Menu
 

Limiter l’apparition d’otites chez le veau


Les otites des veaux créent d’importantes douleurs et péjorent l’accroissement quotidien. Il est important de pouvoir rapidement les déceler et surtout de prévenir leur apparition.


Dossier_3519_sante


De façon générale, les otites chez les veaux sont en stagnation, voire en réduction, mais elles provoquent de vives douleurs chez les individus atteints et entravent leur développement. Le phénomène touche aussi les exploitations laitières, même s’il est plus marqué dans les élevages de veaux blancs, notamment parce que la pression bactérienne y est plus forte (mélange d’animaux de diverses provenances).
 
L’oreille moyenne est constituée d’une cavité traversée par un nerf (la corde du tympan). Avec une infection, le nerf est dégradé et l’oreille paralysée. On peut même observer les paupières qui penchent. La trompe d’Eustache fait le lien entre l’oreille moyenne et le pharynx. Ainsi, les otites sont souvent liées aux pneumonies. «Un jeune veau qui contracte une pneumonie est plus susceptible d’être atteint d’une otite simultanément. En plus, les mêmes germes sont à l’origine des deux infections», confirme Grégoire Theubet, vétérinaire pour le cabinet Mont-Terri à Courgenay (JU) et responsable pour la Suisse romande du Service sanitaire veaux Suisse (SSV).
 
Prévenir le stress
Les facteurs qui conduisent à une otite sont multiples, comme une hypoglycémie, le stress climatique (humidité, taux d’ammoniac, différence de température entre le jour et la nuit, etc.), la surpopulation, les pneumonies mal traitées. Il y a aussi parfois des parasites qui provoquent les otites, comme la gale, mais c’est plutôt rare. La transmission se fait de façon hématogène (par le sang), par la trompe d’Eustache ou par l’oreille externe (tétage mutuel). Une première maladie peut donc conduire à une seconde infection, telle qu’une otite. Par exemple une infection du nombril, avec des bactéries qui vont se loger dans l’oreille.
Beaucoup de facteurs sont liés au stress que subit le petit veau. Prévenir les situations stressantes est donc la première mesure à prendre. Le vétérinaire donne encore quelques conseils:
–  assurer une alimentation optimale de la vache tarie, particulièrement en oligo-éléments, et faire en sorte d’avoir une naissance douce;
–  limiter le nombre de veaux par box à dix;
–  respecter un management adapté, soit un apport colostral suffisant et de qualité, du lait à volonté les premiers temps, des conditions d’hygiène élevées;
–  éviter les courants d’air et améliorer la ventilation;
–  être prudent avec les mycoplasmes et ne pas donner de lait de vaches qui ont des mammites subcliniques par exemple.
Dans les élevages les plus touchés, Grégoire Theubet conseille de revoir le management du veau dès la naissance et de chercher à réduire la présence de germes mycoplasmes sur l’exploitation. «Les mycoplasmes sont de très petites bactéries capables de coloniser différents tissus et de former un biofilm. Elles profitent de changements du statut immunitaire afin de favoriser la prolifération d’autres pathogènes dans le cadre d’une infection secondaire», informe le SSV. C’est pendant les six premiers mois que les jeunes animaux sont le plus sensibles, avec une plus forte incidence les deux premiers mois, leur système immunitaire étant immature.
 
Intervention tardive
Grégoire Theubet constate que les éleveurs ne sont pas toujours conscients de la maladie et le regrette car le veau souffre vraiment lorsqu’il est touché. Si cela se développe jusqu’à provoquer le percement du tympan, le problème sera là à vie. Dans les cas extrêmes, l’infection peut engendrer des déformations de la tête (le pus peut s’accumuler et atteindre les os en direction du cerveau). Il faut préciser que le développement est rapide, la maladie rejoint très vite le système nerveux. «Le veau ne peut pas s’exprimer, quand le vétérinaire arrive, la maladie est souvent déjà bien avancée», relève le spécialiste. Quelques conseils pour la détecter:
–  une oreille en bas;
–  de la température;
–  un œil qui coule (conjonctivite unie ou multilatérale);
–  des veaux qui se grattent l’oreille;
–  des veaux qui secouent la tête.
Le traitement se fait à l’aide d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires, sur six à dix jours.
Hubert Gauderon, vétérinaire à Villars-Sur-Glâne (FR), constate que les veaux doivent souvent être traités avec des antibiotiques, quelquefois même de deuxième génération car il y a déjà certains mycoplasmes ou autres bactéries qui sont résistants aux antibiotiques de première génération ou alors parce qu’ils ont atteint un stade difficilement traitable. En collaboration avec le SSV, il étudie la possibilité de développer un test rapide pour ces otites. Une start-up travaille actuellement sur le projet.
Sarah Deillon, 30 août 2019
 
_______________________________________________________
UNE STRATÉGIE DÉFINIE POUR LES FERMES DE NAISSANCE
Hubert Gauderon, vétérinaire praticien à Villars-sur-Glâne (FR), est directeur d’Univo, une filiale de Translait qui écoule 25 000 à 30 000 veaux par an sur toute la Suisse. Il y a en moyenne une centaine de veaux par exploitation pour chaque série (trois par année), sur 105 jours d’engraissement. Pour prévenir l’apparition d’otites et des maladies en général, Univo a mis en place une stratégie pour améliorer la santé des veaux depuis la naissance. Il y a 240 fermes de naissance en Romandie avec lesquelles l’entreprise a signé des conventions. Les consignes pour les naisseurs sont les suivantes: un apport d’au minimum 4 litres de colostrum (avec mesure de la qualité par réfractomètre), un apport en sels minéraux et vitamines, la vaccination contre la grippe bovine, le traitement contre les parasites (dartres, poux).
 
Les veaux sont achetés entre 73 et 75 kilos aux naisseurs. Univo n’accepte que des animaux sains. Ces derniers sont rassemblés en groupes provenant de l’achat direct. S’ils sont mélangés à d’autres chez les engraisseurs cela ne fonctionne pas aussi bien, surtout s’il y a déjà des veaux malades. «Un veau en bonne santé à la sortie de la ferme de naissance sera généralement aussi en bonne santé à la fin de l’engraissement», relève Hubert Gauderon. Univo verse un supplément de 120 fr. par rapport à la tabelle de Proviande comme prime d’encouragement à la santé. «Il s’agit aussi d’une contribution pour les vaccins, les apports en vitamines, les minéraux et une bonne alimentation», ajoute le vétérinaire. Du côté des engraisseurs, les consignes concernent l’hygiène de détention, la désinfection entre les lots et l’importance de ne pas mélanger des animaux sains et malades.
SD, 30 août 2019
 
 

 

E-Paper & Archives

Cette semaine dans Agri

 

Prix du marché

Chaque semaine, suivez l'évolution des prix du marché de la viande, en conventionnel ou sous label: bovins, porcs, ovins. Consultez aussi les prix de la vente directe, des marchés surveillés et de Proviande.

Conseil de saison

 

Le dernier Conseil de saison est paru dans notre édition du 25 octobre. Il sera de retour au printemps 2020. 

Voyages

 

Du printemps à l'automne, de Chypre au Pérou, Agri propose cinq voyages en 2020, de quoi rêver!

Agri - Hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse Romande
Site web réalisé par www.webexpert.ch

Actualités

Cette semaine

Dossiers

Prix du marché

Photos

Vidéos

Archives

Voyages

A table

Boutique