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La qualité d’un ensilage de maïs dépend avant tout du stade à la récolte


Pour produire un ensilage de maïs plante entière de qualité, il convient de respecter les bonnes pratiques. Récolter au stade optimal en fait partie.


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Le bal des ensileuses et des remorques a débuté: les premiers maïs plante entière remplissent les silos. Pour obtenir un fourrage de qualité, il y a plusieurs points à observer. L’un des plus importants est de planifier la récolte du maïs au stade optimal déterminé par l’état de maturité des épis, autrement dit des grains. Ce stade est atteint lorsque la teneur en matière sèche des épis se situe entre 50 et 60%. A ce stade, les nutriments importants comme l’amidon ont atteint leur concentration maximale et la plante entière présente une teneur en matière sèche (MS) située entre 30 et 35%.

Détermination du stade idéal
Le moment optimal de la récolte est appelé stade pâteux, car le grain présente alors une consistance pâteuse à farineuse. Il est alors difficile d’écraser le grain entre ses doigts, mais il est encore possible de le rayer avec l’ongle.

Au stade pâteux, le maïs offre les meilleures conditions pour la fermentation lactique. Il se tasse facilement et présente une digestibilité élevée.

Lors de récoltes trop précoces, l’épi n’est pas complètement développé. Le rendement est plus faible et il faut compter avec des pertes de conservation plus élevées, notamment par les jus. A contrario, les ensilages réalisés trop tardivement ont une teneur en matière sèche plus élevée et se tassent plus difficilement, ce qui augmente le risque de fermentations indésirables et de post-fermentations. De plus, la digestibilité et la consommation par les animaux diminuent.

Le rôle des entreprises de travaux agricoles
«En théorie, la détermination du moment optimal de récolte est relativement simple. Dans la pratique, la date de récolte dépend aussi de l’entreprise qui réalise ces travaux», estime Pascal Rufer, responsable du secteur Production animale de Proconseil.

«Mes clients m’appellent en général une semaine à 10 jours avant la date de récolte souhaitée. Je me rends alors sur les parcelles avec le client et planifie les ensilages en fonction du stade estimé à partir de l’aspect visuel de la culture et des grains», indique Olivier Waber, agroentrepreneur à Pompaples (VD). «En début de saison, j’envoie aussi des échantillons de mes premiers clients dans un laboratoire zurichois pour en connaître les taux de MS et d’amidon. Si le laboratoire mobile de KWS est dans le coin (lire ci-dessous), je propose à mes clients d’y passer.»

Longueur de coupe selon la matière sèche
Agroscope préconise une longueur de coupe de 6 à 8 mm maïs au stade pâteux (7 à 10 mm si l’ensileuse est équipée d’un fond strié). La longueur de coupe du maïs doit se définir en fonction du type de ration, du mode de distribution de cette ration, mais aussi en fonction du taux de matière sèche au moment de la récolte. «Plus le maïs est mûr et sec, plus il faut le couper court pour permettre un bon tassement», note Fernand Andrey, agriculteur à Pierrafortscha (FR) et membre du comité de l’association des agroentrepreneurs Lohnunternehmer Schweiz. Mais un hachage trop fin entraîne une perte de structure du fourrage. Il faut donc éviter de couper des brins de moins de 5 millimètres.

Le hacheur doit être bien réglé et les couteaux bien aiguisés, afin d’assurer une coupe exacte et propre des feuilles et des tiges spathes. L’aiguisage des couteaux doit être particulièrement soigné pour l’ensilage de la couche supérieure du silo.

Les deux ensileuses d’Olivier Waber sont équipées de capteurs à spectrométrie proche de l’infrarouge (NIRS) qui déterminent les valeurs de base (MS et amidon) en temps réel. «Mais quand la machine est dans le champ, il est souvent trop tard pour modifier la date de récolte», souligne l’entrepreneur. Ces mesures permettent néanmoins d’adapter la longueur de coupe dans les différents coins de la parcelle en fonction du taux de matière sèche qui n’est pas partout le même. «Dans l’une de mes ensileuses, cette fonction est même automatisée», explique Olivier Waber. «Je définis une plage de longueurs de coupe et la machine gère le hachage automatiquement. Dans mon autre ensileuse, on modifie la longueur de coupe manuellement.»

L’entrepreneur est parfois amené à récolter le même jour des parcelles qui n’ont pas la même maturité. «J’ai des clients qui ont des maïs à la fois au pied du Jura et dans la plaine de l’Orbe. Ces cultures ne sont pas toujours prêtes au même moment», relève Olivier Waber. «Dans ces cas-là, la date de récolte résulte d’un compromis et on ensile d’abord le plus sec. Le maïs plus humide est disposé par-dessus dans le silo.»

Assurer un bon tassement
Avec l’augmentation des débits des chantiers d’ensilage modernes, le tassement est souvent devenu le point faible des chaînes d’ensilage, faute de temps. Les ensilages de maïs devraient atteindre des densités de plus de 220 kg MS par mètre cube. Les silos doivent être remplis si possible sans interruption, tassés et fermés immédiatement de façon étanche.
L’utilisation d’un agent d’ensilage n’est habituellement pas nécessaire. Mais un agent conservateur peut s’avérer utile lorsque le maïs présente une MS trop élevée.
Vincent Gremaud, 11 septembre 2020

 

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