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Les outils numériques se développent pour faciliter la tâche des agriculteurs


La digitalisation dans l’agriculture devient de plus en plus concrète. Par exemple, certains logiciels de suivi des parcelles simplifient non seulement la tenue du carnet des champs, mais aussi celle de la comptabilité.


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«Son design est moderne et son utilisation très intuitive. Il peut convenir à tout le monde, même ceux qui ne sont pas forcément très à l’aise avec l’informatique!» Etienne Varidel, agriculteur à Yvonand (VD), ne tarit pas d’éloges pour le logiciel Geofolia qu’il utilise depuis deux ans. Avec son épouse Anne-Laure, il gère une exploitation mixte de 44 ha. Le couple a choisi de se tourner vers les outils informatisés en 2008 déjà, en ayant recours au programme Isaculture, que la firme française Isagri a remplacé par Geofolia.

Depuis cet été, les utilisateurs suisses de Geofolia bénéficient des dernières nouveautés développées par Isagri. Et notamment la cartographie sur smartphone. L’agriculteur peut saisir directement les différentes interventions qu’il pratique sur son téléphone. «Fini les bouts de papiers dans mes poches», se réjouit Etienne Varidel. Geofolia est adapté aux conditions suisses. En quel­ques clics, il est possible de reprendre les données des géoréférencements opérés dans les différents cantons (reprise des données d’Acorda ou de Gelan par exemple). Il permet aussi, entre autres, de tenir le carnet des champs rendu obligatoire par nos prestations écologiques requises.

Outil de gestion
«Grâce au volet économique inclus dans le module Performance, Geofolia est aussi un véritable outil de gestion», indique Anne-Laure Varidel. «Avant, nous tenions une comp­tabilité analytique détaillée. Maintenant, nous avons une comptabilité fiscale aussi sim­ple que possible.» En effet, le programme permet de met­tre en évidence les coûts de productions, les bilans d’achats, les utilisations des différentes machines et main-d’œuvre par culture ou par variété.

Grand producteur de pom­mes de terre, Etienne Varidel effectue régulièrement des traitements combinés, par exemple un fongicide avec un fertilisant foliaire, et ce, sur plusieurs parcelles. «Avant de remplir le pulvérisateur, je sélectionne les parcelles et les traitements que je veux faire. Le programme ventile instantanément les coûts des intrants et me permet de mettre en évidence les marges brutes comparables.»

Coût dépendant des modules choisis
Le prix d’achat de Geofolia se situe dans une fourchette entre 1500 et 2000 francs. «Ce­la varie selon les fonctionnalités choisies et les besoins en formation», indique Clément Rivals, responsable de la filiale suisse d’Isagri. En effet, le logiciel est en général vendu avec une prestation de deux fois deux heures de formation à domicile. «Nous rencontrons chaque client et définissons avec lui ses besoins en termes de modules, mais aussi de formation.»

En plus de l’achat, Isagri propose un contrat de service pour son logiciel. Cette prestation comprend la mise à jour des nouvelles fonctionnalités, la mise à disposition d’une assistance téléphonique (hotline) et l’hébergement des données sur les serveurs de l’entreprise. La facture mensuelle pour ce contrat de service se monte à quelque 25 à 30 francs. «Là aussi, cela varie en fonction des modules», précise Clément Rivals.

«Pour ma part, je récupère environ deux fois le prix du contrat de service rien qu’en économie d’intrant», relève Etienne Varidel. En effet, après avoir entré les parcelles sur lesquelles il désire intervenir et les produits qu’il souhaite épandre, son logiciel lui indique non seulement la surface totale à traiter, mais aussi les quantités des divers intrants à verser dans sa cuve. «A partir de là, j’adapte ces quantités en fonction des stocks et des emballages de produits à disposition. Il m’arrive régulièrement de réduire la dose de quelques pourcents et ainsi, j’évite d’ouvrir un nouvel emballage», explique l’agriculteur vaudois. Cela lui permet de réaliser quel­ques économies sans pour autant diminuer significativement la protection phytosanitaire de ses cultures.

Anne-Laure Varidel est l’une des formatrices d’Isagri actives en Suisse romande: «C’est sûr qu’au début, il faut consacrer un peu de temps pour la personnalisation du logiciel». Les heures de formation négociées lors de l’achat servent non seulement à ce que l’utilisateur se familiarise avec l’outil, mais elles permettent aussi de définir les listes des produits, des engrais, des machines, et des tâches spécifi­ques à chaque exploitation. «On peut aller très loin dans les détails, mais aussi faire simple, selon les souhaits de l’agriculteur», explique-t-elle. «Chaque exploitant peut utiliser Geofolia comme il l’entend.» Par exemple, il est très facile de satisfaire aux exigences de SwissGAP en précisant à cha­que intervention, la machine utilisée ainsi que l’opérateur qui réalise le traitement.

Une fois la prise en main passée, le recours au téléphone n’induit aucune charge supplémentaire. «Cela prend moins de temps que les bouts de papiers, d’autant plus que ceux-ci restaient parfois dans la salopette et passaient dans la machine à laver», s’amuse Etienne Varidel. «Et quand tu rentres le soir, tu as fini ta journée», ajoute son épouse. «Tu n’as plus besoin de remplir ton carnet des champs, tu es continuellement à jour.»

L’agriculteur vaudois insiste sur la nécessité de saisir systématiquement les données. «Avec une utilisation quotidienne, cela devient vite une routine.»

Quid des données
Etienne Varidel avoue que la sécurité des données le préoccupe: «J’apprécie le progrès apporté par les outils numériques, mais je suis sensible à ce qu’on va pouvoir faire de mes données».

Comme indiqué, Isagri propose dans son contrat de service d’héberger les données saisies par les agriculteurs sur ses propres serveurs. Clément Rivals se veut rassurant au sujet de l’utilisation de ces données: «Isagri a apposé sa signature à côté de celle de Johann Schneider-Ammann sur la Charte sur la numérisation de l’agriculture».

Isagri n’est pas la seule entreprise à commercialiser un logiciel de suivi des parcelles. Agridea, Agroplus, 365Farmnet ainsi que les grands cons­tructeurs de tracteurs propo­sent également des logiciels pour aider les cultivateurs.
Vincent Gremaud, 2 novembre 2018

 

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