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Approvisionnement en protéines


Bio Suisse a décidé de donner l’exclusivité aux fourrages indigènes dans la ration des ruminants à l’horizon 2022. Pour relever le défi de l’approvisionnement en protéines végétales, les producteurs ont différentes possibilités.


Protéine bio


Lors de l’assemblée du 18 avril dernier, les délégués de Bio Suisse ont pris deux décisions importantes liées à l’alimentation des ruminants: atteindre une part de fourrage Bourgeon suisse de 100% et limiter la part d’aliments concentrés à 5% de la ration d’ici à 2022. «Il s’agit d’un défi audacieux, qui offre une vision intéressante sur le long terme, avec la volonté de vouloir produire localement», estime Pascal Olivier, responsable de l’antenne romande de Bio Suisse.


Difficile à mettre en place dans les productions porcines et avicoles, le choix de l’autosuffisance de la production fourragère se concentre dans un premier temps sur les ruminants: «si la consommation de viande actuelle se maintient, il est illusoire de croire que nous pourrons produire suffisamment de protéines végétales en Suisse pour répondre aux besoins des monogastriques», précise Pascal Olivier.

Améliorer la qualité des fourrages grossiers
Bien que la mesure soit contraignante pour les producteurs, différentes possibilités existent afin de produire des protéines végétales en Suisse. Selon Maurice Clerc de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), il est nécessaire de distinguer la production de protéines vé­gétales destinées à l’alimentation des ruminants sous forme de fourrages grossiers de celle produite sous forme d’aliments concentrés.
 

Comme le cahier des char­ges de Bio Suisse implique une part minimale de 20% de prairies temporaires dans la rotation culturale, il existe un potentiel de production de fourrages grossiers de qualité sur les exploitations de plaine. Les synergies entre les exploitations de grandes cultures sans bétail et celles des régions de montagne, qui ne sont pas toujours autonomes en fourrages conservés, devraient être renforcées. «Le véritable enjeu de ces collaborations entre les agriculteurs bio réside dans la qualité de la marchandise produite: la demande se con­centre principalement sur des fourrages secs. Les légumineu­ses riches en protéines, comme la luzerne, nécessitent un soin particulier de la fauche à la récolte afin de ne pas endommager les feuilles. L’installation de séchoirs et l’utilisation de retourneurs d’andains à la place des traditionnelles pirouettes permettraient d’obtenir un produit correspondant à la demande», relève Maurice Clerc.

 

Un avis partagé par Pascal Olivier, qui estime que les exploitations romandes pourraient être favorisées par cette mesure, particulièrement dans les cantons de Vaud et de Genève, où il existe un certain nombre d’exploitations sans bétail: «actuellement, le fourrage bio se vend 10 à 20% plus cher que le PER. Il est important que les exploitants réapprennent à produire du foin de qualité, destiné au bétail laitier. De cette manière, l’offre devrait s’adapter à la de­mande».

 

Remplacer l’importation de soja
Différentes cultures adaptées aux conditions suisses offrent la possibilité de produire des concentrés protéi­ques afin de palier l’importation de soja. Les pois et la féverole sont cultivés depuis plusieurs années et récoltés dans des quantités proches de l’autosuffisance. Avec un prix divisé par deux par rapport au soja alimentaire, le soja fourrager bio est pour le moment difficilement rentable pour l’alimentation animale au niveau suisse. Maurice Clerc précise que l’affouragement du soja ne va pas de soi pour les agriculteurs désirant travailler en circuit fermé: «le soja doit être toasté avant d’être affouragé au bétail, ce qui ne facilite pas sa culture dans un but d’autoproduction au niveau des exploitations. A l’étranger, il existe cependant des fermes qui se sont dotées d’installation de toastage afin de valoriser leur propre soja».
 
Avec des graines dont les valeurs nutritives sont proches de celle du soja, le lupin a l’avantage de ne pas nécessiter de toastage. Moins productif que le lupin blanc, le lupin bleu possède une meilleure résistance aux pathogènes qui le favorise sur les exploitations cultivées en mode biologique. Il doit être cultivé en association avec une céréale afin d’obtenir des résultats satisfaisants concernant la maîtrise des adventices. «Un projet d’accompagnement du FiBL a débuté afin de favoriser la culture du lupin bio. Nous porterons une attention particulière aux sols, car cette plante se plaît surtout en milieu acide», ajoute Maurice Clerc.
 

Bien que la mise en œuvre de ces nouvelles exigences de Bio Suisse nécessite des adaptations au niveau des exploitations, Pascal Olivier et Maurice Clerc estiment tous deux que cela est réalisable. «Le défi est sans doute plus important dans les régions de montagne, mais le délai de trois ans permettra aux agriculteurs de s’adapter, voire de remettre en question leur système de production», conclut Pascal Olivier.

Benoît Seingre, 11 mai 2018


 

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