Menu
 

Le fléau des plantes envahissantes


Plusieurs plantes introduites en Suisse sont considérées comme étant problématiques et nécessitent des mesures de lutte. La surveillance des espèces exotiques est l’une des tâches réalisées par Info flora.


Dossier_1922_Cahier plantes indésirables


Info flora, le Centre national de données et d’informations sur la flore de Suisse, est une fondation privée qui poursuit plusieurs objectifs autour de la préservation des plantes indigènes. Elle reçoit de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) un mandat de prestation pour travailler sur les espèces envahissantes. D’autres centres nationaux le font pour les animaux et les champignons.

Pour définir la nocivité d’une plante, les experts commencent par l’étudier. Ils analysent son degré d’établissement: sa présence se limite aux jardins où elle se trouve déjà dans la nature? Est-ce qu’elle a tendance à se propager? Ensuite, au travers de recherches littéraires notamment, ils tentent de découvrir si elle est problématique ailleurs sur le globe. «Pour ce faire, nous nous fions à l’œil du spécialiste sur le terrain qui connaît les plantes, leur développement, leur historique. Certaines découvertes nous inquiètent au premier abord puis, en analysant la situation, nous réalisons que la plante est là depuis un moment déjà et que son développement n’est de ce fait pas si dommageable», souligne Brigitte Marazzi, cheffe de la section néophytes au sein d’Info flora.
 
Espèces installées ou nouvelles venues
Info flora s’occupe de la surveillance d’espèces dans 2 cas de figure différents.
• La surveillance de nouvelles espèces dans la flore. «Lors de l’arrivée d’un nouvel individu, c’est à nous de l’ajouter dans la base de données, de chercher des informations ou encore d’établir son éventuel potentiel envahissant», relève Brigitte Marazzi.
• La surveillance des espèces déjà établies en Suisse et déjà présentes dans les listes. «Nous établissons des cartographies pour définir leur présence et mettons à disposition des outils pour permettre la transmission des informations, comme le carnet en ligne des néophytes et InvasivApp.»
 
Impacts dans trois domaines
Les néophytes (plantes exotiques introduites par les activités humaines après 1500 de manière intentionnelle ou non et qui se sont établies à l’état sauvage) ne sont pas toutes problématiques pour autant. Il existe deux perceptions différentes. D’un côté les envahissantes d’un point de vue botanique. Elles sont exotiques et se répandent très facilement mais elles peuvent s’intégrer à la flore indigène sans pour autant occasionner de dégâts. «La véronique filiforme est un bon exemple. Cette néophyte est présente partout mais n’empêche pas les autres plantes de pousser», indique la spécialiste. Et de l’autre côté les organismes réellement envahissants. «On trouve dans cette catégorie des plantes capables de produire 10 000 graines par an qui se dispersent par le vent. Ou des plantes dont le potentiel germinatif des graines reste actif pendant dix ans dans le sol. De plus ces espèces, comme les renouées, peuvent étouffer toute la flore présente une fois qu’elles s’installent.»

Les différentes espèces sont regroupées dans des listes, établies en 2014, consultées à titre informatif (sans valeur légale). D’abord la Liste noire, avec des organismes envahissants ayant un fort potentiel de propagation et pouvant occasionner des dégâts importants. La présence et l’expansion de ces espèces doivent être empêchées. Ensuite la Liste d’observation avec des organismes envahissants dont le développement et les dommages sont plus restreints. La présence et l’expansion de ces espèces doivent être surveillées. Un catalogue de critères permet de répartir les espèces dans ces listes d’après leur potentiel et leur vitesse d’expansion, de même que leur impact qui porte sur trois critères: santé humaine et animale, biodiversité, économie (dégâts aux infrastructures et à l’agriculture).

Agriculture moins considérée
De nouvelles listes sont toutefois en cours d’élaboration (publication par l’OFEV prévue cet automne) et les critères seront un peu modifiés. L’OFEV mettra davantage l’accent sur la santé humaine et animale, la biodiversité et les infrastructures. Ainsi, des espèces problématiques essentiellement dans les parcelles agricoles pourraient malheureusement être sorties de l’actuelle Liste noire. «C’est probablement ce qui attend le souchet comestible. Ce changement de perception relève avant tout d’un problème de loi et de la séparation de compétences entre les offices fédéraux de l’environnement et de l’agriculture», relève Brigitte Marazzi.
Un système en pyramide, développé par l’OFEV dans le cadre de la Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, permettra de définir ce qui devra être entrepris pour chaque espèce entre plusieurs niveaux de lutte. Trois critères seront considérés: la nuisibilité, la répartition et propagation et les possibilités de lutte. Pour chaque plante sera ainsi défini un degré de priorité, correspondant à des options d’action différentes qui vont de la protection des dommages à l’éradication.
Sarah Deillon, 13 mai 2022
 
Dessin d'illustration: Mibé
 


 

E-Paper & Archives

Cette semaine dans Agri

 

Prix du marché

Chaque semaine, suivez l'évolution des prix du marché de la viande, en conventionnel ou sous label: bovins, porcs, ovins. Consultez aussi les prix de la vente directe, des marchés surveillés et de Proviande.

Conseil de saison

Conseil de saison

Le conseil de saison est accessible en ligne aux abonnés toutes les deux semaines dès le mercredi.

Voyages

Le programme des voyages Agri 2022 est disponible. De la Corse au Pérou, du printemps à l'automne, cinq destinations sont proposées à nos lecteurs. Prochains voyages ouverts aux inscriptions, les trésors de la Corse et le Portugal. Pour en savoir plus...

Agri - Hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse Romande
Site web réalisé par www.webexpert.ch

Actualités

Cette semaine

Dossiers

Prix du marché

Photos

Vidéos

Archives

Voyages

A table

Boutique