Menu
 

La semence issue du programme de sélection suisse plaît à l’étranger


La génétique porcine suisse s’exporte toujours plus. Les critères de sélection appliqués par Suisag depuis des années répondent également aux attentes des éleveurs étrangers.


ag27 dossier verrat


Ce printemps, Suisag a annoncé avoir exporté pour la première fois des doses de semence fraîche de verrats au Kenya et avoir signé un contrat de collaboration avec l’association d’élevage belge VPF. Basée à Sempach, l’entreprise lucernoise récolte au-jourd’hui les fruits du programme de sélection suivi depuis des décennies. «Il y a dix ans, nous n’exportions aucune dose», ex-plique Luther Henning, responsable des programmes d’élevage de Suisag. «Aujourd’hui, ce sont près de 25 000 doses de semence de verrats d’origine suisse qui sont commercialisées chaque année.»

Sur trois continents
La génétique suisse est commercialisée en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Autriche, en Russie, au Kazakhstan, mais aussi au Brésil et maintenant au Kenya. «Pour l’heure nous n’avons procédé qu’à une seule livraison sur le con-tinent africain», précise Luther Henning. «Tous les deux ans environ, nous exportons des doses congelées à destination du Brésil.» Le partenaire de Suisag en Amérique du Sud, TopGen, y insémine un cheptel nucléus de 75 truies Grand Porc Blanc (GPB) et 75 truies Landrace (LR). Les verrats ainsi obtenus servent à la production de semence et les truies de race pure intègrent des trou-peaux de multiplication. TopGen parvient à commercialiser annuellement pas moins de 12 000 truies F1 de génétique suisse.

La congélation du sperme de porc est beaucoup plus délicate que celle des bovins. Le taux de réussite est immanquablement plus faible. Les doses congelées expédiées au Brésil voyagent par avion.

Prix élevés
Suisag ne brade pas sa génétique à l’étranger. Les doses exportées sont vendues au même prix qu’en Suisse. «Nos clients étran-gers payent même davantage, notamment à cause des frais de transport», souligne Luther Henning.

En Allemagne, trois stations d’insémination travaillent avec des verrats de Suisag, sous licence. La grande majorité des doses de génétique suisse commercialisées à l’étranger est produite dans ces stations. «En Suisse, les coûts de production ainsi que les charges de logistique sont beaucoup plus élevés», justifie le responsable des programmes d’élevage de Suisag. «En produisant ces doses en Allemagne, nous diminuons aussi les frais de dédouanement.»

Le fait de se rapprocher des clients finaux permet aussi de réduire les frais de transport. «Les doses de semence fraîche, qui tiennent jusqu’à sept jours, sont généralement commandées et livrées en petites quantités», relève Luther Henning.

La Suisse en avance
Si la demande en génétique suisse augmente, c’est parce que cette dernière a réussi à se distinguer. Suisag a sélectionné des li-gnées maternelles aux performances raisonna­bles. Si les portées sont sensiblement plus petites, les pertes de porcelets sont nettement moindres. «Nos animaux sont aussi plus calmes», relève Luther Henning. «Depuis vingt à trente ans, nous sélectionnons des truies dont le comportement est adapté aux mises bas dans des box où elles peuvent se mouvoir librement.» Les lignées ma-ternelles suisses sont donc habituées à ce mode de détention.

Si les cages de mise bas ne sont plus utilisées en Suisse depuis 2007, ce n’est pas encore le cas dans tous les pays. «Les législa-tions en matière de protection des animaux sont en train de changer un peu partout», explique Luther Henning. «La sélection suisse est en avance pour proposer de la génétique adaptée. Cela me rend optimiste quant à l’évolution prochaine de nos ventes à l’étranger.»
Vincent Gremaud, 9 juillet 2021


SUR LE WEB
 
 
________________________________________
ÉTAT SANITAIRE PARTICULIÈREMENT BON
 
Les porcs de génétique suisse bénéficient également d’avantages concurrentiels sur les critères de santé. «L’état sanitaire du cheptel suisse est meilleur qu’à l’étranger», confirme Luther Henning, responsable des programmes d’élevage de Suisag.

