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Des solutions pour les entreprises qui veulent réduire leur consommation


Pour transformer un produit, les entreprises du domaine para-agricole ont souvent une consommation énergétique élevée. Elles sont toutefois acquises à la cause du climat et participent à divers programmes.


Entreprises qui baissent leur consommation


Selon leur niveau de consommation, les entreprises sont réparties dans diverses catégories. La Confédération a édicté des mesures pour les grands consommateurs (consommation annuelle minimale de chaleur de 5 GWh ou d’électricité de 0,5 GWh) et pour ceux qui peuvent être exonérés de la taxe sur le CO2. Ils ont l’obligation d’analyser leurs émissions et de prendre des mesures d’optimisation. Pour ce faire, ils ont trois possibilités.
• Suivre une convention d’objectifs conclue avec une organisation mandatée par la Confédération. Il s’agit de l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC) ou de l’Agence cleantech suisse (act).
• Suivre une convention d’objectifs conclue avec le service du canton concerné.
• Faire une analyse de consommation énergétique.
SuisseEnergie a pris en charge six guides qui servent aux conventions d’objectifs et donnent des conseils d’optimisation. Dans le domaine agroalimentaire: le «Guide pour l’optimisation énergétique des exploitations horticoles» et le guide «Efficacité énergétique en fromageries», édité par Fromarte. Chaque mesure indique le potentiel d’économie et le coût d’investissement prévu.

Analyse en groupe
L’AEnEC travaille avec 2 modèles de convention: le modèle énergétique pour les grandes entreprises et les groupements de branche (exemple de Fromarte ci-après) et le modèle PME. «Selon la législation actuelle, une exploitation doit émettre au moins 100 tonnes de CO2 pour pouvoir demander le remboursement de la taxe. Le modèle a été créé pour ouvrir la porte aux nombreuses entreprises qui n’atteignent pas ce chiffre», explique Erich Lüdi, modérateur pour l’AEnEC. Des groupes sont constitués entre les différents secteurs d’entreprises. Un réseau s’est par exemple formé entre 300 fromageries suisses. Fromarte a pris la responsabilité du groupe afin de pouvoir faire profiter aussi les plus petits. En participant, ces derniers peuvent se faire rembourser une partie au moins de la taxe. Les entreprises affiliées envoient leurs données à Fromarte qui établit un rapport. Cela permet aux fromageries d’avoir leur consommation énergétique sous contrôle et à la branche d’avoir une vue d’ensemble. La période actuelle a débuté en 2013 et se terminera en 2021. Les résultats sont réjouissants (lire ci-dessous).
 
Conseils d’utilisation
Les plus petits consommateurs ont aussi la possibilité de rejoindre le programme PEIK. «Lors de sa fondation en 2014, on recensait en Suisse environ 400 000 très petites PME et près de 11 000 gros consommateurs. Entre ces deux catégories, on trouve environ 80 000 PME de taille moyenne avec une consommation qui se situe entre 100 000 et 499 999 kWh/an», explique Matthias Bendig de la société Greenwatt, mandatée par la Confédération pour gérer le secrétariat de PEIK. La limite de participation de 100 000 kWh/an n’est pas stricte, laissant aussi la possibilité à de plus petites entités de s’y intéresser. «C’est un programme unique de la Confédération qui verse des subventions aux entreprises qui choisissent de faire un audit sur leur consommation. Il n’y a pas d’obligation de prendre des mesures suite à l’audit», précise le spécialiste. Les audits sont réalisés par des entreprises accréditées par la Confédération et sont subventionnés à 50% ou au maximum à 1500 francs (variable selon les cantons).
Les entreprises qui souhaitent prendre des mesures peuvent demander à la société d’audit une «aide à la mise en œuvre» qui correspond à l’équivalent d’une demi-journée de travail. Il s’agit par exemple de faire des offres pour des panneaux solaires, de former le personnel à la bonne utilisation d’une chaudière, de proposer un début de concept de chauffage, etc. «L’idée de l’audit est de donner un rapport complet et une vision sur les dix ans à venir.» Matthias Bendig donne un exemple: «Le rapport établit que le compresseur est surdimensionné ou qu’il n’offre pas la possibilité de récupérer la chaleur. Une fois que c’est clairement écrit, on réfléchit à son remplacement avant qu’il ne soit hors course ou qu’il commence à coûter trop cher. L’analyse permet de réfléchir posément à ses besoins d’investissement». Quelques mesures qui peuvent être prises dans les PME: revoir l’éclairage (changer la source lumineuse ou tout le luminaire), analyser la consommation électrique (les moteurs présentent souvent un potentiel d’amélioration), réviser le système de chauffage, etc. L’audit PEIK comprend un second volet qui consiste à indiquer au client quels sont les moyens de subvention qu’il a à disposition.

