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Un centre à la pointe pour améliorer le bien-être de la volaille et des lapins


Aviforum, l’OSAV et l’Université de Berne ont conçu un bâtiment ultra moderne pour conduire des essais sur la détention de la volaille avant tout. Des chercheurs étrangers viennent également y mener leurs projets.


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Le nouveau poulailler du Centre spécialisé dans la détention convenable de la volaille et des lapins (ZTHZ), en fonction depuis novembre 2018, a vu le jour grâce à un partenariat entre trois entités: Aviforum, centre de compétence de l’aviculture suisse dans les domaines de la formation, de la recherche et de la prestation de services qui est le constructeur et le propriétaire du bâtiment, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et finalement les chercheurs de la division Protection des animaux du VPHI (Veterinary Public Health Institute) de l’Université de Berne.

Répartition des tâches
«L’objectif était que toute la recherche avicole se fasse à Zollikofen», explique Ruedi Zweifel, directeur d’Aviforum. Cette collaboration en triangle existe déjà depuis une dizaine d’années. L’OSAV se chargeait de faire la recherche appliquée mais avec ce nouveau centre, la responsabilité de la conduite des essais a été déléguée à l’Université de Berne. «Nous avons par contre gardé à notre charge tout ce qui concerne les validations de nouveaux systèmes de stabulation puisqu’il s’agit d’une base légale», relève Nadine Ringgenberg, collaboratrice scientifique de l’OSAV. En ce moment, ils testent justement de nouveaux perchoirs (lire ci-dessous).
 
Ce nouveau bâtiment a remplacé l’ancienne halle du centre ZTHZ, construite en 1986 avec deux chambres d’essais, et qui ne correspondait plus à la recherche actuelle. Aviforum s’est chargé de chercher les fonds nécessaires à la construction. L’OSAV et les chercheurs de l’université ont formulé le cahier des charges. Il a fallu près d’un an pour construire ce bâtiment de 1000m2, dont le coût s’élève à 1,7 million de francs.

Aviforum a un contrat de prestations avec ses deux partenaires et se charge d’affourager les animaux, de collecter les œufs, de vider et de nettoyer les lieux. Il n’a par contre pas d’influence ni de regard sur les projets planifiés. Ruedi Zweifel est fier que ce centre ait pu se construire sur leur site. «Nous accueillons des projets européens, c’est la plus grande réussite que l’on puisse attendre.» L’OSAV formule plusieurs possibilités d’utilisation pour ce nouveau bâtiment.
–  Examen et autorisation des systèmes de stabulation et des équipements d’étable fabriqués en série pour la détention de la volaille et des lapins.
–  Projets de recherche servant de base pour évaluer les systèmes de détention dans le cadre de la législation sur la protection des animaux.
–  Recherche appliquée et fondamentale sur le bien-être et le comportement de la volaille et des lapins.

Chercheurs étrangers
Le nouveau bâtiment compte quatre pièces expérimentales. A l’intérieur, tout est amovible et peut encore être sous-divisé. «Ce qui est vraiment intéressant, c’est qu’il est possible de commencer par des petits groupes (environ 20 animaux et plusieurs répétitions) puis de continuer l’essai avec des effectifs plus grands, de 250 animaux par exemple, dans un autre poulailler d’Aviforum. Et finalement aller expérimenter dans des fermes», explique Nadine Ringgenberg qui précise qu’il est aussi possible de faire l’inverse, soit de prendre un problème de la pratique que l’on teste dans des groupes toujours plus petits.

Le bâtiment est équipé comme suit: un laboratoire pour disséquer les animaux (cours pour les étudiants, pose de diagnostics pour les vétérinaires, analyses diverses), des bureaux pour les techniciens, un atelier mécanique, une salle de commande pour programmer les vidéos sur tout le site et les quatre chambres d’essai. Devant ces dernières, il y a un large couloir (équivalent d’un jardin d’hiver). Il a été prévu en cas de retrait de l’OSAV du projet, permettant à Aviforum de le transformer en halle d’engraissement.

