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Directives et conseils pour réussir le transport d’un animal par les airs


Le temps est un facteur crucial lorsqu’un transport par hélicoptère s’avère nécessaire pour un animal. Il est important de suivre les directives de la Rega pour garantir le succès de l’opération.


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En 2019, la centrale d’intervention de la Rega a organisé 1254 transports d’animaux de ferme répartis dans toute la Suisse. Stéphane Thomann, pilote d’hélicoptère chez Swiss Helicopter SA, explique: «Ce genre de mission ne se fait pas uniquement en zone de montagne. Récemment, nous avons dû intervenir dans la région de Lausanne».

La Rega offre un service performant pour transporter tous les animaux de ferme blessés, malades ou morts. Cette prestation s’inscrit dans le cadre de l’aide aux paysans de montagne. L’entreprise de sauvetage organise et prend en charge des acheminements par voie aérienne lorsque aucun autre moyen de transport ne peut être mobilisé. La personne responsable qui se situe sur le lieu de l’accident joue un rôle primordial dans le bon déroulement du processus de transport.

Des directives à suivre
Lorsqu’un transport par hélicoptère s’avère nécessaire, la première étape est d’appeler la Rega au numéro d’alarme spécial destiné au transport d’animaux. A ce moment-là, il faut pouvoir fournir les informations suivantes: personne de référence; commune où doit avoir lieu la prise en charge; état d’urgence de la situation (animal de ferme égaré, blessé, malade ou mort).

Les animaux décédés doivent être signalés à l’instance compétente de la commune en charge de l’alpage. Cette dernière délivre un mandat à la Rega pour l’évacuation du cadavre. Si l’animal vit encore, une compagnie d’hélicoptère commerciale est mandatée. Celle-ci contacte la personne de référence. Elle doit être capable de décrire les lieux de prise en charge et de dépose: commune, nom de l’alpage, coordonnées, caractéristiques du terrain, ainsi que les obstacles tels que remontées mécaniques par exemple.

Mesures en attendant les secours
«Jusqu’à l’arrivée des secours, il faut prendre toutes les mesures connues pour rassurer l’animal. Si possible, une légère sédation est recommandée», indique Etienne Junod, responsable Romandie et membre de la direction du Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA).

La carcasse des animaux morts doit être marquée ou recouverte d’une bâche afin d’être visible d’en haut.
 
Avant le sauvetage, il faut avertir le vétérinaire responsable. Il décide si l’animal est apte au transport conformément aux dispositions en matière de protection des animaux. Si l’héliportage s’avère impossible, l’abattage sur place de l’animal est obligatoire et doit se passer dans le respect des règles professionnelles. Les bêtes présentant des blessures légères et pouvant se tenir debout sont considérées comme transportables. Lorsqu’elles sont agressives ou piégées, la présence du vétérinaire est obligatoire. 
 
La Rega n’effectue pas de vol de recherche ni des interventions de nuit. Les missions à haut risque pour l’équipage sont également refusées.

La Rega peut décharger les membres des coûts
Il est possible de s’affilier à la Rega en tant qu’agriculteur en effectuant un don de 70 fr. par année. En remerciement de ce soutien, la Rega peut, dans le cadre de ses possibilités et à sa libre appréciation, décharger le propriétaire des frais du vol lorsque les assurances ou tout autre tiers ne sont pas tenus de les prendre en charge et ne remboursent pas ou seulement partiellement les coûts de la mission. Pour les communautés d’exploitations, chaque propriétaire doit être affilié pour bénéficier des dispositions relatives qui en résultent.

Thomas Hauri, conseiller chez Agrisano, précise: «Les agriculteurs avec des animaux dans des zones à risque devraient en particulier envisager de souscrire une assurance animale adéquate, malgré les primes relativement élevées. L’assurance accident pour animaux couvre l’indemnisation de la bête ainsi que les ‹frais de nettoyage et de transport› dans le cadre des prestations convenues. La Rega n’est pas une compagnie d’assurances. Les frais de transport peuvent rester à la charge de l’agriculteur. Il est important d’évaluer les risques avec son conseiller afin de bien s’assurer».