Volet agricole
Les exploitations agricoles sont aussi des PME. Agrocleantech a pensé qu’il pourrait être intéressant de les inclure et de fonder AgriPEIK. L’agriculteur commence par remplir un formulaire sur internet et sur la base de ses données, un conseiller agricole formé par PEIK, établit un rapport. Si ce dernier identifie des postes à améliorer, un audit est réalisé sur l’exploitation. En Suisse romande, environ 30 conseils d’orientation ont déjà été donnés et une petite dizaine d’audits sont en cours. «C’est une piste intéressante, il ne faut pas hésiter à faire appel à AgriPEIK pour faire baisser ses factures d’électricité», encourage Aloïs Cachelin, de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et conseiller PEIK. Agri reviendra dans une prochaine édition sur AgriPEIK.
Sarah Deillon, 30 octobre 2020
 

DES CONSEILS PRODIGUES DE L'EMBALLAGE AU TRANSPORT
 
Reffnet, le réseau suisse pour l’efficacité des ressources, conseille les entreprises pour réduire leur consommation et rendre leur production plus efficiente. Il s’agit d’une plateforme qui répartit les mandats entre diverses entités, dont la société Quantis. Cette dernière étudie les produits du champ à l’assiette, recherche les impacts sur l’environnement et les moyens de les réduire. «Si on prend exemple de la viande, le produit pollue plus que sa transformation, son emballage ou son transport. Sur la chaîne de transformation, les mesures doivent protéger le produit pour minimiser les pertes. A l’inverse, pour la pomme qui pollue peu, c’est important de réduire l’impact de l’emballage et du transport, même si cela risque d’augmenter de 1% les pertes», explique Sébastien Humbert, expert chez Quantis qui précise: «De façon générale, les gros emballages sont favorisés pour limiter les déchets mais en prenant l’exemple de la viande, un gros emballage accentue le risque de gaspiller un produit dit polluant». Et qu’en est-il du vrac? Sébastien Humbert n’estime pas que c’est la solution à tout car les produits non-emballés sont moins résistants, une nouvelle source potentielle de gaspillage. Pour l’expert, toutes les mesures sont bonnes. Il donne la priorité aux énergies renouvelables, recommande la pose de panneaux solaires et encourage les véhicules électriques.
SD, 30 octobre 2020

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TRAVAUX RENTABLES POUR LA FIRME
 
Au sein de l’entreprise Marmy Viande en gros SA, les toutes premières mesures prises en faveur de l’environnement datent de 2007 dans le but de rejoindre le programme ISO 14001. Mais c’est en 2018 que l’impact a été le plus fort avec un investissement d’un million pour des panneaux solaires. «La protection de l’environnement est un réel défi au niveau mondial et nous voulions aussi contribuer», explique le directeur Bruno Marmy qui précise: «Et c’est aussi intéressant pour nous, les travaux réalisés sont économiquement rentables». Aujourd’hui, les 99% de ce qui est produit par les panneaux solaires sont directement consommés par l’entreprise, soit 700 000 kwh en 2019, avec 2300 panneaux sur 3700 m2. «Ce n’est pas possible d’avoir un circuit plus court. C’est produit sur le toit et utilisé en dessous.» Le côté innovant du projet est la création d’un carport (structure métallique spécialement conçue pour accueillir 2000 m2 de panneaux) qui recouvre tout le parking du personnel. Bruno Marmy estime qu’il s’agissait du deuxième projet de ce genre en Suisse romande.
Marmy Viande en gros SA participe également volontairement au programme de l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC) pour réduire ses émissions de CO2 et améliorer ses performances énergétiques. Grâce à cela, elle est exonérée de la taxe depuis 2013 et les émissions ont baissé de 30%. Parmi les mesures: le remplacement de la chaudière à mazout par une chaudière à gaz naturel ou l’installation d’une machine qui fabrique de la glace pour refroidir les sous-produits animaux (pour une économie de 20 millions de litres d’eau par an).
SD, 30 octobre 2020
 
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DES EXIGENCES DE PRODUCTION
 
Dans les fromageries, le plus gros poste de consommation concerne la production de chaleur, pour chauffer le lait et pour tout le système de nettoyage, mais aussi pour refroidir la cave. «La mesure principale pour préserver le climat est de réduire sa consommation de gaz et de mazout mais ce dernier n’est pas facile à remplacer pour certains processus, selon les températures et puissances exigées», explique Erich Lüdi. Les chauffages présentent souvent un potentiel d’amélioration. «Les modèles actuels sont plus efficients, il peut donc être judicieux de remplacer son installation. Mais ce qui est encore plus efficace, c’est de faire la transition à un chauffage à bois», explique Kurt Schnebli, de Fromarte, qui préconise aussi de réfléchir à des solutions avec d’autres partenaires du village (école, bâtiment administratif, etc.). Le spécialiste encourage aussi à récupérer la chaleur des installations existantes ou à améliorer l’isolation de son bâtiment ainsi que des tuyaux ou des bacs de nettoyage. «En isolant correctement, moins de chaleur est perdue et il faut chauffer moins pour le prochain nettoyage.»
Une autre mesure est l’optimisation des flux énergétiques. «Un chauffage ou un système de refroidissement n’ont pas forcément le même fournisseur et il manque la coordination entre les deux. S’il faut changer le compresseur par exemple, il est intéressant d’avoir une vision globale sur le reste de ses installations», précise Erich Lüdi. Avec l’avancée de la robotisation, les besoins électriques augmentent. Ainsi, si le spécialiste est content de la baisse du CO2, il constate qu’il en va autrement pour la consommation électrique. «C’est plus difficile de trouver des solutions. La sécurité alimentaire est un critère primordial, il n’est pas possible de faire des compromis.» La pose de panneaux solaires est une mesure intéressante!
Les 300 fromageries qui ont rejoint le programme de l’AEnEC ont déjà fait du bon travail, Kurt Schnebli s’en réjouit. «Les émissions des entreprises participantes étaient de 34 tonnes de CO2 par million de kilos de lait transformés en 2013 et de 30,9 tonnes en 2018.» 
SD, 30 octobre 2020
 

 

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