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L’intuition ne suffit plus pour bien gérer une exploitation, il faut aussi compter


Pour produire efficacement du lait de centrale et dégager un salaire correct, il convient de connaître les chiffres de son exploitation, puis d’agir pour optimiser ses résultats.


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«Le prix du lait n’est pas un enjeu.» C’est avec cette affirmation quelque peu provocatrice qu’Alexis Watremez a débuté son intervention à la soirée organisée par le comité des ensileurs du canton de Fribourg, le 27 février 2018 sur le site de Grangeneuve, à Posieux (FR). «Avec un prix du lait identique, je remarque dans ma pratique de conseiller que les exploitations présentent des différences énormes au niveau de leurs résultats économiques», a relevé l’ingénieur agronome et nutritionniste français.

L’importance des chiffres

Egalement rédacteur pour le magazine PLM (Production laitière moderne), Alexis Watremez a insisté sur la nécessité de s’intéresser aux chiffres de son exploitation: «A un moment donné, quand tu as la tête sous l’eau, il faut appren­dre à compter! Il ne suffit plus de travailler bien pour s’en sortir». Pourtant, le spécialiste se veut résolument optimiste et croit en la rentabilité possible de la production de lait de centrale. «C’est très motivant de constater que l’on peut influencer ses résultats et dégager un revenu même quand les prix sont au plus bas.»

Alexis Watremez ne s’attarde pas sur les coûts de structure des exploitations. Ce sont des charges fixes sur lesquelles l’exploitant n’a d’emprise que sur le moyen voire le long terme. Les coûts spécifiques sont quant à eux modifiables relativement rapidement. En tant que nutritionniste, c’est naturellement sur l’alimentation – la charge opérationnelle la plus importante – qu’il met l’accent pour influencer à court terme les résultats économiques de ses clients. «Quand la ration est bien calée, tout roule: la santé, la fertilité, la production laitière, etc.»

Marge brute sur le coût alimentaire
Alexis Watremez s’appuie sur un indicateur quasiment pas utilisé en Suisse: la marge brute sur le coût alimentaire. Pour la calculer, il suffit de soustraire aux produits du lait les charges de fourrages, de concentrés, de minéraux, d’éventuels additifs ainsi que les pertes dues au gaspillage.

Cet indicateur a l’avantage d’être très facile à calculer, en particulier pour les exploitations sans pâture, et d’être fortement corrélé au résultat économique de l’exploitation laitière. Mais cette approche reste incomplète et ne remplace pas une comptabilité analytique.

La marge brute sur le coût alimentaire se calcule en francs. Il est possible de ramener ensuite le résultat au facteur limitant de l’exploitation. Pour une production limitée par un droit de livraison fixe, il peut être intéressant de calculer cette marge par 1000 kilos. Si c’est la capacité du bâtiment qui restreint la production, la marge brute par place peut s’avérer pertinente.

Pour prendre en compte également le coût des vaches taries, il faut considérer la marge brute sur le coût alimentaire de l’ensemble du troupeau. «La bonne fréquence pour calculer ses marges bru­tes, c’est tous les mois», a précisé Alexis Watremez. «Il n’y a pas de recette miracle applicable partout. Faites ces cal­culs sur vos exploitations, enregistrez-les sur un tableur. Vous pourriez être surpris des enseignements que cela peut apporter.»

Améliorer cette marge

Avant de s’intéresser aux rations pour améliorer ses résultats, il convient de répondre aux besoins fondamentaux des vaches et de bien gérer la reproduction, le tarissement et les premières heures de vie des veaux (lire ci-dessous).

Se basant sur ses expérien­ces avec des rations contenant bien moins d’herbe que ce qui se fait en Suisse. Alexis Watremez a développé quel­ques pistes à suivre pour augmenter la marge brute en agissant sur les ensilages de maïs: «Il faut considérer l’ensemble de la chaîne de production et de distribution des fourrages». Pour distribuer des ensilages de qualité, il convient de veiller à ce que la fermentation se passe bien. Le maïs doit être bien coupé, bien éclaté, bien tassé et bien bâché. «Un principe de base de l’alimentation: on ne donne que des fourrages frais ou bien fermenté», a noté le Français. «Et pour un maïs, la fermentation doit durer au moins trois mois!»

