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La lutte contre le feu bactérien peut se faire sans recourir aux antibiotiques


En 2017 sur le domaine de Breitenhof (ZH), des chercheurs d’Agroscope ont mis en évidence l’efficacité de produits phytosanitaires alternatifs dans un essai de lutte contre le feu bactérien.


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«Vingt-quatre plantes suspectes inspectées, mais pas la moindre infection!», se réjouit Jean-Michel Bolay, responsable de la Police phytosanitaire cantonale au Service de l’agriculture et de la viticulture vaudoise, à Marcelin. Ainsi, après la découverte d’un foyer en 2015, idem en 2016, l’année arboricole vaudoise 2017 s’est avérée indemne de bactériose brûlante. Ce qui n’est pas le cas de la Suisse centrale et orientale où plus d’une septantaine de communes sont touchées par la dangereuse pathologie faisant l’objet d’une réglementation par ordonnance fédérale. Il y a une volonté de sortir du choix entre arrachages ou applications d’antibiotiques – volonté affichée par le projet intégré d’Agroscope «Ensemble contre le feu bactérien» qui vise à développer de nouvelles connaissan­ces pour la lutte directe et indirecte.

Cinq produits testés
Six blocs de six arbres (1 témoin + 5 procédés), dans une parcelle totalement recouverte d’un filet – biosécurité oblige! – composaient le gabarit d’essais. Au milieu de cha­que bloc, un arbre inoculé le 30 mai 2017 par la bactérie Erwinia amylovora, l’agent du feu bactérien, s’offrait comme source d’infection. La propagation était garantie par les bourdons lâchés sous les filets.

Le premier bloc a été traité les 31 mai, 2 juin et 5 juin avec du LMA, un produit qui con­tient 80% sulfate d’aluminum et de potassium, homologué temporairement jusqu’au 30 septembre 2018.

Même dates d’applications pour les deux procédés Antinfek, avec des concentrations de 2,5% et de 5% d’Antinfek 30PP. Pas autorisé comme produit phytosanitaire en Suisse, ce produit est «un désinfectant entièrement organique et sans effet secondaire pour l’être humain, les animaux et l’environnement», si l’on en croit les indications figurant sur le site internet de son fabricant, Biotech Sénégal. «Il assure une longue et efficace protection partout où un environnement libre de tout micro-organisme est nécessaire…»

La quatrième variante utilise le produit Blossom Protect, fabriqué par Sangosse (France). Il contient la levure Aurobaesidium pullulans qui empêche, par antagonisme, le développement de la bactérie pathogène dans la fleur.

C’est également une levure qui a été utilisée pour contrer le feu bactérien dans le 5e bloc: Metschnikowia pulcherrima. Ces deux derniers agents ont été pulvérisés les 2 et 5 juin.

La pression d’infection de 42% des fleurs dans le témoin non traité a permis de bonnes comparaisons. Avec 79% d’efficacité, l’Antinfek à la concentration de 5% a obtenu le meilleur résultat, suivi par ce même produit à 2,5% avec 62% d’effet. Cela confirme les conclusions d’essais effectués l’année précédente.

Blossom Protect et LMA se tiennent au coude à coude avec de bons résultats avec 62% d’efficacité pour le premier et 58% pour le second.

Avec 2% d’action, la levure antagoniste Metschnikowia n’a pas tenu ses promesses. La formulation peu stable établie de manière provisoire par les chercheurs, est sans doute en cause. Les spécialistes se félicitent des degrés d’efficacité des produits et recommandent des intervalles de traitements serrés, garants du succès de la stratégie des produits alternatifs.

Des variétés inégales
La liste de la sensibilité au feu bactérien des variétés de pommes et de poires vient d’être remise à jour. Dans les pommes tolérantes, on trouve Bohnapfel, Boskoop, Dalinette, Empire, Enterprise, Florina, Pomme cloche, Heimenhofer, Reinette du Canada. Les plus sensibles sont: Berlepsch, Rose de Berne, Blauacher Wädenswil, Braeburn (et mutants), Franc Roseau, Fuji (et mutants), Gala (et mutants), etc.

Chez les poiriers, les variétés recommandées se nomment Bayerische Weinbirne, Harrow Sweet, Schweizer Wasserbirne, Wahlsche Schnapsbirne, Wilde Eierbirne.

Les variétés considérées comme risquées sont Comice, Concorde, Conférence, Egnacher Mostbirne, Précoce de Trevoux, Gelbmöstler, Grünmöstler, Louise Bonne, Beurré Bosc, etc.
Bernard Messerli, 4 mai 2018
 
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Infos utiles

Agroscope a publié les résultats de son dans la Revue suisse de viticulture, arboriculture, horticulture, vol 50 (2), 2018.

 
 
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UN PROGRAMME POUR ANTICIPER LA MALADIE

La prédiction des infections par le feu bactérien est calculée directement par le programme Maryblyt à partir des données météorologiques d’Agrométéo. Pour qu’une infection des inflorescences se produise, il faut que les quatre conditions suivan­tes soient réunies le mê­me jour:
–    fleurs ouvertes et intactes (présence des pistils et des étamines);
–    somme des heures où la température >18,3°C à partir de l’ouverture des fleurs dépasse 110 heures;
–    période humide (le jour même, pluie ou rosée >0,25 mm ou, le jour précédent, pluie >2,5 mm);
–    température moyenne journalière >15,6°C.
BM, 4 mai 2018

 

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