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Une filière pour le moulin multibroches


L’Association pour le développement des énergies renouvelables poursuit son projet de mouture à la ferme via le moulin multibroches testé en 2010. Le succès passera par la mise en place d’une filière.


Une filière pour le moulin multibroches


Les membres présents à l’assemblée générale de l’Association pour le développement des énergies renouvelables (ADER) fin avril ont eu le privilège de déguster de petits pains bis à la farine bio fabriqués par le boulanger de Romainmôtier. Il ne s’agissait pas de n’importe quelle farine, mais de la bien nommée F10 (voir l’article ci-dessous), exigeant beaucoup moins d’énergie pour sa mouture. C’est la suite du projet de moulin multibroches développé depuis quelques années par l’ADER et testé en avril 2010 (Agri du 4 juin 2010). Deux ans se sont écoulés depuis et l’association est toujours en quête de partenaires pour lancer une production commerciale.

 


Ernest Badertscher fignolant les derniers réglages lors d'un essai.

Du point de vue technique, le système est au point. Les éléments de la chaîne de production ont été affinés, du mélangeur au tamis en passant par la génératrice de vapeur, la pompe ou le doseur. «Nous sommes capables de produire environ 100 kilos à l’heure en continu et sans accroc avec l’installation actuelle, assure Ernest Badertscher, ancien vice-président de l’ADER. En adaptant le système, nous pourrions monter à plusieurs centaines de kilos par heure.»

 

Trouver des acheteurs
Mettre en place une filière commerciale pour faire fonctionner le moulin est une autre paire de manches. L’agriculteur pressenti en 2010 s’est désisté. La difficulté est de trouver des boulangers qui rachèteraient la farine. Mais des possibilités sont envisagées côté bio. «La plupart des boulangers qui travaillent à partir de blé conventionnel sont liés à un moulin, explique Ernest Badertscher.

 

En revanche, les grands moulins ne prennent pas en charge la farine bio et il n’y a quasiment pas de con­currence dans ce segment en Suisse romande.» Autre avantage, cette farine pourra être vendue à un meilleur prix et le moulin rentabilisé à partir d’une production voisine de 100 tonnes à l’année déjà. Un agriculteur bio de Champvent (VD) s’est dit intéressé.

 

Le coprésident de l’ADER, Jérôme Bouglé, veut lui aussi participer à l’aventure. Il comp­te même investir à titre personnel dans une coopérative qui regrouperait le ou les agriculteurs intéressés, les boulangers et des clients ou toute personne motivée. L’ADER a également sollicité l’aide de l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV).

 

Chips à basse teneur en matière grasse
«Comme nous sommes tous des bénévoles à l’ADER, il est difficile de porter un projet commercial jusqu’au bout. L’ADNV nous soutiendrait dans la conduite d’une étude de marché et dans la recherche de fonds. Notre argument marketing serait la production locale et autonome, en développant plusieurs produits autour de cette farine», explique Jérôme Bouglé. L’ADER envisage également de créer un fonds pour soutenir ce type d’initiative en prélevant des royalties sur la farine. «Une manière aussi d’être reconnu. Mais le montant serait dérisoire et ne devra pas mettre en péril le projet», rassure tout de suite Jérôme Bouglé.

 

Quant à la valorisation de la farine, ce ne sont pas les idées qui manquent. Outre le pain se profilent le fameux cerefrom (farine et fromage) de l’ADER, la fabrication de pâtes et celle de chips à très basse teneur en matière grasse et à haute valeur nutritionnelle, en récupérant la vapeur de l’installation, une autre manière d’optimiser l’utilisation de l’énergie. Un fromager a été approché pour des yogourts enrichis avec de la farine maltée exigeant moins de sucre et offrant une structure plus ferme. La ligne de production con­çue en collaboration avec Anutec à Guin serait celle utilisée dans les tests et reviendrait à un peu plus de 200'000 francs. «Mais un moulin moins puissant pourrait faire l’affaire», estime Jérôme Bouglé. Des installations de petites dimensions auraient en outre l’avantage de satisfaire les demandes assez fréquentes émanant de petits producteurs souhaitant fabriquer du pain pour le village, relève Ernest Baderstcher.

 

Enfin, pourquoi ne pas envisager de telles installations dans des pays en développement: simplicité du processus, installation compacte et économie en énergie, de quoi rêver! Côté Suisse, l’ADER n’ose pas espérer une mise en route pour les moissons 2013 tout en attendant impatiemment la réponse de l’ADNV qui devrait tomber ces prochaines semaines. Affaire à suivre donc!

Pierre-André Cordonier, 31 mai 2013

 

UN MOULIN FONCTIONNANT AVEC BEAUCOUP MOINS D'ÉNERGIE

 


Le coeur du moulin avec ses rangées de broches.

Le moulin multibroches projette le grain contre des dents ou broches disposées en plusieurs rangées sur la partie fixe du moulin et sur la partie mobile tournant à très haute vitesse. Le son, humidifié au préalable, se comporte comme du caoutchouc et n’est pas brisé. Il peut ainsi être plus facilement séparé au tamisage. L’amande, quant à elle, est complètement moulue par le passage entre les broches. Comme la turbine déplace énormément d’air, le son est séché lors du processus. «Il suffit donc d’un seul passage au travers du moulin tournant à environ 10'000 tours/minute, suivi d’un seul tamisage pour obtenir une farine de qualité, à très haut rendement et un son très propre», expliquait en 2010 à Agri Ernest Badertscher.

 

Selon l’ancien vice-président de l’ADER, le moulin multibroches a l’avantage, sur les moulins traditionnels, d’être bien plus simple, d’occuper beaucoup moins de place et de consommer bien moins d’énergie, d’où la farine F10 comme «facteur 10», soit dix fois moins d’énergie. Mais la consommation réelle doit encore faire l’objet d’une analyse plus sérieuse lors d’une utilisation commerciale. Selon la finesse des mailles du tamis, le meunier peut obtenir un large choix de farines. Des tests ont également été effectués récemment avec du blé dur pour la fabrication de pâtes et le résultat est tout à fait convaincant, selon Ernest Badertscher.

PAC, 31 mai 2013

 


 

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