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Pratiquer le reiki sur les bovins


Dans le Doubs (F), des agriculteurs se forment au reiki pour soigner leur bétail eux-mêmes. La découverte de cette méthode est aussi moteur de changements.


reiki


Une bise glaciale balaie le plateau de Maîche en ce jeudi de février. Le froid n’est pas moins mordant dans l’écurie de Dominique Mougin, mais Nelly Tisserand ne fait aucun cas de la température. Concentrée, la maître reiki effectue un soin sur Harpe, une vache souffrant de boiterie. Que l’on soit convaincu des thérapies alternatives ou pas, la démonstration est étonnante.
 
Après un moment d’hésitation dû au groupe et au flash de l’appareil photo, la vache vient d’elle-même se placer près de la praticienne. Travail à distance, puis contact des mains de Nelly Tisserand sur le flanc de l’animal, dont la peau vibre sous l’effet du soin. La vache lève ensuite la patte un long moment. «Elle me montre où elle a mal», explique Nelly Tisserand. Au bout d’une bonne dizaine de minutes, la bête repart d’elle-même, signe qu’elle a eu le soulagement nécessaire. Et une  autre s’approche pour prendre sa place dans la logette...

Concept de formation pour agriculteurs

Nelly Tisserand est maître reiki, sophrologue et art-thérapeute depuis vingt-cinq ans. C’est en 2016, à la demande de Jean-Paul Jezequel, chef de service de la Chambre d’agriculture de Besançon, qu’elle met sur pied un concept de formation pour agriculteurs en trois modules: «découverte » sur trois jours de cours, puis «initiation 1er degré» et «initiation 2e degré», chacun sur quatre jours de cours. De quoi avoir toutes les clés pour prodiguer des soins aux animaux de manière autonome, y compris à distance. «Mes anciens élèves soignent de nombreuses pathologies: diarrhées des veaux, boiteries, mammites, abcès, entorses, problèmes respiratoires, faiblesse ou encore problèmes comportementaux. Le reiki permet aux agriculteurs de ne pas se trouver démunis en cas de problème. Ils peuvent aussi faire un soin pour voir s’il y a une amélioration en attendant le vétérinaire», explique la formatrice.

Ce jour-là, un groupe d’une douzaine d’agriculteurs termine justement le module «découverte ». Bilan à la sortie de l’étable, après la démonstration par la formatrice. «Avec le froid, c’était dur de se concentrer sur le soin à donner», indique une participante. «Avec mon mari, nous étions en attente, et une vache est venue d’elle-même nous demander un soin. C’était fort, parce que n’était pas prévu et parce que nous l’avons vécu à deux», explique une autre.

Pratiquer le reiki n’est pas sorcier mais requiert quelques bases. En début de formation, Nelly Tisserand insiste notamment sur la conscience animale. «Il faut décoder leur langage et les comprendre pour pouvoir les soigner. Ils nous indiquent s’ils ont peur, s’ils souffrent.»

Changement d’attitude radical avec le bétail
Cette prise de conscience appelle bien souvent des changements d’attitude radicaux chez les agriculteurs en formation et une révolution au niveau de l’approche de l’animal. «J’étais très électrique, surtout en salle de  traite. Il fallait que ça aille vite. J’allais chercher les vaches et pour qu’elles se lèvent, je donnais un coup de pied... Depuis que j’ai entamé la formation, j’ai complètement changé ma manière de fonctionner. Eh bien depuis, les vaches viennent d’elles-mêmes se faire traire», témoigne Christiane, encore très interpellée par cette découverte.«Je commence aussi à lâcher tout un tas de choses, à accepter», continue-t-elle. «Voilà, tu as compris. Il faut s’écouter pour pouvoir écouter ses animaux», renchérit Nelly Tisserand.

D’ailleurs, au-delà des soins aux animaux, le reiki joue un fort rôle social. Les agriculteurs continuent en effet à se rencontrer régulièrement avec la thérapeute dans le cadre de groupes de développement, l’équivalent de nos groupes d’intérêt. «Parfois, ils s’entraident, notamment si l’un est plus doué pour intervenir sur tel ou tel problème. Le groupe aide aussi à rompre la solitude », ajoute Nelly Tisserand. «Sans compter les économies de frais vétérinaires, 800 euros en moins pour moi l’an passé. Et puis, c’est un plaisir! J’aime encore plus mon métier depuis que j’ai découvert et que je pratique cette méthode sur mes bêtes. C’est très gratifiant», insiste Stéphanie, à la tête d’une exploitation de 120 vaches laitières.

Encore peu pratiquée en Suisse
En Suisse, le reiki est bien connu chez les humains et les animaux de compagnie, très peu chez les animaux de rente. «Les soins énergétiques par imposition des mains existent de longue date dans les campagnes. On disait alors des guérisseurs qu’ils avaient le "secret”», rappelle Luc Jallon, du Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, à Fribourg. A sa connaissance, il n’existe pas de statistiques sur les résultats de cette méthode de guérison. «Il n’est pas rare que les détenteurs se tournent vers ce genre d’interventions en dernier recours, quand ils ne savent plus comment soigner leurs animaux », indique-t-il encore.
 
Pas davantage d’informations chez Suzanne Stocker, présidente de la Camvet, l’association vétérinaire suisse pour les médecines alternatives et complémentaires. Elle relève toutefois que les méthodes alternatives, comme l’homéopathie et la phytothérapie, prennent de plus en plus d’importance dans les troupeaux notamment en lien avec la réduction de l’utilisation des antibiotiques.
EF, 23 mars 2018

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Une méthode accessible à tous
 
Le reiki, d’origine japonaise, a été conçu par Mikao Usui en 1923. «Rei» signifie l’esprit et «ki» se réfère à  l’énergie. Le reiki est une méthode de soins dits «énergétiques» par imposition des mains qui fait interférer les champs magnétiques émis par les êtres vivants. Lors d’un soin, le praticien transmet l’énergie au patient par ses mains. Il ne transmet pas sa propre énergie et ne prend pas non plus les maux du malade. Il peut en  revanche les ressentir.

Double impact
D’après ses adeptes, le reiki a un double impact. Sur le plan physique, il permet entre autres de traiter les  douleurs, les problèmes de peau, de digestion, les inflammations, les blessures et renforce les défenses immunitaires. Sur le plan émotionnel, il aide à soigner dépressions, stress, angoisses, fatigue ou encore les problèmes de confiance.

Tout le monde peut pratiquer le reiki après une initiation. Il n’est pas possible de faire du mal ou de provoquer un effet négatif avec cette méthode qui, en revanche, ne remplace pas un traitement médical. «Les animaux sont plus faciles à soigner, car ils ne doutent pas et ne cherchent pas à comprendre le fonctionnement de la méthode. Ils acceptent le soin du moment qu’ils nous sentent en phase. Autrement, les soins diffèrent peu,  qu’ils soient appliqués aux hommes ou aux animaux», indique Nelly Tisserand.
EF
 
Infos utiles: Renseignements auprès de Nelly Tisserand au +33 6 73 13 75 44 ou par mail: nellytisserand@live.fr.
En cas d’intérêt, une journée sur cette méthode pourrait être organisée par ProConseil.

 

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