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Prendre soin des onglons pour réduire les boiteries au sein de son troupeau


Les boiteries des vaches engendrent bon nombre de réformes précoces. Les causes de ces pathologies sont multifactorielles. Observation et parages préventifs réguliers sont les principales mesures de prévention.


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«L’influence de l’alimentation sur la santé des onglons est largement surestimée!» C’est ainsi que la nutritionniste Annelise Hever a entamé sa présentation, le 8 novembre dernier, à l’occasion de la Journée technique organisée par l’entreprise Lely sur le thème de la santé des onglons en système robotisé. Une cinquantaine d’agriculteurs romands ont répondu à l’invitation et se sont rendus sur l’exploitation d’Olivier Petermann, à Lignerolle (VD).

Causes multifactorielles
Les causes des problèmes de boiteries sont en général multifactorielles: l’alimentation, la qualité et l’hygiène des sols sur lesquels les animaux sont détenus (lire ci-dessous), la génétique sont autant de facteurs qui influencent la santé des onglons.

Les boiteries dues aux ulcères de la sole (cerises) ne sont pas influencées par l’alimentation des animaux. De même, l’affouragement n’a d’em­prise sur les maladies infectieuses, comme la maladie de Mortellaro, qu’à travers ses influences sur le système immunitaire. Par contre, la ration affecte plus directement la fréquence des fourbures sub­cliniques, notamment en cas d’acidose, d’acétonémie ou de brusque transition alimentaire. En provoquant une surproduction de corne de mauvaise qualité, la fourbure favorise l’apparition d’autres types de boiteries.

Faire ruminer plutôt que donner des additifs
La ration doit couvrir les besoins des animaux, à chaque stade de leur vie. Attention à ne pas oublier les génisses et les vaches taries.

«Pour limiter les risques d’acidose, il faut veiller à ce que la ration fasse suffisamment ruminer les vaches», a expliqué Annelise Hever. «En dessous de 480 minutes de rumination par jour, le risque d’acidose s’accroît.» La spécialiste estime qu’il est préférable de favoriser cette rumination plutôt que de distribuer de la biotine ou du bicarbonate: «La biotine se forme naturellement dans la panse quand la rumination est bonne». La nutritionniste conseille aussi de veiller à un apport suffisant en cuivre et en zinc, deux éléments qui favorisent la qualité de la corne.

«La meilleure prévention reste le parage préventif régulier, couplé avec une observation attentive des animaux et une réaction rapide dès que des symptômes sont détectés», insiste Annelise Hever.

Se tenir prêt à parer
Pour réagir rapidement, il faut en avoir les moyens techniques (équipement de contention, matériel de parage, talonnettes) et le savoir-faire requis.

En plus de ces parages curatifs, Annelise Hever conseille au moins deux parages préventifs par année ainsi qu’un parage au tarissement.

Pour son troupeau d’une centaine de vaches laitières, Olivier Petermann fait venir son ongleur, Félix Wolfisberg, quatre fois par an: «A chaque fois, on passe environ 45 bêtes dans le congrain», explique l’agriculteur. Il en profite aussi pour faire des parages curatifs sur les vaches qui boiteraient sans avoir à les faire patienter trop longtemps. Félix Wolfisberg était présent le 8 novem­bre à Lignerolle. Il y a expliqué les objectifs du parage préventif: «Il faut que le poids de la vache se répartisse équitablement sur les deux onglons. Pour cela, je cherche à enlever aussi peu de corne que possible, mais autant que nécessaire». Le professionnel remarque que les agriculteurs qui parent eux-mêmes les pieds de leurs vaches ont parfois la main un peu lourde: «Sortir le congrain et y faire passer les vaches représente un gros travail, souvent peu apprécié. Mais ce n’est pas en meulant davantage de corne que l’on rentabilise le mieux cet effort».
Vincent Gremaud, 16 novembre 2018
 

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LAVAGE DES PIEDS À CHAQUE TRAITE
 
Pour lutter contre la maladie de Mortellaro, il faut veiller à une bonne hygiène des pieds des vaches. Il est possible d’installer un pédiluve, mais il faut alors veiller à ce qu’il reste propre, une gageure dans les grands troupeaux. Lely a développé le Meteor, un système qui lave automatiquement les pieds des vaches à chaque passage au robot de traite.

