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Des clôtures pour stopper les loups


Pour qu’un troupeau soit considéré comme protégé, les clôtures des parcs doivent remplir des critères. Le loup apprenant de ses expériences, il est important de bien clôturer dans les régions à forte pression du prédateur.


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La saison d’estivage est terminée. Les moutons sont redescendus dans leurs exploitations. Pour autant, le risque que représentent les loups ne disparaît pas avec la fin de la saison d’alpage. Avec désormais huit meutes comptabilisées sur le territoire national, les loups sont de plus en plus nombreux (lire ci-dessous), et les zones concernées s’étendent rapidement. En SAU aussi, il convient de prendre des mesures pour préserver les moutons d’éventuelles attaques. Les clôtures jouent un rôle central dans cette protection contre les grands prédateurs. Raison pour laquelle le canton du Valais a organisé deux formations spécifiques sur ce thème en septembre dernier à Châteauneuf et Vouvry, en collaboration avec Agridea.

Hauteur de la clôture et nombre de fils
«Hormis quelques cas isolés pour lesquls des autorisations de tir ont été délivrées, nous n’avons recensé aucune attaque à l’intérieur d’un parc électrique fermé», a relevé Andreas Schiess, responsable des clôtures dans le groupe Protection des troupeaux d’Agridea. «Et cela, même dans des régions où la présence d’une meute est attestée.» Mais pour qu’elle soit efficace, la clôture doit répondre à des critères précis. Les exigences de base permettant de comptabiliser les attaques dans l’optique d’une éventuelle demande d’autorisation de tir de loup fixent la hauteur minimale de la clôture à 90 cm. S’il s’agit d’une clôture à fils, ces derniers doivent être au moins quatre. Le fil du bas, le plus important, ne doit pas être disposé à plus de 20 cm de hauteur. En cas d’utilisation de filets, il convient de veiller à ce que ces derniers soient bien tendus. Une tension constante de 3000 V est également requise. 

«Ce sont là des exigences minimales», a souligné Andreas Schiess. «Dans les régions où il y a des loups, que ce soit en SAU ou pour les parcs de nuit dans les alpages, nous recommandons une hauteur de clôture de 1,05 m et, pour les clôtures à fils, au moins 5 fils.

Electrificateurs et mise à terre
Le thème des clôtures a aussi été abordé le 5 novembre dernier à Köniz (BE), dans le cadre d’un cours Agridea sur les actualités en matière de protection des troupeaux. Pour assurer une protection suffisante, l’électrification doit être optimale. Pour ce faire, les électrificateurs raccordés au réseau sont les plus sûrs. A défaut, une batterie peut convenir à condition d’être assez puissante. «On voit encore trop d’accumulateurs de 9 volts», a déploré Fabian Urbitsch. «C’est trop peu. Contre le loup il faut au moins une batterie de 12 volts.» Lors de l’achat d’un électrificateur, une longueur de clôture est indiquée. Il faut toutefois prendre en compte que cette distance correspond à la longueur totale des fils électrique. Un flexinet de 50 m à 8 fils correspond par exemple à 400 m de clôture. 

Sans une bonne mise à terre, aucun électrificateurs n’est capable d’infliger une décharge suffisante au loup. «Généralement, les mises à terre vendues avec les batteries ne suffisent malheureusement pas», regrette Andreas Schiess.  Lors de l’utilisation d’un électrificateur puissant, comme celui employé pour les moutons, il est recommandé d’installer deux à trois tiges d’un mètre de long, espacées de 2 à 3 m et reliées entre elles. L’humidité du sol joue naturellement un rôle important. Afin de garantir une électrification optimale, la tension mesurée directement sur la mise à terre ne doit pas dépasser 300 volts.  Si une mise à terre suffisante ne peut être garantie, par exemple sur un sol superficiel et sec, le recours à des filets  plus-minus, qui fonctionnent sans mise à terre, sont une bonne alternative. 

La couleur des clôtures a aussi son importance. Même si les filets orange dominent le marché, ces derniers sont difficilement perçus par les animaux. Raison pour laquelle, les spécialistes ne les recommandent pas. Les clôtures existantes peuvent aussi être renforcées visuellement par des banderoles de rubalise blanche et bleue.

A noter que les adaptations des clôtures pour la protection des troupeaux sont soutenues  par l’Office fédéral de l’environnement à raison de 70 ct./m de clôture pour le matériel et 30 ct./m pour le travail (si le pâturage se trouve en zone de montagne).

Eduquer les loups
«Dans les régions où une meute est présente, il est particulièrement important que tous les éleveurs mettent en place de bonnes clôtures», a insisté Andreas Schiess. «Une bonne décharge électrique agit comme une vaccination. Au contraire, les loups peuvent apprendre à attaquer des moutons en cas de protection insuffisante.

