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Le recours aux sous-soleuses permet de décompacter prairies et pâturages


La compaction des sols est très fréquente dans les surfaces herbagères. Pour y remédier, il est possible de procéder à un sous-solage avec un outil qui ne mélange pas les différents horizons.


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Les parcelles où l’on cultive des betteraves ou des pommes de terre ne sont pas les seules concernées par la compaction des sols. Les surfaces herbagères sont aussi touchées et le problème est généralement sous-estimé. «Aujourd’hui, la quasi-totalité des prairies naturelles et des prairies artificielles dès la 2e voire la 3e année d’utilisation sont compactées», estime Martin Häberli. «Et cela peut entraîner des pertes de rendement importantes, de l’ordre de 30%! Nous estimons qu’une prairie devrait produire entre 160 et 170 dt MS/ha. En général, on compte aujourd’hui plutôt 125 dt/ha. La différence provient surtout de ces compactions.»

Pour le collaborateur de l’Institut agricole de l’Etat de Fribourg, à Grangeneuve, les raisons de ces tassements de sol sont diverses: «Non seulement le poids des machines de récolte et d’épandage des engrais de ferme malmène les sols. Mais la pâture peut elle aussi provoquer des compactions. Les vaches sont devenues de plus en plus lourdes.» Selon le spécialiste, le problème s’accentue durant les périodes sèches et chaudes. «Sous l’effet de la charge, les agrégats de terre se cassent et libèrent de la terre fine qui s’infiltre et bouche les pores du sol.»

Sous-solage peu pratiqué
Un sous-solage permet de remédier à cette situation. Cette pratique n’est pas encore très répandue en Suisse, sauf peut-être dans les régions où le sol est particulièrement sensible, comme les zones argileuses ou fluviales. «Les sous-soleuses utilisées dans les prairies ne mélangent pas le sol. Elles se contentent de le fendre verticalement, de le soulever légèrement et de le redéposer», insiste Martin Häberli.

«Un sous-solage augmente la capacité de rétention en eau et l’aération du sol. L’apport d’oxygène favorise la vie microbienne du sol et améliore le développement racinaire des prairies ainsi que leurs rendements.» Les machines sont équipées de dents écartées de 50 à 70 cm. Cet écartement relativement important des dents minimise la destruction des mycorhizes. Les dents s’enfoncent à une profondeur de 25 à 35 cm. «C’est largement suffisant pour passer au travers de l’horizon auquel la terre fine bouche le sol», commente le collaborateur de Grangeneuve.

Les sous-soleuses nécessitent une puissance de traction non négligeable. La majorité des machines se satisfont pourtant d’un tracteur de 100 CV.

Les facteurs de réussite du décompactage
Un sous-solage peut être envisagé dans toutes les prairies qui présentent des signes de tassement, telle qu’une difficulté à retenir l’eau durant les fortes pluies.

Martin Häberli recommande vivement de procéder à une analyse de sol avant toute utilisation de sous-soleuse. «Il faut prêter une attention particulière aux paramètres qui définissent la stabilité du sol. Si la teneur en calcium est trop faible, la formation d’agrégats est rendue difficile et la structure du sol peut s’avérer trop instable. Dans ce cas, il faut d’abord envisager un chaulage.»

Au moment de l’intervention, la terre ne doit être ni trop sèche, ni trop humide. Un test à la bêche permet de juger cette aptitude du sol à être travaillé.

Selon les pratiques usuelles en Irlande, il est possible de procéder à un sous-solage au printemps, après n’importe quelle coupe ou en automne. «Selon mon hypothèse, il est plus judicieux de surmener mécaniquement un sol en automne, avant une période humide, plutôt qu’avant une période sèche», avance Martin Häberli. «Nos essais doivent nous permettre de définir le meilleur moment pour intervenir avec une sous-soleuse.»

Les interventions de sous-solage laissent très peu de terre nue à la surface. Pour autant, il est possible d’envisager un sursemis, par exemple au printemps qui fait suite au passage d’une sous-soleuse en automne.

Suite à un sous-solage, il convient de laisser le sol tranquille. «Durant 6 semaines à trois mois, il ne faut plus entrer dans ces parcelles avec des machines imposantes ni du bétail lourd», relève Martin Häberli.

Dans les parcelles bien compactées, les passages de sous-soleuses peuvent être répétés chaque année, jusqu’à ce qu’une réelle amélioration soit constatée.

Pas un remède miracle

Une telle intervention ne se justifie que dans un gazon en bonne santé. «On ne va pas sauver une mauvaise prairie avec une sous-soleuse», conclut Martin Häberli. De plus, si les charges imposées au sol ne sont pas revues à la baisse, la compaction ressurgira.
Vincent Gremaud, 26 juin 2020

 

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