C’est le seul poulailler de Suisse dans lequel il n’y a pas de lumière naturelle durant certains projets. C’est une nécessité pour obtenir des observations fiables. Le système de ventilation est performant et dérivé d’un procédé fabriqué pour la détention de porcs. Il s’agit d’un système de refroidissement de l’air avec de l’eau du robinet et un réservoir disposé sur le toit. Ainsi, la température n’a pas dépassé 26°C durant les chaleurs de cet été. Le fait d’avoir des pièces complètement fermées permet d’avoir un meilleur contrôle du climat. «Quand nous faisons ainsi des essais à très petite échelle, nous avons besoin d’avoir un environnement très contrôlé», relève la spécialiste.

Comme son nom l’indique, le bâtiment peut accueillir des lapins également. La détention de lapins en groupe est complexe, des recherches sont prévues sur ce thème.
 
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 Test de nouveaux perchoirs

Les deux premières chambres du bâtiment peuvent être fusionnées et c’est le cas en ce moment. Elles accueillent 15 parcs de 3m/3m avec chaque fois 20 poules, 10 blanches et autant de brunes. L’OSAV teste différents perchoirs dans le cadre de leur évaluation avant leur mise sur le marché. «Nous avions jusqu’à présent le perchoir traditionnel rond en métal. De nouveaux types ont été développés par les constructeurs, nous devons les tester pour voir leurs effets sur la santé animale avant de les autoriser», explique Nadine Ringgenberg. Cinq perchoirs sont en étude. Pour chacun il y a trois parcs de répétitions. Les quinze parcs sont identiques: ventilation, disposition des éléments (mangeoires, abreuvoirs, pondoirs), etc. 

De nouveaux perchoirs ont été proposés par les
constructeurs, ils doivent être testés par l'OSAV. 
 
Les animaux sont dans ces parcs depuis le stade «poussins» et les adultes seront observées jusqu’au pic de ponte. Les collaborateurs de l’OSAV relèvent: comment et à partir de quand (quel âge) sont utilisés les perchoirs, est-ce que les animaux tombent, comment se déplacent-ils dessus, à combien vont-ils dessus, ainsi que la santé des pattes et du bréchet. Il y a une caméra dans chaque parc qui permet de filmer le comportement des poules durant 24 heures. Afin de ne pas biaiser les résultats, une personne qui ne connaît pas l’hypothèse analyse ces vidéos. Pour la même raison, les poules sont sorties pour faire leur analyse de santé. Elles ne peuvent ainsi pas être assimilées à un perchoir.

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Certaines poules ne sortent pas
 
Dans un autre poulailler du site, l’Université de Berne analyse le «quotidien» des animaux à l’échelle individuelle: le mouvement, le comportement... «Nous avons six groupes de 225 poules et c’est la première fois qu’il y a un suivi des animaux à l’échelle de l’individu dans de si grands peuplements», s’enthousiasme Mike Toscano. Les premiers résultats sont plutôt surprenants. On voit que jour après jour, les poules sont très régulières dans leurs activités. Par contre, cette régularité est propre à un individu et se perd si on compare les poules entre elles. «On a tendance à faire des généralités quand on parle de leurs besoins mais avec cet essai on voit que l’on ne peut partir du principe que toutes les poules font la même chose ou ont les mêmes exigences», relève le responsable des essais. On constate par exemple que l’entier des poules utilisent le jardin d’hiver mais qu’elles ne vont pas toutes dehors ou certaines très peu de temps. D’autres, à l’inverse, passent une grande partie de la journée à l’herbe. Des capteurs envoient des signaux sitôt que les poules changent de zones. 
 
Même si elles ont la possibilité de sortir,
certaines poules restent volontiers à l'intérieur. 
 

«Cette étude nous force à remettre en question certaines croyances. Avec les œufs issus d’élevage en plein air, les consommateurs s’attendent à ce que toutes les poules sortent mais ce n’est apparemment pas le cas. Les individus qui restent à l’intérieur ont toutefois aussi des avantages car la densité à l’intérieur à ce moment-là est plus faible», souligne Nadine Ringgenberg.

 

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