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Vis ma vie de paysan



Agriviva jette des ponts entre la ville et la campagne avec des stages d’immersion à la ferme destinés aux jeunes. Ce concept qui n’a rien d’un programme de télé-réalité a connu un grand succès cet été (photo AGIR).

«Vis ma vie de paysan»: c’est l’invitation que lance Agriviva aux jeunes de 16 à 25 ans, depuis bientôt 75 ans. Avec ses programmes d’immersion, qui permettent à ceux qui le souhaitent de s’intégrer et de participer à la vie d’une exploitation agricole, l’Association a séduit un nombre croissant de jeunes en Suisse cet été. De quoi réjouir Andrea Bory, présidente d’Agriviva depuis 2015.

Ce succès s’explique-t-il par une prise de conscience des jeunes sur l’importance de l’agriculture de proximité, après le semi-confinement dû au Covid-19?
Il y a effectivement eu une demande croissante de la part des 17-19 ans pour des stages à la ferme, cet été. Le Covid-19 a dû y contribuer de plusieurs manières: certains jeunes en avaient assez d’être à la maison; d’autres n’ont pas pu partir en vacances ou n’ont pas pu décrocher le petit boulot de vacances qu’ils espéraient. Ils en ont profité pour découvrir le travail au sein d’une exploitation. Ou ce sont leurs parents qui les ont inscrits.

Est-ce que ces séjours à la ferme ressemblent à des camps de vacances?
Pas du tout! L’objectif, c’est que le jeune participe réellement aux travaux de la ferme afin de vivre le métier avec ses diverses facettes en direct. Il peut être amené à faire les foins, à participer à la traite des vaches, à récolter des fruits. On attend également de lui une dose de motivation importante qui est la base du respect des horaires et l’intérêt à la vie de la famille paysanne qui l’accueille. En échange, il est logé, nourri et reçoit de l’argent de poche. C’est souvent une première réelle immersion dans le monde du travail.

Ces programmes existent depuis 75 ans, qu’est-ce qui a changé?
A l’origine, il s’agissait d’un service obligatoire.  La Confédération avait instauré l’obligation d’aider à la campagne, car il y avait besoin de main-d’œuvre durant la deuxième guerre mondiale. Certaines écoles en Suisse alémanique ont gardé l’obligation d’effectuer de tels stages durant la scolarité. Ce qui n’est pas le cas en Suisse romande. Aujourd’hui, l’objectif est de jeter des ponts entre la ville et la campagne.  La majorité des jeunes n’ont plus de contacts directs avec le monde agricole, ils n’ont plus l’occasion de voir pousser des légumes, ni de vivre avec des animaux qui produisent des matières premières pour constituer la panoplie de l’étalage qu’ils trouvent au supermarché. Il leur manque la réalité du quotidien de producteur de nourriture…

En quoi est-ce important?
Tout ce que l’on connait permet d’améliorer sa prise de conscience. En l’occurrence, cela aide à mieux consommer, à être attentif à la saisonnalité des produits, à leur provenance, à la manière dont ils sont cultivés… Aujourd’hui, les jeunes sont très sensibles aux problèmes du climat. Consommer une tomate produite localement, plutôt qu’importée d’Espagne ou d’Amérique du Sud a un réel impact au ce niveau-là.

Quelle est la durée d’un de ces stages à la ferme?
Les jeunes s’engagent pour une durée de quinze jours à deux mois, idéalement trois semaines au minimum. Cela leur permet de se familiariser avec l’activité à la ferme, puis de pouvoir contribuer à certains travaux, qui peuvent être variables en fonction de l’exploitation où ils se trouvent.

Finalement, ces jeunes volontaires sont aussi une main-d’oeuvre bon marché pour les agriculteurs?
Non, ce n’est pas l’objectif recherché. Les agriculteurs participent à ces programmes parce qu’ils ont envie de communiquer, de partager ce qu’ils font. Il y a encore 30 ans, on avait presque tous un oncle, une tante, ou un proche qui vivait à la campagne. Ce qui n’est plus le cas. L’accueil d’un ou plusieurs jeunes nécessite un réel engagement, en temps et en énergie, de la part des familles paysannes…  L’aide que peuvent leur apporter ces jeunes est juste une petite contrepartie.

Cette année, les stages ont donc eu passablement de succès, mais globalement le nombre de volontaires diminue…
Effectivement, les jeunes ont de plus en plus de difficultés à consacrer 15 jours ou trois semaines à de tels stages, même si c’est une expérience très enrichissante. S’intégrer dans une famille et un milieu que l’on ne connaît pas nécessite une faculté d’adaptation,  la capacité de travailler en équipe, de faire preuve de fiabilité, d’initiatives… Autant de valeurs immatérielles qui pourront ensuite être mises en avant. L’année dernière, 1450 jeunes ont participé à l’un de nos stages. Ce nombre a diminué de 8 à 10% au cours des 5 dernières années. Ce qui nous amène à développer, actuellement, d’autres activités ponctuelles sur un jour. Cela pourrait être, par exemple, du « champ à l’assiette » avec la récolte de pommes de de terre puis la cuisine d’un plat ; ou encore presser du jus de pomme après la récolte des fruits.
Propos recueillis par Pascale Bieri (AGIR), le 16 septembre 2020.

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