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L’alimentation automatisée convient également aux rations sans ensilage


Le premier robot d’affouragement en ration sèche de Suisse a été installé ce printemps aux Ponts-de-Martel (NE). Son propriétaire, Cédric Schwab, a choisi de sauter le pas pour optimiser la ration.


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Agriculteur aux Ponts-de-Martel (NE), Cédric Schwab est un producteur de lait de Gruyère AOP très particulier, puisqu’il vient d’équiper son exploitation d’un robot! Que l’Interprofession du Gruyère se rassure: le Neuchâtelois n’enfreint aucunement son cahier des charges. En effet, c’est l’alimentation de ses vaches qu’il a décidé d’automatiser en installant un Lely Vector dans sa stabulation le 9 mars dernier. «Il s’agit du tout premier robot d’affouragement de Suisse fonctionnant en ration sèche», indique Grégoire Duboux, responsable des ventes de Lely en Suisse romande. «Au moment de l’installation du robot de Monsieur Schwab, il n’y avait, à ma connaissance, que deux exploitations françaises qui utilisaient déjà un tel système d’alimentation automatisée sans ensilage.»
 
Optimisation de la ration
A 1060 m d’altitude, Cédric Schwab gère une exploitation de 90 ha de surface herbagère. Ses quelque 60 vaches laitières produisent chaque année 370'000 kg de lait de fabrication livré à la fromagerie de son village. «Mon but est d’optimiser la ration de mes vaches», explique l’agriculteur. Avec cette optimisation de la ration ainsi que l’amélioration génétique du troupeau, il vise une augmentation de sa moyenne d’écurie de 7000 à 7500 voire 8000 kg de lait par lactation.
 
La ration hivernale n’a pas été modifiée et contient cinq composants différents. Les vaches de Cédric Schwab reçoivent chaque jour 10 kg de betteraves, 1,5 kg de luzerne séchée, 0,5 kg de paille. La ration est complétée de foin et de regain à parts égales.
 
«Avant, les 10 kg de betteraves étaient distribués en une fois. Maintenant, cette quantité est répartie dans les 12 à 14 distributions quotidiennes», relève Cédric Schwab. Grégoire Duboux souligne le caractère pionnier de l’éleveur: «Jusqu’à présent, personne en Europe n’avait tenté de mettre des betteraves entières dans le robot. La qualité de la ration m’a surpris en bien.»
 
L’été, la pâture est complétée par une distribution à la crèche de 0,8 kg de foin, de 1 kg de pellets de maïs et de 1,5 kg de luzerne. «En fonction de la qualité de l’herbe, j’adapte cette ration en 30 secondes depuis mon ordinateur»,
 
Du fourrage frais en continu
A des intervalles programmés, le robot passe devant les crèches, repousse le fourrage et mesure les restes à l’aide d’un faisceau laser. Il est possible de subdiviser les places au cornadis en auges dans lesquelles différentes rations peuvent être distribuées. Comme Cédric Schwab détient ses vaches taries dans le même bâtiment que les vaches en lactation, il a programmé deux rations différenciées. Le robot ne prépare un nouveau bol que si une auge est suffisamment vide. Le fourrage à disposition du bétail est ainsi continuellement frais, ce qui augmente l’ingestion et diminue les refus. «J’ai pu remarquer une augmentation de la production laitière, même si cela reste encore difficilement quantifiable», témoigne Cédric Schwab.
 
Si une auge est vide, le Vector se remplit automatiquement des divers composants de la ration concernée. Le mélange est réalisé dans le bol, à l’aide d’une vis verticale équipée de couteaux. Quand la ration est prête, le robot part distribuer le fourrage.
 
Grande autonomie
La conformation du bâtiment se prêtait particulièrement bien à l’installation d’un Vector. «Le lieu où les différents fourrages sont mis à disposition du robot s’appelle la cuisine. C’est un endroit clé du système», relève Cédric Schwab. Aux Ponts-de-Martel, la cuisine est divisée en 5 compartiments qui contiennent chacun l’un des composants de la ration. Elle peut être alimentée directement par le pont roulant.

«Avec ce robot d’affouragement, je gagne autant de temps que si j’avais installé un robot de traite», estime Cédric Schwab. L’affouragement de ses vaches lui prend désormais une vingtaine de minutes tous les trois jours sur le pont roulant pour alimenter la cuisine, et le stock de betteraves est renouvelé une fois par semaine.

Avant d’acquérir un robot, l’éleveur a aussi envisagé l’achat d’une mélangeuse. «L’investissement aurait été divisé par trois, mais une mélangeuse est beaucoup plus gourmande en énergie, mobilise un tracteur et un chauffeur.» Parti six mois au Canada travailler dans des fermes, le fils de Cédric Schwab a eu l’occasion de comparer différents systèmes et d’aiguiller son père dans son choix. Finalement, c’est lors d’une visite à Agrama en 2018 que Cédric Schwab s’est décidé.
 
Machine sophistiquée
Quatre mois après l’installation de son Vector, le producteur de lait neuchâtelois se dit très satisfait et ne reviendrait pas en arrière. «La machine est très bien pensée, mais il ne faut pas avoir peur de l’informatique. De nombreux réglages sont nécessaires au début», avertit Cédric Schwab. «C’est assez complexe de prime abord, mais une fois qu’on a compris comment ça marche, ça fonctionne très bien. Il faut aussi dire que le service technique de Lely répond présent en cas de besoin.»

L’investissement est relativement conséquent. «Pour s’équiper d’un Vector, il faut compter quelque 130'000 francs pour le bol mélangeur auxquels il faut ajouter entre 40'000 et 90'000 francs pour la cuisine, en fonction de ses dimensions et des options choisies», indique Grégoire Duboux. Cédric Schwab ne devrait pas rester longtemps le seul producteur de lait de fromagerie propriétaire d’un robot d’affouragement. «Nous suivons actuellement une dizaine de projets en construction neuve comme en rénovation. Dans les deux prochaines années, on moins cinq projets devraient se concrétiser», conclut Grégoire Duboux.
Vincent Gremaud, 17 juillet 2020


 

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