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Poivrons

Le poivron indigène tente une percée


Troisième légume favori des Suisses, le poivron est essentiellement importé. Malgré un marché difficile, les Frères Stoll à Yverdon-les-Bains se sont lancés dans cette culture.

 

Des rouges, des jaunes et des verts. Chez les frères Stoll, maraîchers à Yverdon-les-Bains, les poivrons appor­tent des touches colorées dans les serres de cultures. Entre les courgettes, concom­bres et autres salades qui s’étendent sur 24 hectares de serres et de tunnels, les quel­ques lignes de poivrons ont pourtant dû mériter leur place au soleil.

Le marché du poivron est en effet particulier. Troisième légume le plus consommé en Suisse (36 590 tonnes en 2017) après les carottes et les tomates, il est essentiellement importé. La production indigène approche juste les 1000 tonnes pour une surface de culture inférieure à 20 hectares. Soit à peine 2,7% de la consommation.

 

Pas de protection à la frontière

La raison est à rechercher dans les conditions du marché: le poivron n’est pas protégé à la frontière. Il entre donc dans le pays sans taxes douanières. Seuls quelques autres légumes sont dans ce cas: les asperges, ainsi que des produits moins courants comme le cardon, diverses sortes de chicorée, de choux et l’oignon blanc. La production étrangère arrive donc sur les étals des magasins suisses à un prix difficile à concurrencer. La Hollande et les pays méditerranéens, notamment l’Espagne, dominent le marché.

 

Roland Stoll, directeur avec son frère de l’entreprise située aux portes de la ville, a quand même voulu tenter une percée en proposant une variante indigène. Depuis quatre ans, le plus grand maraîcher suisse teste en effet la culture du poivron. «Nous avions d’une part envie d’offrir au consommateur autre chose que de la tomate, de l’aubergine et du concombre. Le poivron est un légume apprécié, nous souhaitions le proposer malgré les difficultés. D’autant que le consommateur est prêt à met­tre la différence de prix pour du poivron suisse», explique-t-il. Le maraîcher a dé­buté les essais en 2014 sur une petite surface. Les essais donnant satisfaction, celle-ci a été progressivement augmentée. «Nous nous en tenons au poivron carré: du rouge surtout, du jaune et un peu de vert, selon les préférences des consommateurs. Les essais que nous avons faits avec de petits poivrons pour le snacking ou des poivrons palermo, plus allongés, n’ont par contre pas été concluants.»

 

Simplification maximale

Pour tenir la concurrence et réduire les coûts, les frères Stoll simplifient la culture au maximum. Le poivron mûrit sous serre afin de limiter les coûts fixes. Il est cultivé seu­lement d’avril à septembre, lorsque les conditions climatiques sont favorables. Les besoins en chauffage sont limités grâce aux serres à double écran thermiques. Un film plastique noir permet d’éviter la prolifération des mauvaises herbes et de maintenir l’humidité apportée par le système de goutte-à-goutte. Chaque pied ne porte qu’une seule tige, accrochée au plafond par un fil. La production atteint un peu plus de trois kilos le mètre carré. «Certains optent pour la culture longue en hors-sol, ils peuvent récolter de février à septembre. Les meilleurs atteignent 30 kilos par mètre carré, mais la culture est beaucoup plus onéreuse», explique Roland Stoll. La culture en plein champ n’est pas envisageable pour le Vaudois: «La récolte ne pourrait se faire que de fin juillet à mi-août avec une qualité moindre qu’en serre. Ce ne serait pas rentable», justifie-t-il.

 

La culture est assez compliquée en ce qui concerne la lutte antiparasitaire. Le légume attire en effet la mouche blan­che, les pucerons, les araignées et les thrips. «Ce sont un peu les mêmes problèmes que pour l’aubergine. Mais nous parvenons relativement bien à maîtriser les parasites avec la lutte intégrée, par exemple avec la mini-guêpe contre la mouche blanche. Les bonnes années, aucun traitement n’est nécessaire», explique le maraîcher.

 

Label régional

L’an passé, les 85 tonnes produites par l’entreprise ont été vendues 2,80 francs en moyenne le kilo. «C’est peu, il faudrait au moins 3,30 à 3,50 francs pour couvrir les frais de production», estime Roland Stoll. Le poivron importé s’est vendu entre 2,70 et 3 francs le kilo.

 

Commercialisé sur les marchés et auprès de primeurs, il trouve également sa place dans la grande distribution, sous label régional. «Les grands commerces jouent bien le jeu. Cette année, le poivron étranger est relativement cher, ce qui est plutôt un avantage pour nous», relève Roland Stoll.

 

Les frères Stoll ne sont d’ailleurs pas les seuls à miser sur le poivron suisse. Il y a quel­que temps, l’entreprise Migros annonçait un projet de culture de poivrons sous serre dans le Chablais valaisan. Le projet n’est toutefois pas encore concret. «Il y a du retard lié aux autorisations de cons­truction. Mais Migros a toujours de l’intérêt pour cette culture qui est attractive, le poivron étant très consommé en été», explique Tristan Cerf, porte-parole de la Migros.

 

La Fédération vaudoise des producteurs de légumes recense une dizaine de producteurs en Suisse romande.

Elise Frioud, le 22 juin 2018

 

 

 

 

 


 

 

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