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La grippe aviaire qui sévit au nord de l’Europe doit inciter à la vigilance


Avec l’arrivée prochaine des oiseaux migrateurs en provenance de régions où le virus est très actif, les aviculteurs sont priés de rester attentifs et de respecter les mesures d’hygiène et de biosécurité.


poule


En France, les cas se succèdent les uns aux autres. Le 14 septembre 2022, la préfecture de la Somme, dans la région Hauts-de-France, annonçait un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (HPAI) nécessitant l’abattage de 27 000 dindes. Le 19 septembre, un autre cas de grippe aviaire était confirmé dans une exploitation avicole d’Indre-et-Loire, où 36 000 volailles ont dû être euthanasiées. Enfin, le 20 septembre, dans le Maine-et-Loire, un nouveau foyer a été détecté et 7500 volailles seront abattues.

«Au 19 septembre 2022, on compte 12 foyers de HPAI en élevage et 7 en basses-cours», précise le site internet du Ministère français de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, qui rend régulièrement compte de l’évolution de la situation.

Les oiseaux marins comme réservoir
Après avoir été durement touchés par la grippe aviaire durant l’automne et l’hiver 2021-2022, les aviculteurs français bénéficiaient d’une amélioration de la situation, avec le retour du printemps. Au début du mois de mai, le niveau de risque avait été rétrogradé au rang de «négligeable». Si le nombre d’exploitations avicoles touchées a baissé durant l’été, le virus est resté très actif dans la faune sauvage en particulier dans les zones côtières.

Toute l’Europe du Nord constate un nombre de cas anormalement élevé pour la saison parmi les oiseaux sauvages. Outre la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark et la Pologne sont notamment concernés. L’Agence sanitaire des animaux et des végétaux du Royaume-Uni a récemment confirmé que les populations d’oiseaux de mer ont fait office de réservoir pour la transmission de la grippe aviaire hautement pathogène durant l’été 2022.

Evolution suivie de près en Suisse également
«La situation est exceptionnelle de par son ampleur et la période où les détections ont cours», estime le Ministère français de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire. Bien que le niveau de risque soit actuellement encore maintenu en France au niveau négligeable, la présence du virus dans l’environnement reste élevée dans les régions où sont observées les mortalités d’oiseaux sauvages. Dans ces conditions, une contamination des élevages de volailles peut survenir à la faveur de mouvements de populations d’oiseaux sauvages.

«Pour l’heure, aucun cas de HPAI géographiquement proche de la Suisse n’a été découvert», indique l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) dans son bulletin radar d’août 2022 paru début septembre.

Invité à réagir à l’apparition récente de nouveaux foyers dans des exploitations avicoles éloignées des zones côtières en France, l’OSAV affirme, par la voix de sa porte-parole Doris Schneeberger, «suivre attentivement la progression de la maladie en Europe».

L’évolution de la situation en Suisse demeure difficile à prédire. «Vu que l’influenza aviaire est restée active dans le nord de l’Europe durant l’été on peut s’attendre à un troisième hiver consécutif avec de nombreux cas de HPAI parmi les oiseaux sauvages», indique Doris Schneeberger, qui émet quelques craintes face à l’arrivée prochaine des oiseaux d’eau hivernant sur nos lacs. «L’impact pour les aviculteurs suisses dépendra principalement de la contamination, ou non, de ces oiseaux.»

Précautions à prendre
Tant qu’il n’y a pas de cas de HPAI détecté en Suisse ou à proximité immédiate des frontières, aucune mesure n’est imposée aux détenteurs de volailles. Ces derniers sont tout de même priés de respecter les mesures d’hygiène et de biosécurité de base. «Il s’agit avant tout d’empêcher le contact entre la volaille domestique et les oiseaux sauvages», rappelle Doris Schneeberger. Les ansériformes (canards, oies, etc.) ainsi que les struthioniformes (autruches, émeus, etc.) doivent être détenus séparément des autres volailles domestiques. Il convient également de rendre inaccessible aux oiseaux sauvages les mangeoires, abreuvoirs et bassins d’eau.

La grippe aviaire étant une épizootie hautement contagieuse soumise à déclaration obligatoire (lire ci-dessous), les aviculteurs sont tenus d’annoncer tout cas suspect. Il faut donc informer le vétérinaire de l’exploitation ou le service vétérinaire cantonal en cas d’apparition des symptômes suivants: soudaine apathie, plumage terne et hirsute, absence d’appétit ou difficultés respiratoires.
Vincent Gremaud, 23 septembre 2022.

