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«Les éleveurs sont fidèles à la fête»


Président du marché-concours national de chevaux de Saignelégier, Gérard Queloz retrace l’évolution de la manifestation, peu avant son 125e anniversaire.


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Outre le retour de l’événement après deux années d’interruption, la cuvée 2022 du marché-concours coïncide avec son 125e anniversaire. Comment ce jubilé sera-t-il célébré?

Nous avons édité un recueil photographique qui retrace l’évolution de la manifestation. Intitulé 1897-2022: 125 ans de passion, l’ouvrage est sorti de presse le 27 juin dernier. Nous avons également commandé une pièce de théâtre rétrospective. Celle-ci sera jouée en amont de la représentation, du 4 au 11 août. Enfin, le dimanche après-midi, la Radio télévision suisse (RTS) couvrira le cortège et une partie des courses en direct, de 14 h 30 à 16 h 45.

A l’origine, à quoi ressemblaient les premières éditions du marché-concours?
Les deux premiers marchés-concours se sont apparentés à de grandes foires agricoles. Outre des chevaux, on y a vu des bovins, du petit bétail, des fruits, des légumes... Rapidement, la manifestation s’est néanmoins limitée aux chevaux, car il y avait à cette époque une mévente de nos animaux. 

Pourquoi est-ce que les chevaux ne se vendaient pas bien?
L’armée leur préférait les demi-sang. A l’époque, nos chevaux ne s’appelaient pas encore Franches-Montagnes, mais «Chevaux du Jura». Le début des syndicats d’élevage chevalin et la reconnaissance de la race au début du XXe siècle ont poussé les éleveurs à se mobiliser. Ils voulaient promouvoir leur cheval, qui se distinguait par sa polyvalence, sa maniabilité, sa docilité et sa force. Par la suite, on a voulu montrer les meilleurs sujets de la race. C’est pour cela qu’on parle de marché-concours. Les courses, les parades ou encore les quadrilles ont été introduits pour démontrer en direct la polyvalence du Franches-Montagnes.

Le règlement est ouvert à l’exposition de demi-sang. On aurait pu imaginer une certaine rivalités entre les deux races..
Oui, la porte est ouverte aux demi-sang suisses. Cela fait malheureusement quelques années que nous n’en avons pas revu à l’exposition. Pour qu’une catégorie puisse être convenablement jugée, nous tenons à ce qu’il y ait au minimum 5 sujets inscrits. Au Jura, il ne reste plus qu’un seul syndicat de demi-sang. Les dirigeants de la faîtière quant à eux ne trouvent probablement plus vraiment d’intérêt à exposer des sujets. Néanmoins, certains cantons ont des effectifs de demi-sang et seraient susceptibles d’en exposer s’ils venaient à être invités. Cette année, c’est le canton d’Argovie qui sera présent. 

Comment évoluent les effectifs de chevaux exposés?
Jusqu’ici, nous avons régulièrement eu plus de 400 sujets à l’exposition. Cette année, il y en a un tout petit peu moins. Ceci s’explique probablement par le fait que les marchés ont été très favorables ces derniers temps. En 2020 et 2021, les chevaux Franches-Montagnes se sont vendus facilement et à de bons prix. Pour donner un exemple, j’aurais pu vendre cinq fois le même poulain.

Pourquoi n’y a-t-il pas de catégories d’hongre à l’exposition?
Nous n’avions plus d’inscriptions. Nous avons donc supprimé la catégorie, comme ce fut le cas auparavant pour les juments badières, c’est-à-dire sans poulain de l’année. Il faut dire que les 400 chevaux que nous accueillons actuellement correspondent aux capacités du site. Nous devons déjà louer quelques boxs afin de pouvoir loger chacun d’entre eux.

Qu’est-ce qui motivent les éleveurs à exposer des chevaux au marché-concours à l’heure actuelle? 
Les véritables éleveurs sont fidèles au rendez-vous. Compte tenu du bon fonctionnement du marché ces dernières années, ceux-ci ont un peu moins de sujets à exposer durant cette édition. Il faut aussi dire que les jeunes générations sur les domaines agricoles sont moins enclines à élever des chevaux. C’est une des raisons pour lesquelles les effectifs de chevaux Franches-Montagnes sont en baisse. Se pose aussi la question des subventions à l’élevage. Le Canton du Jura se montre généreux, mais ce n’est pas le cas de tous les cantons. A noter que parmi les exposants, il y a également des gens qui gardent des chevaux à titre de hobby. 

Combien de chevaux sont vendus de manière générale?
Il s’en vend tout le temps, mais nous n’avons pas de chiffres officiels. Nous offrons la possibilité d’indiquer si le cheval est à vendre ou non sur les listes ainsi qu’au stand, mais nous ne suivons pas les ventes effectives. 

Quel est le profil des acheteurs?
J’imagine qu’il y a un peu de tout, du cavalier de loisirs qui cherche une monture à l’éleveur qui souhaite renouveler sa jumenterie. 

Lors des dernières éditions, les visiteurs étrangers étaient nombreux. Prendront-ils à nouveau la route?
Je pense que le public sera au rendez-vous. Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui se sont rassemblées aux alentours des routes à l’occasion du Tour de France. La population a envie de sortir. Ces dernières années, ce sont essentiellement des Français et des Belges, ainsi que des Allemands dans une moindre mesure, qui nous visitaient.

Qu’en est-il des inscriptions aux courses?
Nous avons autant d’inscriptions aux courses attelées que d’habitude. Du côté des courses montées, il y a un tout petit peu moins d’inscriptions. Toutes les courses sont tout de même bien revêtues. Mais nous n’aurons pas de pelotons de trente voire quarante concurrents. Ce n’est pas un mal, le risque d’accident s’en voit diminué. Il nous est arrivé de dédoubler certaines courses  attelées pour des questions de sécurité. Pour la course de chars romains, la limite est fixée à six embarcations. Nous avons parfois eu jusqu’à douze inscriptions.

Est-ce que vous participez à une course cette année?
Non, pas cette fois, faute de temps à disposition pour entraîner mes chevaux. Par contre, j’ai inscrit une pouliche de deux ans à l’exposition.
Propos recueillis par Sabine Guex, le 5 août 2022.

 

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