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Les chercheurs continuent d’étudier des alternatives à l’épointage du bec


En 2017, la branche a choisi de ne plus épointer les becs des pondeuses. Depuis, la gestion des cheptels, s’avère parfois assez compliquée. Pour limiter les picages et le cannibalisme, il convient d’occuper les poules.


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La solution miracle qui permet de lutter efficacement contre le picage et le cannibalisme dans tous les poulaillers de pondeuses n’a pas encore été trouvée. Aviforum, le centre de compétences de l’aviculture suisse dans les domaines de la formation, de la recherche appliquée et des prestations, poursuit ses investigations, lancées en 2015.
 
Renoncement volontaire à l’épointage
Un premier essai avait démontré que l’abandon de l’épointage du bec des pondeuses pouvait induire des pertes importantes dues au cannibalisme. Depuis 2017, sous la pression des principaux distributeurs, la branche a décidé d’aller plus loin que la législation en vigueur et de renoncer à l’épointage du bec. «Cela consistait à enlever, sur une plaque chauffée à près de 400°C, le diamant sur le bec des poussins le premier jour de leur vie», explique Ruedi Zweifel, directeur d’Aviforum. «Il s’agit juste de la pointe tranchante (environ un demi-millimètre) qui permet au poussin de percer la coquille de son œuf.» Le chercheur précise qu’après cette opération les poules se développaient tout à fait normalement et pouvait toujours fermer leur bec.
 
L’épointage n’a donc rien à voir avec le débecquage, une pratique qui avait cours en Union européenne (UE) jusqu’en 2016, mais interdite en Suisse depuis 1991. «Le débecquage consiste en une amputation réalisée au laser ou par contact avec une plaque chaude, d’une partie du bec, juste avant les narines.»

Des races plus voraces
Les hybrides bruns sont davantage prédisposés au picage et au cannibalisme. «Avec les blanches, les éleveurs sont capables de maintenir un bon équilibre, indique Ruedi Zweifel. Par contre, dans certains troupeaux de brunes, nous rencontrons encore des problèmes.»
 
Dès lors, ne faudrait-il pas simplement se tourner vers des hybrides blancs, dont les individus sont moins enclins à attaquer leurs congénères? «Le problème, c’est qu’une certaine clientèle exige des œufs roux. Cette demande particulière représente tout de même 30% du marché. Il faut donc produire ces œufs roux.»

Poule qui s’ennuie, poule qui pique
Les études d’Aviforum ont mis au jour différents paramètres qui peuvent influencer le comportement. «Mais c’est avant tout sur l’occupation qu’il faut agir», insiste Ruedi Zweifel. «Dans la nature, les gallinacés picorent et cherchent de la nourriture quasiment sans arrêt durant la journée, soit jusqu’à seize heures par jour.» Les six à sept distributions quotidiennes d’aliment ne suffisent pas à les occuper. Au cours d’un des essais d’Aviforum, la distribution d’ensilage d’herbe a permis de retarder l’apparition de picage, sans pour autant l’empêcher complètement.

Au fil du temps, les poules se sont peu à peu désintéressées de l’ensilage. Cela montre qu’il faut changer régulièrement le matériau d’occupation pour que ce dernier reste attractif pour les poules et que l’effet préventif persiste. «Une fois que l’on a commencé à mettre en place des mesures d’occupation, il est important de ne pas s’arrêter et de continuer», relève Ruedi Zweifel.

Pour prévenir le picage des plumes et le cannibalisme, il est aussi essentiel que les poules aient un apport en protéines qui réponde à leurs besoins. Une carence en certains acides aminés, comme la méthionine, peut favoriser les comportements cannibales.
 
Dans le poulailler d’essai, les pertes dues au cannibalisme se sont révélées supérieures du côté ou l’intensité lumineuse était la plus forte. Une lumière forte provoque un comportement plus actif et donc, des picages accrus. En réaction à une violente flambée de cannibalisme, les chercheurs ont diminué l’intensité de la lumière à 5 lux. Le cannibalisme a alors diminué.
 
En cas de picage, réagir rapidement
Outre les pertes dues au cannibalisme, le renoncement à l’épointage engendre également une augmentation du temps de travail. Des charges supplémentaires que doivent supporter les aviculteurs suisses pour satisfaire aux exigences de Migros et de Coop, sans réaliser de plus-value lors de la vente.

Pour limiter les dégâts, il est très important de bien observer ses pondeuses et de réagir promptement si des problèmes de comportement sont constatés. En effet, les poules agissant par mimétisme, le cannibalisme prend rapidement de l’ampleur. Les dommages au plumage qui commencent à la base de la queue et sur le dos, de même que la présence de plumes dans la litière, sont des signaux d’alarme importants. «Il faut tout de suite mettre en place des mesures pour occuper les poules et diminuer l’intensité lumineuse», relève Ruedi Zweifel.

Outre l’intensité de la lumière, la qualité de cette dernière pourrait également jouer un rôle. C’est en tout cas le sujet des essais menés actuellement à Aviforum. Pour les résultats, il faudra encore attendre un peu.
Vincent Gremaud, 18 octobre 2018
 
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REPERES

Prévenir le picage en occupant les poules
• Il faut garantir un accès permanent à une litière meuble et bien malléable tant dans la halle que dans le jardin d’hiver. Des bains de sable séparés constituent une attraction supplémentaire.
• Un matériau d’occupation doit être disponible en permanence. Plusieurs solutions existent: de la paille longue, des bottes de paille, des râteliers ou des filets remplis de foin ou d’ensilage d’herbes, des blocs à picorer, etc.
• En cas de problèmes de picage ou de cannibalisme, mettre à disposition du matériau d’occupation supplémentaire. Il est possible, par exemple, de disposer de l’ensilage de maïs ou des grains dans la litière, des betteraves ou des sacs en papier. Il convient de changer sporadiquement le type de matériaux, car ce qui est nouveau est intéressant.
• En cas de distribution de particules (de nourriture) dans la litière, il faut donner au maximum 5 g par animal et par jour de blé ou de maïs concassé et seulement à partir de l’après-midi pour garantir une ingestion suffisante de protéines et de sels minéraux au travers de l’aliment de ponte. Il est aussi possible de mettre des coquilles de moules ou d’huîtres à disposition des poules dès l’âge de 40 semaines environ (apport de calcium). Enfin du grit de quartz (cailloux de gésier) peut être distribué avec de la paille ou de l’ensilage d’herbe.
VG
Source: Aviculture Suisse, édition 11/16.

 

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