SUR LE WEB
 
 

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LA FILIÈRE DU CANARD EST FORTEMENT TOUCHÉE

Depuis l’automne dernier, la France subit son quatrième épisode de grippe aviaire depuis 2017. Ces douze derniers moins, quelque 20 millions de volailles ont dû être abattues, ce qui fait de cette présente épidémie la plus meurtrière que l’Hexagone ait connue.

Si son marché est sans commune mesure avec celui des autres volailles, produites et consommées partout dans le monde, la filière du canard français fournit l’ensemble de l’Europe. Cette année, les détenteurs de canards français vivent un véritable traumatisme. La production de foie gras a été considérablement touchée par la dernière vague épidémique de grippe aviaire. La maladie semble devenir de plus en plus virulente dans les élevages de canards et les producteurs se retrouvent en difficulté.

Deux vaccins en cours d’expérimentation
Un temps efficaces, les mesures sanitaires comme l’abattage, les désinfections ou encore le confinement des animaux ont montré leurs limites devant l’ampleur des contaminations.

Si certains vaccins existent pour les volailles comme les poules pondeuses, les poulets de chair ou les dindes, rien de tel pour les palmipèdes. Il faut préciser que cette maladie est relativement nouvelle pour les canards.

Le Ministère français de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire a donc donné le coup d’envoi des essais thérapeutiques pour deux vaccins: l’un français et l’autre allemand. Ils ont été administrés cet été dans deux élevages de canards du Sud-Ouest, l’un dans les Landes et l’autre dans le Gers.

Dans les troupeaux vaccinés de l’essai, quelques oiseaux ont été exposés au virus. Le vaccin doit protéger l’animal, mais surtout réduire la circulation du virus. Un virus ultra-contagieux qui se transmet aussi bien par contact direct que par contact indirect via des matières contaminées comme l’eau, la nourriture, les outils d’élevage, etc.

La moindre infection peut ainsi ravager un élevage très rapidement et engendrer une mortalité importante. Il s’agit, avec ce vaccin, de créer une immunité collective.

Les premiers résultats sont attendus prochainement. S’ils s’avèrent concluants, les procédures d’autorisation de mise sur le marché vont se poursuivre et une campagne de vaccination serait envisageable pour l’hiver 2023-2024.

D’un point de vue commercial, une généralisation de la vaccination pourrait engendrer des pertes à l’export. En effet, certains pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou l’Arabie saoudite, refusent de se fournir en volailles dans les pays pratiquant la vaccination, de peur d’importer le virus sur leur territoire. Comme le chiffre d’affaires à l’export de la filière française approche annuellement les 32 millions d’euros (30,56 millions de francs), les enjeux sont considérables.

Ailleurs en Europe, de nombreux tests de vaccination ont également lieu en ce moment sur d’autres types de volailles, par exemple aux Pays-Bas et en Italie sur les poules pondeuses et les dindes.
VG, 23 septembre 2022.
 
 

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UN VIRUS AUX MULTIPLES FACETTES

La grippe aviaire, appelée aussi peste aviaire, est une maladie causée par un virus de type influenza qui infecte principalement les oiseaux sauvages et domestiques. L’influenza aviaire est très contagieuse et affecte essentiellement les voies respiratoires, comme tous les virus de la grippe.

Il existe différentes souches du virus de la grippe aviaire, qui sont déterminées en fonction des protéines présentes à la surface du virus. Les hémagglutinine (H) permettent au virus de se fixer sur des cellules cibles en se liant à des récepteurs spécifiques. Les neuraminidase (N) sont, quant à elles, des enzymes qui coupent les liaisons entre les récepteurs du virus portés par la cellule et la membrane cellulaire.

Il existe exactement 144 com­binaisons possibles des différents types de ces deux protéines de surface. Le virus qui sévit actuellement au nord de l’Europe est le H5N1.

Transmission possible à l’homme
Le risque de transmission aux êtres humains est faible, mais pas nul. La contamination se fait par voie respiratoire et non par la consommation de volaille ou d’œufs. «Les personnes vivant au contact étroit de volailles malades, comme c’est par exemple le cas dans de nombreuses régions d’Asie ou en Afrique du Nord, peuvent être touchées par le virus de la grippe aviaire», précise le site de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). «Les premiers symptômes apparaissent le plus souvent entre deux et 14 jours après la contamination et se manifestent par des troubles sévères semblables à ceux de la grippe.»
VG, 23 septembre 2022.

 

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