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«Nous voulons construire une nouvelle porcherie sur le site de Grangeneuve»


En février dernier, Pascal Toffel, directeur de l’Institut agricole de l’Etat de Fribourg, a brièvement évoqué, en ouverture de la Journée porcine 2020 de Grangeneuve, un projet visant à bâtir une nouvelle porcherie sur le site de Posieux (FR).


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> Vous avez mentionné la volonté de construire une porcherie en collaboration avec votre voisin Agroscope En quoi consiste ce projet?
Il s’agit d’un projet commun au Canton de Fribourg et à la Confédération. Il s’inscrit dans la volonté de développer un pôle de compétence sur le site de Posieux. La porcherie commune permettrait de renouveler les installations vieillissantes tant de l’Institut agricole de Grangeneuve que d’Agroscope. Il s’agirait de construire un outil moderne pour la formation et le conseil (deux missions de Grangeneuve). Les chercheurs d’Agroscope pourraient quant à eux profiter de ce bâtiment pour y effectuer leurs travaux en recherche et développement, ainsi que pour y mener des essais en vue d’homologuer les équipements de porcheries développés par les firmes, conformément à la législation en matière de protection des animaux.

> Où sera implantée la future porcherie?
Nous pensons bâtir cette porcherie sur le site de Posieux, entre Agroscope et Grangeneuve. Nous avons la chance de disposer là de zones constructibles suffisamment éloignées des zones habitées. L’implantation définitive n’est pas encore arrêtée.

> A quel stade en est actuellement ce projet?
Nous n’en sommes qu’au tout début. Le processus sera encore long. Il ne faut pas s’attendre à ce que la construction débute cette année. Mais nous bénéficions d’un réel soutien politique et stratégique. Disons que c’est un bon début. Les discussions concrètes ont débuté en août 2019 et les instances cantonales et fédérales ont donné le feu vert pour approfondir les réflexions. Actuellement, nous sommes en train de peaufiner en détails nos besoins respectifs. Nous mandatons des entreprises du milieu pour définir notre projet. Nous avons comme volonté commune, tant à Grangeneuve qu’à Agrocope, de présenter une étude de faisabilité complète à nos directions respectives d’ici la fin de cette année.

> Avez-vous déjà obtenu des garanties de financement?
Pas encore. Le coût final de cette construction dépendra notamment des équipements très spécifiques dont nous aurons besoin. Quant à savoir qui de la Confédération ou de l’Etat de Fribourg financera le projet, des discussions sont en cours. En principe, le propriétaire du terrain investira et louera les locaux à l’autre institut. Je suis confiant au vu du soutien politique dont nous bénéficions.

> Quelle sera l’ampleur de cette nouvelle porcherie?
Il est un prévu d’héberger un élevage d’environ 150 truies permettant la production de porcelets soit pour les besoins d’Agroscope ou d’autres partenaires. Le projet comprend également 1000 places d’engraissement de porcs (PEP). Certains de ces porcs (600 PEP) seront affouragés par une alimentation sèche alors que les autres (400 PEP) pourront valoriser le petit-lait issu de la fromagerie de Grangeneuve. La porcherie ne sera pas seulement un bâtiment de production et d’essais, mais ce sera aussi un outil pour nos formations et pour les visites. Nous voulons qu’il soit possible de visiter la nouvelle porcherie sans devoir forcément créer des zones d’hygiène. L’idée serait de rendre visible toutes les installations et catégories de l’extérieur, sans que les visiteurs ne doivent pénétrer dans la partie production. Pour les élèves et nos partenaires, des normes d’hygiène seront mises en place pour pouvoir accéder aux installations.

> Quels sont ces partenaires?
L’idée est de développer un centre de formation pour la Suisse romande et le Mittelland. Il s’agit là d’un souhait de Suisseporcs Romandie et Mittelland. Concrètement, les élèves de Grangeneuve, mais aussi de l’ensemble de la Suisse romande ainsi que d’Inforama Rütti pourraient avoir accès aux installations. La future porcherie servirait non seulement de pôle pour la formation initiale, mais aussi pour la formation continue. De plus, en ce qui concerne le volet scientifique, Grangeneuve, Agroscope et Inforama font partie du Réseau animaux de rente (anciennement Adalus), en compagnie de la faculté VetSuisse de l’Université de Berne, la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) de Zollikofen (BE). Tous ces partenaires soutiennent ces nouvelles infrastructures pour les porcs sur notre site. Ils conviennent qu’il ne serait pas judicieux de bâtir une nouvelle porcherie en Romandie et une autre dans le canton de Berne.

> Avec un tel outil, pensez-vous développer une offre de formation spécifique pour les producteurs porcins?
Il s’agit en effet d’un grand défi pour la filière porcine. Suisseporcs serait intéressé. Des discussions sont en cours pour revenir à une formation initiale sur 4 ans, dont la dernière année serait une année de spécialisation. Si un tel système devait voir le jour, Suisseporcs souhaiterait que cette formation spécifique soit donnée sur trois sites: un en Suisse centrale, un en Suisse orientale et enfin un chez nous. L’idée de cette construction serait non seulement de regrouper les personnes intéressées pour la formation initiale, mais aussi pour la formation continue, de la même manière que nous regroupons déjà les élèves pour le brevet ou la maîtrise.

> Vous soulignez l’importance de permettre des visites. Votre projet sera-t-il ouvert au public?
L’Institut agricole de l’Etat de Fribourg vise aussi à renforcer le lien entre ville et campagne. Nous voulons en effet faire découvrir au grand public ce qu’est la production porcine. La porcherie sera par exemple dotée de courettes. La santé animale prime et l’image que nous véhiculons revêt une grande importance. C’est en informant le public que nous pourrons augmenter la sympathie de la population pour la production porcine suisse.

> Quand espérez-vous que la future porcherie sera opérationnelle?
Il est difficile d’évoquer un échéancier. Idéalement, si tout se passe bien et en étant le plus optimiste possible, je dirais qu’il est possible que la porcherie soit terminée au plus tôt fin 2023.

> Est-ce vraiment réaliste au regard du nombre d’années qui se sont avérées nécessaires entre la réalisation des premières ébauches et le début des travaux de votre future stabulation pour vaches laitières (chantier en cours)?
Ces deux projets ne sont pas comparables. Pour l’exploitation bovine, il n’a pas été possible de réunir sous un même toit des alimentations à base d’ensilage et sans ensilage pour la fabrication de Gruyère AOP et de Vacherin fribourgeois AOP. Pour notre porcherie, nous prévoyons d’affourager les porcs selon les deux systèmes d’alimentation possibles, à savoir en ration sèche ou à base de petit-lait. Ce projet devrait être plus simple à réaliser, car il bénéficie à la fois des soutiens de la politique et de la branche. Même si nous n’avons encore aucune garantie, je suis confiant.
Propos recueillis par Vincent Gremaud, 24 avril 2020

 

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