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Il faut respecter les bonnes pratiques d’épandage des engrais de ferme


Pour préserver l’environnement et l’image du métier d’agriculteur, il convient d’observer certaines règles de base en matière d’épandage, de lisier et de fumier.


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L’épandage des engrais de ferme est un sujet qui donne très souvent lieu à des discussions animées. La majorité des agriculteurs effectue ce travail avec précision et application. Mais il suffit de quelques mauvais élèves pour ternir l’image de l’agriculture. Epandre des engrais de ferme, c’est visible et ça sent! Du coup, l’erreur n’est pas permise ou du moins très mal tolérée par la population. Alors, comment faire au mieux pour que tout se passe bien?

Les bordures tampon
Des bordures tampon doi­vent être mises en place le long des haies, bosquets, berges boisées, forêts et eaux superficielles pour protéger ces ­éléments des apports de fumure et de produits phyto­sanitaires.

Le long des cours d’eau et des plans d’eau, la largeur minimale de la bordure tampon doit atteindre six mètres. La fumure est interdite sur les trois premiers mètres et autorisée sur les trois mètres suivants. Le long des haies, bosquets et forêts, la bordure tampon doit atteindre trois mètres de large avec interdiction d’épandage d’engrais sur toute la largeur.

Selon la situation, par exemple si le cours d’eau est sinueux ou que les berges sont pentues, il n’est pas toujours évident de respecter ces distances. La citerne peut se déporter et le lisier est alors épandu sur la bordure tampon voire, pire, dans le ruisseau. Il est donc fortement conseillé d’assurer une certaine marge pour éviter que cela ne se produise. Une pollution des eaux de surface se soldant par des dégâts piscicoles coûte cher à l’agriculteur et à l’environnement.

La météo et l’état du sol sont décisifs
En ce qui concerne la météo et le sol, une règle principale prévaut: pas de lisier sur sol enneigé, gelé ou gorgé d’eau. Actuellement, il n’existe plus de période d’interdiction (certains cantons avaient mis cela en place il y a quelques années). L’épandage d’engrais est réglé dans le module «Eléments fertilisants et utili­sation des engrais dans l’agriculture – Un module de l’aide à l’exécution pour la pro­tection de l’environnement dans l’agriculture» édité par l’Office fédéral de l’environnement.

Un sol est considéré comme gelé lorsqu’il n’est plus possible d’y enfoncer, à la main et jusqu’au manche, un tournevis n°5. Toujours d’après ce document, «l’épandage d’engrais contenant de l’azote n’est autorisé que pendant les périodes où les plantes peuvent l’absorber. Si les conditions particulières de la production végétale nécessitent une fumure en dehors de ces périodes, l’épandage de ces engrais n’est autorisé que s’ils ne risquent pas de porter atteinte à la qualité des eaux».

A la fin de la période hivernale, un léger gel de surface permet d’épandre le lisier en préservant le sol et en évitant son compactage. Cela permet également à la végétation de s’approvisionner rapidement en éléments nutritifs une fois le repos végétatif rompu. Au-delà de la météo et des conditions du sol, la quantité épandue est bien entendu très importante. Une quantité raisonnée et équivalente à 30 kg d’azote par hectare est recommandée. Cette quantité représente environ 30 m3 de lisier de bovins dilué 1:1 (un volume d’excréments pour un volume d’eau).

Dans le canton de Fribourg, la collaboration entre les différents services concernés (Service de l’agriculture, Service de l’environnement, Service des forêts et de la faune, Police cantonale et Institut agricole de Grangeneuve) a été renforcée ces dernières années pour mieux informer les agriculteurs sur le thème des épandages en hiver. Des «flashs infos» sont régulièrement publiés sur le site internet de Grangeneuve.

Cette action générale et commune a permis de réduire les cas de pollution de manière importante tout en conservant une vision agronomique et pragmatique de la chose.

Eviter les excès sur de courtes périodes
Certains hivers, les conditions météorologiques et la capacité de stockage ne laissant pas de possibilités d’échelonner les épandages, les fosses sont littéralement vidées à la fin de l’hiver. De trop grandes quantités de lisier sont alors épandues et ces apports ne sont bien sûr pas valorisés comme ils le devraient. Une partie est lessivée ou ruisselle vers les eaux. Ce n’est évidemment pas le but recherché. Il n’est pas toujours facile d’allier la théorie à la pratique mais des solutions sont possibles. Une planification des épandages à l’aide d’un plan de fumure peut par exemple éviter ces situations critiques. Bien sûr, les conditions météorologies hivernales ne sont pas prévisibles sur plusieurs mois et il n’est pas toujours difficile d’anticiper, même avec un plan de fumure par parcelle. Il s’agit aussi parfois de saisir une opportunité en épandant les engrais de ferme lors d’une période plus clémente en milieu de saison (si les conditions citées auparavant sont remplies!).

En parallèle au plan de fumure, il est primordial de bénéficier d’une capacité de stockage suffisante. En zone de plaine et de collines, la durée d’entreposage du lisier doit être de cinq mois. En zone de montagne, elle s’allonge à siamois.

La plupart des cantons met­tent des fiches de calcul à disposition afin de déterminer les volumes des fosses et fumières nécessaires.
Lorraine Sutter, Centre de conseils agricoles, Grangeneuve, 18 janvier 2019
 
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ÉVITER DE COMPACTER LES SOLS HUMIDES
 
Le site internet www.humidite-des-sols.ch présente un large réseau de tensiomètres sur tout le plateau Suisse (de Genève à Zurich). Sur chaque lieu de mesure sont aussi installés un pluviomètre et une sonde pour la température et l’humidité de l’air. L’analyse de l’humidité des sols permet aux agriculteurs ou à toute autre personne conduisant de lourds véhicules sur une surface terreuse de définir si le terrain est praticable ou pas. La force de succion mesurée par les tensiomètres détermine la charge admissible sur le sol.

En été, le tensiomètre peut aussi être une aide à la décision pour l’irrigation des ter­res. L’objectif à terme est que toute personne devant circuler sur un terrain ou manipuler des matériaux terreux ait le réflexe de consulter les résultats des tensiomètres avant de décider si oui ou non les travaux peuvent se faire sans causer de dégâts de tassement.

Un mal invisible
Un dégât de tassement n’est pas forcément visible en surface. Mais les dégâts en profondeur sont bel et bien présents: les racines des plan­tes ne peuvent plus pénétrer dans le sol correctement, les pores sont compactés et la circulation de l’oxygène et de l’eau n’est plus possible. Lors de fortes pluies, le sol n’est plus capable d’absorber l’eau et des phénomènes d’érosion ou de crues se produisent alors.

La Suisse a connu des événements météorologiques re­lativement violents ces dernières années. Il faut donc tout entreprendre pour conserver un sol en bon état. Il doit être capable d’absorber l’eau quand elle tombe!

Les informations données par le site sont particulièrement précieuses entre-saison, lors d’épisodes pluvieux, car c’est à ces périodes-là que les sols sont les plus sensibles au tas­sement. En ce moment, la plu­part des tensiomètres indiquent une humidité trop importante pour circuler sur les sols. A noter que les cantons du Valais, de Neuchâtel et du Jura ne possèdent pas encore de tensiomètres dans le réseau.LS
LS, 18 janvier 2019

 

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