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Conséquences du retard de croissance


Les éleveurs porcins peuvent être confrontés à des porcelets en retard de croissance. Leur identification permet une prise en charge adéquate.


Conséquences du retard de croissance


En élevage porcin, l’hétérogénéité des portées tend à augmenter. Avec la sélection sur l’hyperprolificité des truies (+ 1 porcelet par nichée entre 2011 et 2016 en Suisse), on arrive aux limites physiologiques des mères. Leur capacité utérine est en effet limitante. Il en résulte une compétition entre les fœtus pour l’approvisionnement en nutriments et en oxygène, surtout durant les 30 à 35 premiers jours de la gestation.

 

«Cette compétition entraîne un stress pour certains, avec des répercussions sur la suite du développement des porcelets. Ils accuseront notamment un retard de croissance à la naissance», a expliqué Catherine Ollagnier, vétérinaire sur le site d’Agroscope Posieux, lors de la dernière rencontre du groupe «Perfectionnement en élevage porcin». Ce groupe animé par Proconseil, s’est réuni fin septembre à Posieux pour discuter de la problématique des porcelets de petit poids.

 

Tous les porcelets en faible poids à la naissance ne sont pour autant pas en retard de croissance. On estime que 15 à 25% des porcelets naissent en sous-poids, soit à moins de 1,1 kg (seuil en-dessous duquel les risques de maladie et la mortalité sont plus importants). Les porcelets en retard de croissance affichent un poids inférieur à 1,1 kg mais également une forme de la tête différente (nez en forme de dauphin, yeux exorbités, poils de la tête sans direction). A noter que la morphologie de la tête n’est pas aisée à déterminer car elle dépend de l’observateur et de la morphologie propre à chaque porcelet.

 

Plusieurs conséquences

Le stress que les porcelets ont vécu in utero, et qui cause leur retard de croissance, a des répercussions. «Ils ont en effet sauté des étapes de développement pour parer au plus important, avec des conséquences sur la physiologie, le métabolisme et l’anatomie. Il sera difficile de rétablir le retard par la suite», a précisé la vétérinaire.

 

A la naissance, leur vitalité est plus faible que celle des autres. Ils risquent de moins pouvoir s’approvisionner en colostrum. Leur immunité est moindre et leur métabolisme est perturbé. Au cours de leur vie, leur indice de conversion alimentaire sera réduit (ils consomment davantage pour un gain moindre). Ils présentent un taux de viande moindre pour un taux de graisse supérieur. Dans le cas des truies, se pose également la question de la transmission de ces particularités aux générations futures.

 

Une fois identifiés, les porcelets en retard de croissance doivent idéalement être pris en charge. Il est possible de les marquer pour les suivre et de leur donner du colostrum pour assurer un approvisionnement suffisant. Certains éleveurs regroupent tous les porcelets présentant ce problème en une seule portée (dès lors homogène) qu’ils confient à une truie adoptive. Quelques règles sont à respecter lorsqu’on souhaite équilibrer les portées, a rappelé la vétérinaire. L’adoption doit avoir lieu au maximum dans les 48 heures après la mise-bas. Il ne faut pas ajouter plus que 2 porcelets de plus que le nombre de porcelets sevrés lors de la dernière portée de la truie. Ne pas placer plus de porcelets que le nombre de tétines fonctionnelles. Enfin, deux jours après le transfert, il est conseillé de vérifier le poids des porcelets.

 

Toutefois, les besoins alimentaires spécifiques de ces animaux ne sont pas encore identifiés. «Et ils présenteront de toute manière un risque supérieur de mortalité avant sevrage», conclut Catherine Ollagnier.

Elise Frioud, 11 octobre 2019

 

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Poids à la naissance et performance pas liés

Marion Girard, chercheuse chez Agroscope, a de son côté présenté quelques résultats de ses travaux sur les performances des porcelets. Elle s’est notamment posé la question de savoir si les porcelets de poids inférieur à la naissance présentaient aussi des performances plus faibles. L’essai mené sur plus de 400 animaux a montré qu’un poids de naissance bas ne signifiait pas forcément un poids de sevrage bas. En effet, la croissance n’est pas liée au poids à la naissance, en tout cas pour les porcelets qui ne sont pas en retard de croissance.
 
«Si la gestion des porcelets de petit poids mérite de l’attention, il parait aussi important d’étudier pour quelles raisons certains porcelets nés avec un poids correct n’affichent pas une bonne croissance», a-t-elle indiqué. Après le sevrage, les cartes sont redistribuées: l’essai, poursuivi 2 semaines post-sevrage, ne montre aucun lien avec la croissance avant sevrage.

Dans un autre essai, la scientifique a testé l’efficacité d’un supplément alimentaire contenant des probiotiques, prébiotiques, vitamines et inuline sur le développement postnatal des porcelets. Elle a mis en évidence une croissance supérieure chez les porcelets nés avec un petit poids et auxquels le supplément a été administré. En revanche, il n’y avait pas d’effet sur les porcelets nés avec un poids moyen ou important.
EF, 11 octobre 2019

 

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