Ce constat n’a pas empêché le dépôt de plusieurs autres initiatives sur le salaire minimum dans le canton de Vaud, de Fribourg et du Valais, entre 2023 et 2024. Ces dernières prévoient généralement un barème spécifique pour l’agriculture. «Nous avons bien conscience que Fribourg est un canton agricole et nous allons tenir compte de cette réalité dans nos propositions», assure Milka Ivanovic, secrétaire de l’Union syndicale fribourgeoise. Pour l’heure, la balle est dans le camp du gouvernement cantonal. La suite qui sera donnée au projet devrait se préciser d’ici cet été.

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