Une année à risque en raison des touristes
Selon Etienne Junod, «La majorité des cas concerne des animaux égarés qui ont pu être effrayés par une circonstance extérieure et fuir. Dans l’idéal, il faudrait garder le troupeau ensemble et éviter qu’il ne soit effrayé par des chiens ou des grands prédateurs. Cela reste une approche théorique difficile à mettre en place sur le terrain.» Cette année, le personnel d’alpage devra être particulièrement attentif aux troupeaux, car la situation engendrée par le coronavirus va sans doute attirer plus de touristes sur les alpages.
Steve Montandon, le 3 juillet 2020.
 
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Quelle est votre expérience avec l’héliportage d’animal?
 
Marius Pannatier, Agriculteur à Evolène (VS) 
 «En 2005, j’ai amené ma vache Cibelle à l’alpage alors qu’elle avait fait reine de printemps en avril. C’était une grande fierté. Un jour, elle s’est battue avec une autre vache. Pendant, le combat, son adversaire l’a poussée dans un marais et elle s’est cassé la patte. Elle était bloquée et ne pouvait plus bouger. Quand j’ai vu les deux vaches, je n’osais pas trop m’approcher. Du coup, j’ai tout de suite appelé Air-Glaciers. Ils sont arrivés sur place en à peine une heure. Ils n’ont pas eu beaucoup de difficultés pour transporter Cibelle jusqu’à ma bétaillère. Cette dernière se trouvait sur le chemin le plus proche. Cibelle a réussi à marcher sur trois pattes pour y rentrer. Le vétérinaire était alors sur place pour l’examiner. Malheureusement, il m’a annoncé que cela ne valait pas la peine de l’amener au Tierspital à Berne, sa blessure étant trop grave pour être soignée. Ce fut une grande tristesse pour moi; je l’appréciais particulièrement; mais nous avons dû abréger ses souffrances. Le point positif de cette histoire est que la Suisse possède un système efficace pour aider les agriculteurs de montagne dans ce genre de situation. Comme je possède la carte famille et bovins chez Air-Glaciers, les frais du vol qui représentaient plus de 1300 fr. ne m’ont pas été facturés. Je suis vraiment reconnaissant envers l’entreprise de sauvetage.»
 
Stéphane Thomann, Pilote d’hélicoptère sur la base d’Epagny-Gruyère (FR) chez Swiss Helicopter SA 
«En général, quand on reçoit une alerte, on est déjà en mission de transport. A ce moment-là, s’il s’agit d’un animal blessé, nous allons tout faire pour être le plus rapidement sur place. Cela fait toujours chaud au cœur de voir la joie des agriculteurs quand nous arrivons sur le lieu de prise en charge. Nous n’avons jamais vécu une situation où l’agriculteur était énervé. Quand on commence à s’approcher de l’animal, le stress monte. On ne veut surtout pas lui faire mal. Avec la panique, la bête s’embourbe souvent, ce qui rend la pose du filet compliquée. Une fois que celui-ci est mis en place, la manœuvre d’ascension peut commencer. A partir de là, on lève gentiment l’animal pour que le filet se tende doucement autour de lui sans le blesser. Pendant le vol, on garde une vitesse faible. Finalement, on le dépose délicatement pour qu’il souffre le moins possible. Ce qui nous touche le plus avec ce type de mission, c’est qu’on reçoit très souvent une carte ou un appel de l’agriculteur pour nous remercier et donner des nouvelles de l’animal. Il nous arrive parfois qu’il veuille nous donner un pourboire alors que cela ne se fait plus aujourd’hui. Dans ce genre de situation, je me rends compte que ce sont souvent les personnes qui gagnent le moins qui sont les plus généreuses et reconnaissantes.»
 Propos recueillis par Steve Montandon, le 3 juillet 2020.

 

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