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Un entretien minimal est nécessaire pour assurer la sécurité et la production


Afin de garantir un bon fonctionnement des panneaux solaires et pour prévenir les risques d’incendies, il est important d’effectuer un minimum d’entretien de son installation.


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Dans les exploitations agricoles, le suivi des panneaux photovoltaïques est un peu aléatoire. Si certains exploitants y sont très attentifs, d’autres ne les regardent plus vraiment après leur installation et quelques manquements sont parfois constatés. «La production d’énergie n’est pas le métier des agriculteurs et nous rencontrons de temps en temps des installations qui sont laissées à l’abandon. Mais cela peut devenir critique pour le fonctionnement des panneaux et dangereux également pour le reste de l’exploitation», souligne Jérôme Tock, gérant de ACC contrôle OIBT SA, un organe de contrôle indépendant basé à Crissier (VD). Il est pour lui primordial d’informer les propriétaires sur l’importance d’une bonne gestion pour trois raisons.
– Pour maintenir le bon fonctionnement des installations photovoltaïques.
– Pour prévenir les risques d’accidents que ces dernières pourraient occasionner.
– Pour limiter les frais de remise en état si un défaut est constaté lors d’un contrôle.
Les installations électriques sont soumises à un premier contrôle au moment de leur mise en fonction, puis elles sont contrôlées tous les 10 ans, dans le cadre du contrôle électrique de toute l’exploitation.

Prévenir les incendies
Lorsque l’échéance d’un contrôle OIBT arrive, c’est le distributeur d’énergie qui contacte le propriétaire et qui lui demande de présenter un rapport de sécurité. L’agriculteur doit alors faire appel à l’organe de contrôle indépendant de son choix. Ce dernier vérifie: l’état général de l’installation, le bon fonctionnement de tous les dispositifs de sécurité, que l’installation vieillisse normalement et que le système ne présente pas de dangers. Si un défaut est constaté, il est transcrit dans le rapport et l’agriculteur doit, cette fois-ci, faire appel à un installateur agréé pour faire les ajustements demandés.

Jérôme Tock dresse la liste des principaux problèmes rencontrés.
• L’emplacement initial des onduleurs n’a pas été bien réfléchi et la poussière combustible s’accumule, avec un risque que cela ne génère un incendie.
• Les rongeurs ont abîmé des câbles, parfois même sans que le propriétaire ne s’en rende compte. «Mais c’est une vraie source de danger car avec le photovoltaïque, il n’y a pas la possibilité de couper le courant. Ainsi, si un court-circuit est créé, la tension va rester et peut à nouveau occasionner un incendie.» Des dispositifs de sécurité (qui limitent mais n’évitent pas les risques) existent aujourd’hui. Ils ne sont toutefois pas obligatoires et se révèlent être inexistants dans la majorité des cas.
• Une partie de l’installation ne fonctionne plus. En cause un câble qui se déconnecte ou un dysfonctionnement quelconque. «C’est une perte sèche pour le propriétaire. Pour pouvoir se rendre compte d’une baisse de la productivité, il faudrait faire un suivi d’une année à une autre pour pouvoir comparer les chiffres», souligne Jérôme Tock.

Tâches minimales à effectuer
«Les exploitants s’imaginent souvent qu’ils installent des panneaux et qu’il n’y aura ensuite plus rien à faire dessus les 20 prochaines années. Sur le principe c’est presque ça mais il y a quand même un suivi minimum à effectuer», indique Pascal Affolter, installateur chez Solstis SA, responsable du département exploitation et maintenance. Et Jérôme Tock de préciser: «Les propriétaires ne sont pas censés mettre les mains dans le panneau électrique, ils doivent donc déléguer la maintenance, mais ils peuvent très bien effectuer les travaux de suivi du monitorage et de contrôle visuel. Et c’est dans leur intérêt de le faire, pour vérifier la cohérence de la production comme pour prévenir les accidents». Cette tâche peut même être déléguée si l’agriculteur ne souhaite pas s’investir dans le projet. Solstis SA se charge d’ailleurs du suivi de nombreuses installations agricoles. La prestation comprend un contrôle annuel de toute l’installation ainsi qu’un diagnostic de nettoyage des panneaux. «Sur une ferme, la poussière ne manque pas et un nettoyage sporadique des panneaux est recommandé. Le contrôle OIBT est très axé sur la sécurité alors que notre contrôle annuel cherche aussi à assurer le maintien d’une production optimale», indique Pascal Affolter qui tient à souligner que de nombreux agriculteurs effectuent un très bon suivi de leur installation. Le responsable rappelle qu’une maintenance préventive est plus intéressante qu’une maintenance corrective.
Sarah Deillon, le 01 octobre 2021.

