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Optimiser la pâture selon la hauteur de l’herbe en entrée et sortie de parc


La gestion des pâtures, l’affouragement automnal de maïs vert et le coût des rations sont autant de thèmes qui ont été abordés lors d’un mini-rallye organisé récemment par Grangeneuve.


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Entre 2012 et 2018, L’Institut agricole de l’Etat de Fribourg, à Grangeneuve (IAG) a étudié la gestion des pâtures sur son exploitation. Durant ce laps de temps, la surface moyenne consacrée aux pâtures a pu être réduite de 20,5 à 15,1 ares par vache. «Ce résultat a été obtenu tout en maintenant la production laitière. Mesurée en kilos de lait par animal, la performance des vaches est restée stable», a précisé Pierre Aeby, responsable du secteur Production végétale à l’IAG. Le spécialiste s’est ainsi exprimé le 29 août dernier à l’occasion du mini-rallye sur l’affouragement organisé par son institution à Posieux (FR). «La composition de la ration moyenne n’a pas changé non plus. Les proportions d’un tiers de pâture, un tiers de fourrage sec à la crèche et un tiers d’autres fourrages n’ont pas évolué. La quantité de concentrés distribués est aussi restée la même.»

Pour Grangeneuve, l’économie de surface représente 5,4 ares par vache. Le troupeau comptant 45 vaches, cela correspond à près de 2,5 ha qui sont désormais disponibles pour la rotation des différentes cultures.

De l’herbe courte grâce à l’herbomètre
Afin d’optimiser leur système de pâture, les collaborateurs de l’exploitation de l’IAG ont considéré la hauteur de l’herbe en entrée et en sortie de parc. Avant de faire entrer les vaches dans un nouveau parc, ils ont mesuré la hauteur moyenne de l’herbe à l’aide d’un herbomètre néo-zélandais. Si ce dernier dépassait 20 clics (ce qui correspond à une hauteur d’herbe de 16 cm), le parc n’était pas pâturé, mais dévolu à la production de fourrage sec. Si, après la pâture, le parc avait plus de 7 clics (soit plus de 6 cm d’herbe), les vaches revenaient dans la même parcelle pour finir l’herbe. «Ces valeurs représentent de l’herbe vraiment courte. Souvent, l’œil et l’habitude sont beaucoup plus généreux», a relevé Pierre Aeby. Les vaches se sont très bien habituées à cette herbe courte. C’est l’humain qui a dû apprendre à être plus sévère.

Grangeneuve pratique une pâture tournante, parfois rationnée. «Il est très important de ne pas entrer dans un parc avec de l’herbe trop haute, ni dans des parcs trop grands», a insisté Pierre Aeby. Le risque est une diminution de la qualité du fourrage au fil des jours, péjorant ainsi la production laitière. «Nous avons pu constater que les performances laitières étaient maintenues sur des parcelles pâturées durant 2 à 3 jours. Par contre, si la pâture dure 4 à 5 jours, la production laitière peut en pâtir.» Les vaches de l’Etat de Fribourg restent désormais en moyenne environ deux jours par parcelle.

Digestibilité du maïs
Les participants à ce mini-rallye ont aussi pu s’informer sur le maïs affouragé en vert. Souvent intéressant en automne, lorsque les éleveurs manquent de fourrage, le maïs pourrait gagner en importance avec les épisodes de sécheresse qui ont tendance à devenir de plus en plus fréquents.

Collaboratrice au secteur Production animale de l’IAG, Mireille Raemy a insisté sur l’importance de la digestibilité du maïs, qui diminue au fil du temps: «A 25% de matière sèche (MS), les vaches valorisent bien l’amidon. Mais dès 30% MS, la digestibilité est moins bonne et des grains se retrouvent dans les bouses». Joignant l’acte aux paroles, elle a fait une démonstration de l’utilisation d’un tamis de bouses. La meilleure période pour débuter l’affouragement du maïs est la fin août. Avant, les valeurs nutritives restent faibles. Après, la digestibilité diminue. Si la période d’affouragement est longue, il est intéressant de jouer sur les précocités de diverses variétés ou sur des semis réalisés à différentes dates.

Le coût des rations
«Bien que très importants en production laitière, les coûts totaux de l’affouragement sont rarement connus des exploitants», a regretté Fabien Reinhard, du secteur Economie d’entreprise et comptabilité de l’IAG. Une analyse des chiffres de 2018 a montré qu’à Grangeneuve, le coût moyen de la ration hivernale atteignait 53 ct/kg de lait. Lorsque la ration était composée de pâture, foin et concentrés, ce coût se chiffrait à 30 ct/kg de lait alors qu’avec l’affouragement de maïs vert en plus, le prix de la ration stagnait à 25 ct/kg de lait. Fabien Reinhard a aussi présenté un travail de diplôme pour examiner l’influence du taux de pâture, de la taille de l’exploitation ou du degré de mécanisation sur le coût de la ration, à partir six cas réels. La base de données sera étoffée au fil des ans pour en tirer des résultats plus représentatifs.
Vincent Gremaud, 13 septembre 2019

 

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