L’utilisation de conservateurs peut aider à améliorer la qualité des ensilages. Mais il n’existe aucun produit qui permet de corriger un maïs qui n’a pas fini sa fermentation. Il faut aussi limiter les pertes de four­rage. Le gaspillage coûte très cher.
Vincent Gremaud, 9 mars 2018

 

 

SUR LE WEB

www.nutriaxe.fr

 

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NE PAS OUBLIER LES FONDAMENTAUX

 

Rien ne sert de viser une génétique de pointe ni une alimentation efficiente si les règles de base ne sont pas respectées.

    

L'accès à de l'eau propre doit être garanti en permanence.

     L’eau
Le lait est principalement composé d’eau. Pour permettre une production laitière performante, il est primordial de garantir en tout temps et à chaque animal un accès à de l’eau de qualité. Alexis Watremez conseille d’installer dans les stabulations au moins 8 centimètres d’abreuvoirs par vache. Il convient également de veiller à ce que le débit d’alimentation en eau soit suffisant. «Il faut préférer les bassins en inox à ceux en plastique», a expliqué le Français. «Ces derniers sont plus sujets à des contaminations bactériennes par la formation d’un biofilm difficilement lavable à leur surface.»

Il faut également s’assurer que l’eau ne soit souillée ni par des bouses ni par de la terre.
    
     Le confort
Toute atteinte au confort des vaches peut avoir des répercussions non seulement sur leur santé, mais aussi sur leur productivité. Il faut donc veiller à minimiser les stress thermiques, tant en hiver qu’en été. «Pour ce qui est de la couche, les logettes creuses ont fait leur preuve», a indiqué Alexis Watremez, qui recommande de les remplir de sable voire d’un mélange de chaux et de paille.
    
     L’hygiène
La qualité des ensilages doit être garantie. Aucun aliment chaud ne doit être administré dans la ration. L’hygiène ne concerne pas que les fourra­ges. Il faut également veiller à un raclage régulier et un renouvellement de l’air suffisant.
    
     La ration
En tant que ruminants, les vaches ont besoin que les bactéries présentes dans leur panse digèrent les aliments qu’elles ingèrent. «Ces bactéries n’aiment pas les changements de ration. Il faut donc veiller à ce que la composition de la ration soit aussi constante que possible», a relevé Alexis Watremez. L’évolution des taux de protéine et de matière grasse du lait est un excellent indicateur.

VG, 9 mars 2018

 

 

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RÉDUIRE LE TEMPS ENTRE LES VÊLAGES

 

Tout producteur de lait le sait, les vaches produisent davantage de lait en début qu’en fin de lactation. Ainsi, pour améliorer la productivité, il faut veiller à ce qu’il y ait constamment un maximum de vaches dans cette phase. «L’optimum, est atteint quand le stade moyen de lactation d’un troupeau reste stable, entre 160 à 165 jours», a indiqué Alexis Watremez.

 


La période entre deux vêlage ne doit pas dépasser 385 jours.

Etre proactif sur la reproduction
Pour y parvenir, il faut prêter une attention particulière à la période intervêlage. «Elle ne devrait pas dépasser 385 jours. Au-delà, vous perdez de l’argent!», a estimé le spécialiste français. «Chaque mois perdu, c’est de l’efficacité alimentaire gaspillée.»


Pour obtenir un intervêlage de 385 jours, il faut que toutes les vaches soient pleines à 100 jours de lactation. «Et comme il faut compter en moyenne deux cycles pour rendre une vache portante, il est nécessaire de commencer les inséminations tôt, dès 45 à 50 jours», a expliqué le conseiller technique et rédacteur pour PLM. Cela n’est possible qu’avec une excellente ration en début de lactation et une bonne surveillance des troupeaux. Les détecteurs de chaleurs peuvent apporter une aide précieuse.

Bien prendre soin des taries et des veaux

En moyenne chaque troupeau compte 15% de vaches taries. Elles représentent une charge fixe et sont parfois un peu négligées. Durant cette phase, qui doit durer entre 6 et 8 semaines, il convient de veiller aux mêmes fondamentaux (eau, confort, hygiène, lire ci-contre) que pour les vaches en production. La ration ne doit pas être trop riche, mais il faut qu’elle permette de maintenir aussi haute que possible la capacité d’ingestion. En fin de tarissement, Alexis Watremez conseille de donner aux taries 2 kg de mélange pour les laitières par jour.


Suite au vêlage, il faut rapidement (dans les 6 heures) administrer au veau une grosse quantité de colostrum (4 litres). Il convient aussi de contrôler la qualité du colostrum au moyen d’un réfractomètre.

VG, 9 mars 2018

 

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