«Le matériel qu’on utilise a été conçu pour contenir des moutons, pas pour stopper des loups. Ces clôtures engendrent un surcroît de travail très important», a regretté un éleveur lors du cours de Vouvry. Le désarroi des producteurs y était perceptible. «On a dû dans l’ordre: mettre des clôtures, les électrifier, les rehausser à 1,05 m, les équiper de rubans et aujourd’hui, il faut augmenter la tension. Mais le loup s’adapte toujours!»
Vincent Gremaud, 22 novembre 2019
 
 
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TOUJOURS PLUS DE GRANDS PRÉDATEURS

Cette année, le nombre de meutes présentes sur le territoire helvétique a doublé, passant de quatre à huit. «C’est un développement tout à fait normal», a commenté Ralph Manz, du Kora, la fondation mandatée pour effectuer le suivi des populations des grands carnassiers en Suisse. «Entre la France, l’Italie et la Suisse, j’estime qu’il y a actuellement 130 à 140 meutes.»

«Durant les 24 derniers mois, des preuves génétiques de 62 loups ont été récoltées. Cette année, 25 louveteaux sont nés en Suisse, dont une dizaine ont pu être identifiés génétiquement», a indiqué le spécialiste.

Selon le Plan loup établi en 2016, un couple est considéré comme tel lorsqu’une femelle et un mâle restent ensemble durant au moins un an, chassant et se déplaçant l’un avec l’autre. «En ce moment, aucun couple ne remplit ces critères, mais nous pouvons attester qu’il y a actuellement trois nouveaux couples en Suisse», a poursuivi Ralph Manz.

Troisième phase atteinte
Le Plan loup prévoit que la colonisation du canidé se déroule en trois phases. La dernière d’entre elles se caractérisant par une expansion géographique et une augmentation de la population de 20 à 30% par an. Visiblement, cette troisième phase est désormais atteinte.
VG, 22 novembre 2019
 
 
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NOUVELLE INTÉGRATION DES CHIENS 

Avant d’être placés, les chiens de protection des troupeaux doivent passer une évaluation d’aptitude au travail. De leur côté, les exploitations qui désirent recevoir de tels chiens doivent elles aussi remplir des exigences et obtenir l’aval de leur Canton.

Malgré toutes ces précautions, des problèmes subsistent lors de certains placements. Forts de ce constat, les responsables suisses de la protection des troupeaux ont imaginé une nouvelle forme d’accompagnement des détenteurs de tels chiens par des conseillers spécialisés.

Au bénéfice d’une solide expérience dans l’élevage de chiens de protection des troupeaux et lui-même exploitant agricole, Moritz Pfister a mené un projet en ce sens cette année. Il en a tiré quelques enseignements: «Un soutien plus intensif des nouveaux détenteurs de chiens de protection des troupeaux et des personnes ayant eu des problèmes est généralement efficace». Moritz Pfister relève que l’intégration d’un chien durant l’estivage nécessite par exemple un accompagnement sur plusieurs jours par un conseiller. Les détenteurs expérimentés de la vieille école et les éleveurs de chiots peuvent aussi profiter du soutien d’un spécialiste.
 VG, 22 novembre 2019

SUR LE WEB
 
 
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LES BOVINS SONT AUSSI ATTAQUÉS

Les petits ruminants ne sont pas les seuls animaux de rente que peuvent attaquer les loups. Même s’ils sont beaucoup plus rarement visés, les bovins figurent aussi parfois au menu du grand prédateur. «Les statistiques font état d’une quinzaine de cas en Suisse depuis le retour du loup», précise Nicolas Bourquin, de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). «Tous ces cas ont été indemnisés, même si la présence du loup n’a pas tours été attestée par des preuves.» Le grand canidé n’est pas à l’origine de la mort de tous ces veaux. «La présence d’ADN de loup sur une carcasse prouve simplement que le loup en a mangé. Mais il peut aussi s’être servi sur une carcasse d’un animal déjà mort», indique Nicolas Bourquin.

Le Land du Brandenbourg abrite à lui seul la moitié des loups présents en Allemagne. Dans cette région qui entoure la capitale Berlin, 262 incidents ont été relevés avec de jeunes veaux. Une analyse de 130 de ces cas a montré que 87,7% des veaux touchés avait moins d’un moins et qu’une grande partie d’entre eux étaient même âgés de moins d’une semaine. Le vêlage est la période la plus critique. Il convient d’éviter qu’ils se passent au pâturage dans des endroits isolés. De même, les placentas attirent les prédateurs. Il faut donc les éliminer et ne pas se contenter de les poser sur le tas de fumier.
VG, 22 novembre 2019




 

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