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Les contrôles OIBT
Ces contrôles périodiques s’inscrivent dans le cadre de l’Ordonnance sur les installations électriques à basse tension (OIBT), entrée en vigueur le 7 novembre 2001. Elle s’applique aux installations électriques alimentées en courant fort, exploitées sous une tension n’excédant pas 1000 V en courant alternatif ou 1500 V en courant continu, ainsi qu’aux installations électriques précédemment citées mais exploitées sous haute tension (installations à rayons X, au néon, ionisantes, pour peintures électrostatiques, pour clôtures électriques, etc.). Des organes de contrôle sont nommés pour effectuer les contrôles. La fréquence dépend du type de bâtiments. Tous les 20 ans par exemple pour une villa et 10 ans pour une exploitation agricole.
 
 
 
 
 
 
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Le choix de l’emplacement est primordial

Les trois agriculteurs de la Société coopérative de laiterie de Belmont-sur-Yverdon (VD) ont décidé, au moment de la vente de la laiterie, de construire un hangar agricole commun. Il a vu le jour en 2013 et des panneaux solaires ont été posés par Solstis SA trois ans après. Il s’agit d’un des derniers projets ayant pu bénéficier de la rétribution à prix coûtant. Cédric Grin, membre de la société avec Yann Grin et Vincent Chevalley, a choisi de poser également des panneaux sur deux bâtiments de son rural. Le hangar agricole a une surface de toit de 3400 m2 (12 onduleurs, production de 470 kW) et sa ferme une surface de 2700 m2 (11 onduleurs, 400 kW). Un transformateur commun est disposé entre les deux installations. Les agriculteurs mettent leurs bâtiments à disposition d’une entreprise spécialisée qui vend la production d’énergie au réseau et leur loue les toits.

Emplacement idéal
L’installation des onduleurs aux abords du hangar agricole de la coopérative est un très bon exemple. «L’emplacement des onduleurs est vraiment idéal. Ils sont sous un avant-toit et donc protégés de la pluie. Comme ils sont dehors, ils sont très bien ventilés. Ils sont grillagés pour être protégés des animaux ou des visiteurs. Ils sont à l’ombre une bonne partie de la journée ce qui réduit l’usure des équipements. Et il y a même un mur antifeu sur la paroi derrière», souligne Pascal Affolter. Et Jérôme Tock d’ajouter: «Cet espace dédié au parc des onduleurs a été spécialement prévu pour les accueillir. C’est ainsi que l’installation pourra durer longtemps».

Déléguer l’entretien
Dans les fermes, des exploitants choisissent d’effectuer eux-mêmes le suivi et d’autres préfèrent déléguer. Chez Solstis SA, il est possible de faire un monitoring à distance. Le bon fonctionnement des panneaux est donc surveillé, grâce à des alarmes, depuis les bureaux de l’entreprise. Lorsque cette dernière vient faire son suivi annuel, elle fait un contrôle visuel des câblages, vérifie le taux de poussière, s’assure que l’ensemble des chaînes de panneaux fonctionne, etc. «Mais ces aspects-là sont beaucoup liés à la fonctionnalité. Quand nous venons pour faire nos contrôles OIBT, nous devons aller un peu plus loin sur le plan de la sécurité. Nous allons par exemple déconnecter chaque string (chaîne de panneau) pour contrôler que tout fonctionne correctement sur le toit», précise Jérôme Tock. Il regarde encore que tous les panneaux soient bien reliés, que l’isolation des fils soit encore en état, que les UV n’aient pas attaqué les divers éléments, etc.

D’une structure à une autre, il peut déjà y avoir passablement de changements. Les onduleurs de la ferme de Cédric Grin ne bénéficient pas d’un emplacement aussi propice que ceux du hangar agricole et la poussière y est plus importante, nécessitant un suivi et un nettoyage un peu plus fréquents.
 

 

 

 

 

 


 

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