Avant de mettre en fonction ce système, il est conseillé de soigner les pieds atteints. Ensuite, le Meteor peut jouer un effet préventif en limitant fortement la contagion.

Maîtriser la Mortellaro
Hôte du jour, Olivier Petermann a été le premier agriculteur romand à se doter du Meteor. «C’était en 2017. A ce moment-là, j’avais environ une vache sur deux qui était atteinte par la maladie de Mortellaro», se souvient l’agriculteur de Lignerolle. «Trois mois plus tard j’avais déjà beaucoup moins de problèmes, et au bout d’un an, je peux dire que la maladie est sous contrôle.» En effet, il est possible de gérer la Mortellaro, mais pas de l’éradiquer. Avec environ 2% de ses vaches présentant des symptômes, Olivier Petermann maîtrise aujourd’hui la situation.

Le système pulvérise de l’eau avec une solution savonneuse sous les pieds des vaches juste après leur entrée dans le robot. A la sortie de la traite, c’est une solution désinfectante qui est pulvérisée. Chez Olivier Petermann, la désinfection n’est utilisée qu’après chaque passage du pareur, pendant une période de deux semaines. Le responsable des ventes Lely pour la Suisse romande, Grégoire Duboux, conseille quant à lui de laisser en permanence fonctionner la désinfection en sortie de traite.

Le Meteor se négocie autour de 7500 francs, auxquels il faut ajouter le prix des produits de nettoyage et de désinfection. Olivier Petermann n’est pas le seul Romand a avoir déjà eu une expérience positive avec ce système. Présent en tant que participant à cette journée, Jean-Daniel Taillefer, agriculteur à Fiez (VD), a aussi apporté son témoignage: «J’ai installé le Meteor en août et je vois déjà une réduction des boiteries».
VG, 16 novembre 2018
 
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BIEN UTILISER UN ROBOT RACLEUR
 
La prévention des boiteries passe par une hygiène impeccable des sols. A l’origine, les surfaces perforées étaient conçues pour n’avoir pas besoin d’être raclées. Mais l’évolution des conditions de détention, avec la multiplication des aires d’exercice, a augmenté les surfaces souillées et rendu insuffisant l’autonettoyage des caillebotis. Pour maintenir ces sols propres, des robots d’évacuation sont apparus sur le marché comme une alternative aux racleurs fixes.

Une étude d’Agroscope
Agroscope a récemment mis sur pied un essai dans le but d’évaluer la qualité de nettoyage et l’effet sur les animaux d’un tel robot dans des conditions typiques suisses. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé un robot Discovery 90 SW de Lely, avec ou sans pulvérisation d’eau.

Sans surprise, la qualité du nettoyage avec eau s’est révélée bien meilleure. «La différence est particulièrement marquée au niveau des couloirs transversaux non perforés», relève Michael Zähner, du groupe de recherche Ruminants d’Agroscope. «Ces surfaces-là doivent être nettoyées souvent et avec de l’eau.»

Les conclusions de l’étude recommandent de porter une attention particulière à la programmation initiale du robot. «Aucun agriculteur n’achète un tracteur sans qu’on lui en explique les fonctions», poursuit Michael Zähner. «Il doit en être de même avec un robot d’évacuation.»

Si la fréquence de nettoyage est réduite par rapport celle préconisée, la qualité du nettoyage s’en ressent. Mais les chercheurs ont aussi mis en évidence qu’une fréquence plus importante encore n’apportait aucun bénéfice supplémentaire.

Pas de perturbations des animaux
Quant à la capacité d’adaptation des vaches au robot, elle a été jugée excellente. Même sur l’aire d’affouragement, où le passage du robot provoque une cessation de l’ingestion, la plupart des animaux repren­nent leur activité d’alimentation juste après avoir évité le robot.
VG, 16 novembre 2018

 

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