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Le bien-être animal et l’écologie au cœur de la production avicole


Dans le canton de Vaud, les familles Baudraz et Auberson se sont tournées vers la production avicole. En association, elles gèrent notamment deux importantes halles de production d’œufs.


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Les terres de la famille Baudraz, à Agiez, dans le Jura-Nord vaudois, accordent une place particulière à la filière avicole. Le grand-père, Michel, puis sa petite-fille, Romaine, se chargent d’une entité indépendante de coquelets d’engraissement. Quant à Frédéric, le fils, il a développé une autre branche de l’aviculture: un atelier de 36 000 poules pondeuses élevées dans le cadre d’une communauté d’exploitations. Tant sur le plan administratif que sur le plan de la gestion, cette dernière structure implique un exercice particulier. La recherche d’optimisation, le souci du bien-être animal et des considérations écologiques sont au cœur de cette dynamique entrepreneuriale.

En 2000, Frédéric Baudraz reprend les rênes de l’exploitation mixte. Deux mille poules pondeuses occupent alors l’ancienne écurie de la ferme des Grands Prés. En 2007, le paysan décide d’investir dans ce segment de l’agriculture. Un poulailler pour 18 000 poules pondeuses est construit en dehors du centre du bourg. «Au lieu de procéder à l’agrandissement du troupeau par paliers, il y avait une opportunité à saisir. Avec un acheteur à la clé, la création d’une installation ayant le maximum de capacité autorisée permettait d’assurer la viabilité de l’investissement», explique Frédéric Baudraz.
 
Conformément au cahier des charges «plein air», une infrastructure équipée de jardins d’hiver ainsi que de pâturages voit le jour. «Afin de maximiser le parcours et l’espace extérieur dédiés aux animaux, le bâtiment a un emplacement central. De deux côtés, les pondeuses ont accès à une aire enherbée. Les volailles ont davantage de mètres carrés utilisables pour se dégourdir les jambes.» En 2013, le passionné d’aviculture analyse les possibilités de développer une unité d’élevage de poulettes. Toutefois, sur demande de son acheteur, une autre option est privilégiée: l’implémentation d’un deuxième poulailler de ponte.

Une association avantageuse
Pour concrétiser cette étape, des obstacles administratifs sont à franchir. Afin de respecter la capacité maximale autorisée, Frédéric Baudraz s’associe avec deux collègues de Chavornay, Yves et Pierre-Alain Auberson. Ce développement offre plusieurs avantages. D’abord, les frais d’aménagement d’un second poulailler sur un site déjà équipé sont moins élevés. Cet allégement des charges financières permet d’investir dans des installations plus performantes. Puis, pour la deuxième construction, l’expérience acquise s’avère être un atout. Ici et là, des détails de l’organisation intérieure sont modifiés. L’optimisation des gestes de ramassage des œufs et de l’entretien aboutit à une économie de temps et à un espace encore plus adapté aux bêtes.
 
Du point de vue logistique, le mode opératoire demeure. Les responsables de l’atelier et leur personnel se chargent de la préparation et du chargement de la production vers la centrale de l’acheteur à Kloten près de Zurich. Ils s’attellent au nettoyage et au premier tri et calibrage. Les œufs cassés sont mis au rebut. Les œufs fêlés mais propres partent pour la transformation en ovoproduits. Finalement, ceux qui ne sont pas conformes aux différents calibres exigés, sont vendus en direct ou destinés à la transformation. Il s’agit de près de 4% de la production. Plus ou moins 96% des œufs sont acheminés sur des plateaux de 30 pièces en Suisse alémanique. Une fois sur place, un deuxième tri est fait. Différentes machines veillent entre autres sur la qualité de la coquille. Les œufs fêlés ou non conformes partent en casserie. Ceux destinés au marché de consommation sont emballés en carton de 6 ou 12 unités et dispatchés vers les points de vente.

Afin de conjuguer productivité et chaîne logistique courte et écoresponsable, une nouvelle étape est à l’étude. Les innovations se profilent à deux niveaux. Côté alimentation, les trois associés souhaitent s’approvisionner localement. «Un investissement dans un moulin permettra de nourrir le cheptel avec un aliment frais composé pour l’essentiel de céréales et de maïs de la région. Les vitamines et minéraux, ainsi que les protéines, resteront fournis par des entreprises spécialisées.» Côté distribution, une réorganisation est considérée. Au lieu de procéder à un tri et calibrage en Suisse romande puis à un deuxième en Suisse alémanique, les associés explorent la possibilité de supprimer le transport vers Kloten et de centraliser les opérations dans le Nord vaudois. Ainsi, pour l’acheteur, les charges et les coûts de transport seront allégés. Pour les producteurs, la valeur ajoutée sera plus élevée. La marchandise serait immédiatement triée, conditionnée et dispatchée vers les points de vente et vers les transformateurs. «Le projet reste à l’étude. Il s’appuie sur une volonté de combiner une agriculture viable et une agriculture écoresponsable. La chaîne de distribution est alors raccourcie. Cela a un impact favorable sur le bilan énergétique et plus spécifiquement sur l’énergie grise de nos œufs.»

D’étape en étape, les associés pilotent leurs fermes avicoles. «L’expression on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs relate notre métier. Avec un risque calculé et les yeux rivés sur l’optimisation et la qualité, nos exploitations évoluent en tenant compte du rythme général de la filière», conclut Frédéric Baudraz.
Iphigeneia Debruyne, le 12 juin 2020.
 
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Des œufs et un élevage de coquelets
 
 
A quelques minutes des deux poulaillers de ponte modernes se situe un bâtiment des années 1960. Celui-ci accueille entre 8000 et 9000 coquelets. En 2001, les parents de Frédéric Baudraz, alors jeunes retraités, deviennent locataires de ce poulailler. Aujourd’hui leur petite-fille, Romaine Vannod, en est l’exploitante. «C’est en attendant de prendre la place de mon papa et de lui laisser les coquelets», plaisante-t-elle. Familiers de ces deux filières avicoles, ils ont une vision d’ensemble. 
 
Ils comparent les deux branches. «Le travail est hautement différent à plusieurs niveaux. Le cycle court des poulets d’engraissement augmente le nombre de fois que les lieux sont vidés, nettoyés et désinfectés. Or, outre la mise en place, le chargement et le nettoyage, le travail de l’agriculteur se limite grosso modo à la surveillance au quotidien. L’engraissement est plus standardisé. L’acheteur livre les poussins ainsi que l’alimentation. La surveillance s’appuie donc sur des paramètres bien précis», affirme Romaine. La volaille de chair est acheminée par l’acheteur vers l’abattoir. Il n’y a pas de vente directe. Avec des cycles longs de 12 voire 14 mois, les hangars qui abritent des pondeuses suivent un autre rythme mais aussi un autre mode de gestion. D’abord, la filière est moins standardisée. Cela implique une charge de travail plus importante. En ce qui concerne l’achat des poussins et de l’alimentation, il y a le choix de négocier avec différents fournisseurs. Puis, il y a l’organisation du travail journalier, de la collecte et du tri des œufs. Ensuite, l’acheminement vers l’acheteur. Et finalement la vente en direct des œufs non conformes aux différents calibres. Quant au rapport avec l’acheteur, il est étroit dans les deux cas de figure.

«Au quotidien, la gestion d’un poulailler de ponte est nettement plus chronophage que celle d’un cheptel d’engraissement. La comparaison avec une exploitation laitière et une exploitation avec des bovins d’engraissement tient la route», conclut-elle.
ID, le 12 juin 2020. 



 

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