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Le compost: un amendement et fertilisant organique intéressant


Le compost est un des moyens pour maintenir ou élever le taux de matière organique. Il doit être suffisamment mûr et bien mis en valeur pour avoir des effets optimaux.


Compost


Le maintien de la matière organique des sols est un thème de plus en plus actuel. Dans certains cantons comme Berne, Jura ou Soleure, l’humus fait l’objet de projets de protection des ressources. Au niveau national, on peut facilement imaginer que cette thématique deviendra un élément clé des futures politiques agricoles et environnementales.


Sur l’exploitation agricole, la matière organique joue un rôle central dans la fertilité des sols. Le compost est l’un des moyens pour parvenir à maintenir ou élever un taux de matière organique. Amendement mais également fournisseur d’éléments nutritifs, il doit être pris en compte dans le bilan de fumure en tant qu’engrais organique. Mais comment le mettre en valeur au mieux pour obtenir les résultats escomptés? Quels sont éventuellement les problèmes liés à son utilisation?


Connaître avantages et inconvénients

L’un des principaux avantages du compost est son apport en matière organique. Cette matière organique sera progressivement minéralisée puis humifiée pour obtenir un humus stable. Ces composés organiques stabilisés seront ensuite transformés lentement par les micro-organismes et des éléments nutritifs seront mis à disposition des plantes. L’humus joue également un grand rôle dans la stabilisation de la structure du sol puisqu’en se liant aux particules d’argile, il va former le complexe argilo-humique. Ces agrégats améliorent la stabilité du sol et diminuent de ce fait les phénomènes d’érosion et de battance. Un bon taux de matière organique permettra également au sol de mieux résister aux périodes de sécheresse car sa rétention en eau sera améliorée.


Une quantité de 12t/ha de compost fournit 812kg/ha d’humus. Ceci peut permettre à la parcelle de maintenir un bilan humique positif ou du moins équilibré.En ce qui concerne les éléments nutritifs, le compost fournit peu d’azote directement disponible l’année de l’épandage. Il représente toutefois un bon engrais de fond P/K/Mg. C’est aussi un produit qui permet de lutter contre l’acidification du sol car il possède une valeur neutralisante intéressante.


Comme inconvénient principal, nous pouvons citer le blocage de l’azote dans le sol suite à un apport de compost qui ne serait pas assez mûr ou trop riche en bois grossier. Ce phénomène de blocage est augmenté au printemps lorsque le sol est encore froid et que la minéralisation est ralentie. Pour éviter un blocage de l’azote, le rapport carbone/azote (C/N) doit être équilibré: il faut suffisamment d’azote dans le compost pour que la matière organique se décompose normalement. Si ce n’est pas le cas, de l’azote devra être puisé dans le sol, auquel cas il y a un risque de carence pour la culture en place ou qui suivra. Un apport d’engrais du commerce azoté (ou engrais de ferme liquide) à hauteur de 30kg N/ha peut permettre de limiter les effets de ce blocage. Un compost trop jeune peut également favoriser certaines maladies comme la gale poudreuse de la pomme de terre. L’aspect sanitaire n’est pas à négliger. A contrario, un compost bien mûr pourrait permettre la réduction de certaines maladies fongiques car il favorise les champignons concurrents aux champignons pathogènes.


Des aspects qualitatifs primordiaux

Une grande partie du succès se joue sur les aspects qualitatifs du compost: composition équilibrée et maturité suffisante sont les points clés. L’utilisateur de compost doit bien se renseigner sur la composition et les teneurs du compost qu’il désire épandre sur ses parcelles. D’une compostière à l’autre, les qualités et types de compost peuvent fortement varier. Une possibilité est également l’utilisation de compost de fumier. Celui-ci, transformé sur l’exploitation ou repris chez un voisin, représente un engrais de ferme de qualité car il possède les caractéristiques nutritives d’un fumier standard tout en étant beaucoup plus rapidement dégradé. Il s’utilise aussi bien sur les cultures que sur les herbages (beaucoup plus fin qu’un fumier au tas).


Mise en valeur optimale

La mise en valeur du compost (moment d’apport, quantité épandue) est aussi importante que le produit lui-même. Il s’agit de choisir les cultures qui valoriseront le mieux ce produit, de l’appliquer au bon moment et en quantité raisonnée.

 

En général, le compost est épandu à la fin de l’été ou en automne sur la culture intercalaire. Des apports au printemps sont également possibles (par exemple avant maïs) mais la minéralisation se fera plus lentement. Un apport d’engrais azoté complémentaire est recommandé. Il faut noter que les cultures sarclées valorisent aussi bien le compost.

 

Les quantités préconisées par les fiches techniques Agridea sont les suivantes: 30m3/ha avant le semis des cultures d’automne ou sur les cultures intercalaires, 30-50m3/ha avant le semis des cultures de printemps si le compost est suffisamment mûr, 20-30m3/ha avant le semis des prairies temporaires, 10-15m3/ha en fin d’utilisation sur les herbages.

Lorraine Sutter, Grangeneuve, 17 mai 2019


 

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