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Les vins mousseux ont le vent en poupe


Marché de niche en constante progression, les vins mousseux consommés en Suisse sont surtout étrangers. Les producteurs suisses, grandes maisons comme petits indépendants, profitent de cet engouement.


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S’il est un secteur viticole qui ne connait pas la crise, c’est bien celui des vins mousseux. Alors que la consommation des vins tranquilles décline en Suisse année après année, celle des vins mousseux ne cesse au contraire de progresser, portée par les vins étrangers. Le champagne occupe sans surprise le segment haut de gamme, mais le plus gros du contingent concerne le prosecco qui connait un immense succès depuis une dizaine d’années, grâce à son association avec une célèbre liqueur rangée. Son rapport qualité prix imbattable lui a permis d’inonder le marché mondial (150 millions de cols en 2009, 440 millions de cols en 2017) et de gagner, en Suisse, des parts de marché au détriment des cavas espagnols.

Un déficit d’image
La tendance est donc à la hausse, avec une consommation de vins mousseux atteignant 19,4 millions de litres en 2018. Ces volumes en eux-mêmes sont modestes, ils représentent pour autant un chiffre d’affaire loin d’être négligeable. Une question s’impose alors: les producteurs suisses de mousseux profitent-ils de ce gâteau grandissant?

En l’absence de statistiques fédérales et cantonales, lesquelles jusqu’à ce jour ne prennent pas en compte la catégorie «mousseux» en sortie de cave, on en est réduit à des observations qualitatives. A commencer par constater le déficit d’image dont souffre la production indigène. Les professionnels le reconnaissent, le mousseux, associée à la festivité beaucoup plus qu’à un terroir ou à des cépages particuliers, nécessite plus que tout autre vin des campagnes de promotion actives – un domaine où la branche ne brille pas particulièrement.

Malgré cela, et malgré la problématique bien connue des coûts de production, le segment des vins mousseux suisses est aussi discret que bien portant. La volonté de consommer des produits suisses, mise en avant par les études marketing MIS Trend, n’y est pas étrangère, et des références comme Baccarat de la Cave de Genève ou Volgaz de Divino ont su s’imposer en grande distribution. De même qu’avec les rosés, toutes les grandes maisons ou coopératives suisses proposent désormais au moins un mousseux dans leurs gammes, la plupart produit en cuve close, tandis que l’entreprise neuchâteloise Mauler, leader des mousseux suisses, s’est spécialisée depuis près de 200 ans dans la méthode traditionnelle.

Le champagne pour les Romands

«Le marché du vin mousseux est un marché en progression avec une offre très dynamique et extrêmement variée en vins suisses et étrangers», résume Raphaël Garcia, directeur de Provins, qui a sorti un mousseux il y a 4 ans, l’Apologia Brut. «La part de chiffre d’affaires de ce vin au sein de notre assortiment reste limitée, mais elle est en constant développement depuis son lancement», précise-t-il. «Dans une gamme de produits entre 10 et 15 francs, il y a certainement une part à prendre sur le marché local, en vente directe comme en grande distribution», analyse Gilles Cornut, directeur technique de la Cave de la Côte, laquelle doit très prochainement lancer un mousseux.

Ces appréciations sont confirmées par l’un des principaux distributeurs suisses, qui relève que les vins mousseux sont de plus en plus prisés par les femmes comme par les hommes, et ce, quel que soit l’âge. Le prosecco se vend plus en Suisse alémanique qu’en Romandie, qui préfère le champagne, mais ne dédaigne pas non plus les effervescents italiens. D’une manière générale, une bouteille sur six vendue est un mousseux. Enfin, dernière remarque intéressante de ce distributeur, on ne note pas de différences régionales pour les mousseux suisses.

Une production artisanale
Les vignerons-encaveurs indépendants surfent, eux aussi, sur cette vague. «On constate de plus en plus une production artisanale de mousseux, et la multiplication de ces petites quantités fait certainement un volume non négligeable, même si on ne peut pas le chiffrer», dit Jean-Marc Amez-Droz, directeur de Swiss Wine Promotion. «Chaque année il y a de nouveaux clients, mais il faut apprendre à vendre ce produit, ce qui n’est pas toujours facile», déclare Daniel Marendaz, vigneron qui s’est spécialisé dans la vinification selon la méthode traditionnelle (voir interview).

Seule ombre au tableau, et non des moindres, le mousseux taille des croupières aux vins tranquilles, sutout en apéritif. «Dans un marché globalement décroissant, les mousseux suisses doivent gagner des parts de marché sur le prosecco, et pas sur le chasselas, qui est un produit extrêmement important pour nous», souligne Jérôme Leupin, directeur général de la Cave de Genève.
Alain-Xavier Wurst, 3 mai 2019

 

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