Logo

Cultures

Ravageurs . Lutte à Bâle contre le scarabée japonais

Bâle-Ville et Bâle-Campagne agissent contre des foyers de scarabées japonais après la découverte de spécimens fin juin.

Le scarabée japonais s’attaque à quelque 300 plantes.iStock

ATS

ATS

4 juillet 2024 à 17:11

Temps de lecture : 3 min

La région bâloise prend des mesures contre la multiplication de scarabées japonais. Des exemplaires y ont été découverts la semaine dernière à Bâle et à Münschenstein (BL). Des surfaces entières ont donc été tondues et bâchées. L’arrosage est interdit dans la zone. À Münschenstein (BL), des surfaces entières ont été tondues et bâchées, dont les terrains d’entraînement du FC Bâle. L’arrosage y est interdit.

Dans le parc des Jardins Merian, à Münchenstein, 38 scarabées japonais ont été trouvés et ce, dans des pièges à coléoptères essentiellement, a indiqué Christoph Böbner, directeur du centre agronomique d’Ebenrain (BL) aux médias réunis jeudi sur place.

Le but des mesures prises à Münchenstein est de détruire les chrysalides et d’éliminer les éventuels scarabées adultes en les empêchant de s’envoler, indiquent les autorités des deux cantons. Un réseau dense de pièges a été installé.

Les autorités de Bâle-Campagne ont décrété une ordonnance générale de lutte contre le ravageur. Ainsi, l’arrosage de pelouses et d’espaces verts est interdit jusqu’au 30 septembre dans l’ensemble du foyer d’infestation, qui se situe directement à la frontière avec Bâle-Ville et borde les installations sportives du FCB. Le but est d’empêcher les larves de se développer dans un sol humide.

Transports de végétaux largement interdits

De plus, le contenu des composts ne doit pas quitter la zone infestée afin d’éviter que les coléoptères ne se répandent ailleurs. Cette zone se trouve le long des frontières communales de Münchenstein, Muttenz (BL), Birsfelden (BL) et de la ville de Bâle.

D’autres communes de Bâle-Campagne, le reste du canton de Bâle-Ville, le district soleurois du Schwarzbubenland ainsi des communes voisines du Pays de Bade (D) et de l’Alsace (F) font partie de la zone tampon. Le transport de végétaux est interdit tant dans la zone infestée que dans la zone tampon, à l’exception de végétaux stockés en lieu sûr, protégés des insectes.

Les surfaces vertes de la zone infestée ont été fraisées et recouvertes d’une bâche en plastique, afin de détruire les chrysalides et d’éliminer les éventuels scarabées adultes en les empêchant de s’envoler.

Les terrains d’entraînement du FC Bâle ont aussi été recouverts. Ils ne sont plus utilisables jusqu’à nouvel avis. Une alternative sera cherchée avec le club afin de permettre à la première équipe de s’entraîner, selon le canton de Bâle-Ville.

Des scarabées japonais ont aussi été trouvés sur la rive droite du Rhin, dans le quartier du Rankhof, à Bâle. Les autorités de Bâle-Ville surveillent les pelouses qui s’y trouvent, dont des terrains de football. Elles entendent introduire une ordonnance semblable à celle du canton voisin, mais adaptée à la réalité urbaine.

Kloten: première population au nord des Alpes

Le scarabée japonais peut s’attaquer à environ 300 plantes. Au siècle dernier, ce coléoptère a été «importé» du Japon en Amérique du Nord avant de poursuivre son invasion en Europe. Il a été signalé en Italie en 2014, où il a ravagé des vignobles entiers, avant de s’installer dans le sud du Tessin. Au sud des Alpes, il est devenu impossible de l’exterminer et ne peut plus être qu’endigué.

Lorsqu’une population s’installe dans une zone, elle se compte en millions d’exemplaires. En quatre heures, un piège à coléoptères peut alors renfermer jusqu’à 50 000 scarabées.

L’an dernier, la première population du nord des Alpes a été découverte à Kloten (ZH). Le coléoptère a aussi été trouvé isolément en Haut-Valais, de même que, auparavant déjà, à Bâle-Ville et dans le canton de Soleure. Il est sous surveillance dans tous les cantons depuis un an. Une propagation généralisée du scarabée japonais en Suisse causerait des dommages de plusieurs centaines de milliers de francs, selon une estimation de la Confédération.


Dans la même rubrique

Cultures

Production biologique. Tirer parti de la culture herbagère

Le respect du label Bio Bourgeon nécessite une surface minimale d’herbe sur le domaine, ainsi que l’achat exclusif de fourrages issus d’une exploitation Bourgeon Suisse. Même sans activité d’élevage, la production de fourrages occasionne de grandes possibilités de revente.