Résistance aux E. coli
Dans les années 1990, l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) a mis en évidence une mutation naturelle du génome porcin aux propriétés intéressantes. Chez les animaux homozygotes porteurs de cette mutation, les colibacilles de certaines souches (dont la fameuse F18) ne parviennent plus à adhérer à la paroi intestinale des porcelets, les rendant résistants. Grâce à une sélection rigoureuse de Suisag, les verrats Grand Porc Blanc sont tous porteurs homozygotes de cette résistance aux E. coli F18. L’effectif restreint des verrats Landrace n’a pas permis d’éliminer totalement la variante génétique sensible à E. coli F18 au sein de cette race. Néanmoins, la plupart des mâles LR pour l’insémination artificielle sont résistants. Depuis peu, le programme de sélection de Suisag considère également la résistance aux E. coli F14.

Négligée dans d’autres programmes d’élevage, la résistance aux colibacilles F18 suscite l’intérêt des éleveurs étrangers qui por-tent une attention particulière à la santé de leurs animaux et à la réduction des traitements aux antibiotiques.

Suisse exempte de SDRP
Le Syndrome dysgénésique et respiratoire du porc (SDRP), également appelé maladie de l’oreille bleue, est une pathologie ré-pandue qui touche les porcs domestiques. Ses symptômes comportent un trouble de la reproduction, une pneumonie et un ac-croissement de la sensibilité aux infections bactériennes secondaires. Contrairement à d’autres pays, la Suisse est reconnue comme indemne de SDRP. «Cet argument n’a pourtant qu’une faible importance dans le développement de nos ventes à l’étranger», estime Luther Henning.
VG, 9 juillet 2021
 
  

________________________________________
ADAPTÉS AUX BESOINS DES ÉLEVEURS
 
Une caractéristique essentielle de la production porcine suisse est l’attention particulière accordée à la qualité des produits fi-nis. Le consommateur suisse est sensible à la tendreté de sa viande, qui doit malgré tout conserver une certaine résistance à la mastication tout en étant juteuse.

Qualité de la viande améliorée
Depuis les années 1970, les objectifs des programmes d’élevage de Suisag ont été définis autour de ces critères de qualité.

Le taux de graisse intramusculaire (GIM) a été augmenté pour atteindre la valeur optimale fixée entre 2 et 2,5%. A cette propor-tion, la masse graisseuse est tout juste encore visible. La stratégie de qualité poursuivie par Suisag a aussi permis de réduire les pertes d’exsudat. Aujourd’hui, chez la progéniture des lignées paternelles du Grand Porc Blanc, la perte d’exsudat stagne à 4%. La qualité de la graisse, notamment les taux d’acides gras mono-insaturés (MUFA) et poly-insaturés (PUFA) est également un critère de sélection important.

«Les buts d’élevage poursuivis par Suisag ont permis d’améliorer la qualité de la viande que nous produisons», commente René Eicher, président de la section romande de Suisseporcs. «Nos produits répondent aux attentes du marché.» Le producteur de Tavannes (BE) estime que le nombre de porcelets nés vivants, critère important à l’étranger, n’est pas vraiment pertinent pour les éleveurs. «C’est le nombre de porcelets sevrés et en pleine forme qu’il faut considérer», explique René Eicher. «La voie choisie par Suisag est la bonne!»

Eleveur de porcs et vice-président de la section romande de Suisseporcs, Jean-Marc Sottas souligne la qualité des animaux issus du programme d’élevage de Suisag. «Les truies présentent une très bonne prolificité. Les gorets sont vigoureux et ont un bon poids à la mise bas. La génétique ne fait pas tout. L’affouragement joue également un rôle capital dans les performances des truies et des porcelets.», relève le Vaudois.
VG, 9 juillet 2021
 

 

E-Paper & Archives

Cette semaine dans Agri

 

Prix du marché

Chaque semaine, suivez l'évolution des prix du marché de la viande, en conventionnel ou sous label: bovins, porcs, ovins. Consultez aussi les prix de la vente directe, des marchés surveillés et de Proviande.

Conseil de saison

Conseil de saison

Le conseil de saison est désormais disponible toutes les deux semaines dès le mercredi après-midi avant l'édition. Son accès est réservé aux abonnés.

Voyages

Découvrir la Grèce et son agriculture, les trésors de la Corse ou la Géorgie et son histoire légendaire: vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à ces trois premiers voyages concoctés pour les lecteurs d'Agri. Cliquez ici

Agri - Hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse Romande
Site web réalisé par www.webexpert.ch

Actualités

Cette semaine

Dossiers

Prix du marché

Photos

Vidéos

Archives

Voyages

A table

Boutique