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Un poulailler de 15000 poulettes qui s'intègre bien dans l'exploitation


Sébastien et Stéphanie Scheurer, à Develier (JU), sont spécialisés dans l’élevage de poulettes. Une branche qui s’intègre bien dans l’exploitation


Un poulailler de poulettes


Sur les hauts de Develier, à distance respectable des premières villas, une ferme, classique. Des bâtiments récents, des bovins… et un poulailler de 15000 places. Vu de l’extérieur, pas de bruit, pas d’odeur. A l’intérieur, pourtant, c’est l’agitation! Point de poulet ou de pondeuses mais des jeunes poulettes d’élevage. «Celles-ci ont dix semaines. Elles sont à plus de la moitié de leur séjour chez nous», explique Sébastien.


La famille Scheurer est active dans la volaille depuis trois générations. Production d’œufs d’abord, élevage et développement de la vente directe en plus par la suite, ici la poule est reine. Sébastien et Stéphanie gèrent un domaine d’une cinquantaine d’hectares avec l’aide de Lucie, employée à plein temps, ainsi que de leurs enfants Marine et Noé occasionnel­lement. Une trentaine d’hectares de surfaces fourragères, une vingtaine d’hec­tares de cultures (betterave sucrière, maïs plante entière, colza et blé), une trentaine de vaches allaitantes de race Limousine ainsi que la remonte et les animaux en finition. Et bien sûr, les poulettes.

Elevage intégré


La famille Scheurer travaille avec la maison Prodavi sur le modèle de la production intégrée: l’entreprise établit le programme d’élevage comprenant les différentes phases d’alimentation, vaccinations, analyses, rapports d’élevages et planifie les entrées et sorties d’animaux. Les éleveurs se chargent d’élever les poussines jusqu’à 18 semaines, lorsqu’elles sont prêtes à pondre. Ils réalisent ainsi 2 à 2,5 séries par année.


Les poussines arrivent à l’âge d’un jour directement depuis le couvoir de Prodavi. Le poulailler est rempli en une fois. Durant toute la phase d’élevage, un suivi est assuré par les collaborateurs de la maison Prodavi, tant en termes d’alimentation que de santé ou de contrôle de l’hygiène et des salmonelles. La maison rachète ensuite le 80-90% des poulettes à l’éleveur.


«En parallèle, nous proposons aussi la vente au détail, un secteur dont je m’occupe plus particulièrement», explique Stéphanie. «C’est vraiment très varié. Il y a des personnes qui veulent juste deux poules pour leur jardin, d’autres qui commandent plusieurs dizaines voir centaines d’un coup. Cela va du citadin au paysan, en passant par le retraité», décrit-elle. La vente directe de poulettes est proposée tous les samedis matins. Au détail, une poulette prête à pondre est vendue 25francs. Le couple assure aussi la livraison des animaux dans toute la Suisse romande pour un forfait de 25francs. «Notre point fort, c’est que nous sommes en mesure de fournir des poulettes toute l’année. Nous sommes aussi à disposition pour conseiller les clients et assurer un suivi si besoin», expliquent Sébastien et Stéphanie.


Mise en place délicate

Lorsque le rythme de croisière est atteint, les poulettes nécessitent un peu plus d’une heure de travail par jour. L’activité s’intègre donc bien avec les autres branches du domaine. Par contre, certaines phases sont délicates. «La mise en place des poussines est sensible. Pendant une dizaine de jours, il faut régulièrement contrôler et assurer le bon départ, c’est presque du temps plein. La température, par exemple, doit être adaptée car le moindre stress a des conséquences. Il y a aussi des interventions à réaliser tout au long de l’élevage, en particulier les vaccins», explique Sébastien.


Le poulailler est équipé de trois volières. Les poussins y sont confinés les premiers jours. «Ils doivent rester groupés, ils seraient désorientés s’ils avaient trop de place», indique l’éleveur. Comme ils ne sont pas encore familiarisés avec les chaînes d’alimentation et les pipettes, ils ont à leur disposition de l’aliment et de petits abreuvoirs sur des papiers dans les volières. L’entier du bâtiment leur est ensuite progressivement ouvert. «Ca va vite. Au bout de quelques jours, ils sautent sur les perchoirs. Après 2 semaines, ils se baladent partout et commencent à explorer le reste des volières. Dès qu’ils ont 5-6 semaines, qu’ils sont plus vigoureux et qu’ils peuvent gérer des variations de température, ils ont accès au jardin d’hiver». Celui-ci occupe tout un côté du bâtiment.


Réduire le stress

Aucun antibiotique n’est utilisé à titre préventif dans l’élevage. L’hygiène et de bonnes mesures de gestion du troupeau suffisent à assurer la santé des animaux. Ainsi, le poulailler est lavé et désinfecté entre chaque série. La gestion du stress est une autre mesure importante. «Les poussins arrivent le même jour, au même âge et depuis le même endroit, ce qui limite déjà beaucoup les risques. Il faut aller vite après l’éclosion. Nous veillons également à ce que les conditions soient optimales. La température et l’humidité du bâtiment sont contrôlées, la litière doit rester sèche, les animaux ont à disposition des bacs avec des minéraux et de la paille dans le jardin d’hiver. En résumé, le moins de stress possible et le plus de confort permettent d’éviter bien des problèmes», assure Sébastien.


Le poulailler, d’une longueur de 54 mètres (y compris une remise) a coûté un peu plus d’1million de francs. Un prix un peu gonflé par quelques aménagements supplémentaires que les exploitants ont consentis, à l’exemple d’un laveur d’air pour réduire les odeurs envers le voisinage.


Jusqu’en avril 2013, le papa de Sébastien s’occupait de l’activité volaille dans les bâtiments situés dans l’ancienne ferme, au village. Lorsque s’est posée la question de continuer cette activité et d’investir dans un nouveau bâtiment, il a fallu faire quelques calculs. Sans articuler de chiffre, l’éleveur indique que le revenu horaire tiré de cette activité est bon.


Au-delà de la rentabilité, les poulettes sont une branche qui plaît au couple. «Nous avons construit le poulailler en 2015, nous sommes maintenant bien installés et ça devient sympa. Nous aimons la vente directe car c’est un bon moyen d’avoir des contacts et de découvrir d’autres horizons. Et puis, il y a des moments particuliers, comme le chargement des poulettes prêtes à pondre. On a une équipe de 35 personnes, parmi lesquels pas mal d’habitués. Chacun a un rôle bien défini pour que tout se passe au mieux et au plus vite. Après le travail, on partage encore un repas», relate Stéphanie.

 

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