Menu
 

Prévenir la dermite estivale et traiter les démangeaisons des équidés


Piqués par de petits insectes, les chevaux peuvent se gratter jusqu’à provoquer des dermites, notamment durant la chaude saison. Il est possible de calmer les démangeaisons et de mettre en place des mesures de prévention.


ag31_dossier dermite estivale


Durant les mois chauds de l’été, certains chevaux sont victimes de démangeaisons qui peuvent les rendre nerveux. Leur utilisation, tant pour la monte que pour l’attelage, peut alors devenir difficile. Même si ces prurits ont parfois d’autres causes, ce sont souvent les manifestations d’une dermite estivale.


Réaction allergique
Cette maladie est caractérisée par des démangeaisons, parfois intenses, qui se manifestent plutôt en été et qui peuvent récidiver d’année en année. Elle est causée par une hypersensibilité de certains individus aux allergènes présents dans la salive de moucherons du genre culicoïde. Les femelles adultes de ces insectes, comme celles des moustiques, se nourrissent de sang. Actives quand les températures dépassent 15°C, elles piquent les chevaux, provocant de petits boutons qu’il est difficile d’observer.

 

Le cheval a alors tendance à se gratter et ces grattages peuvent casser les crins, faire apparaître des croûtes, provoquer localement la perte de poils, voire causer des plaies qui peuvent même s’infecter. Dans les cas les plus graves, l’animal n’a plus d’appétit et perd du poids.

 

Les culicoïdes piquent les chevaux de préférence le long de la crinière, à la base de la queue, sur la croupe, à l’encolure et au garrot. Plus rarement, les oreilles ou la zone ventrale sont touchées. Les symptômes sont donc le plus souvent localisés à ces endroits-là.

 

Les premiers signes cliniques apparaissent généralement sur des jeunes chevaux, âgés entre deux et quatre ans. La dermite peut devenir récidivante d’année en année.

 

Une affection répandue
La dermite estivale n’est pas rare. Sa prévalence en France atteint environ 10%, avec des différences régionales marquées. En Suisse, on estime qu’environ 1 à 3% des chevaux sont concernés. Vétérinaire, Cyrielle Gabay, du cabinet Sovet à Senarclens (VD), précise: «On constate que les cas de dermites estivales sont en hausse, comme d’ailleurs la plupart des allergies».

 

Toutes les races peuvent être touchées, mais la prévalence des dermites varie d’une race à l’autre. Les chevaux de race islandaise importés de leur pays d’origine, où il n’y a pas de culicoïdes, sont particulièrement sensibles. Selon les différentes références, entre 30% et 50% d’entre eux sont concernés. Il est intéressant de noter que le taux d’animaux touchés chute à 10% chez les descendants de ces chevaux qui sont, eux, nés sous nos latitudes. Confrontés dès leur plus jeune âge à ces moucherons, les poulains verraient leur sensibilité diminuer, sans que ce phénomène ne soit totalement expliqué.

 

La recherche a pu mettre en évidence une prédisposition génétique héréditaire à développer cette hypersensibilité aux culicoïdes. Certaines lignées sont plus touchées que d’autres. L’élevage à partir de chevaux sensibles est donc déconseillé.

 

La prévention axée sur les moucherons
Les culicoïdes vivent à l’extérieur et rentrent peu dans les écuries. Ils sont particulièrement actifs au crépuscule (entre 19 h et 22 h). Certaines espèces sont aussi matinales (jusqu’à deux à trois heures après le lever du soleil). Il convient donc d’éviter de sortir les chevaux à ces heures-là.

 

De plus, ces moucherons pondent leurs œufs dans des zones humides (mares, étangs, mais aussi ornières, zones boueuses, fumières, etc.). Dans l’idéal, les pâturages des chevaux devraient être éloignés d’au moins 500 mètres de ces endroits.

 

Il est possible d’utiliser une couverture moustiquaire intégrale à faible maillage pour protéger le cheval. Il existe également des sprays répulsifs ou insecticides. Certains éleveurs appliquent du vinaigre à la base de la queue du cheval. Tout ce qui peut éloigner les insectes est bon à mettre en place.

 

Actuellement, la recherche équine planche sur l’élaboration de méthodes de désensibilisation ainsi que sur le développement d’un vaccin.

 

Traiter pour soulager les symptômes
Il n’existe aucun médicament pour soigner les dermites estivales. Seuls les symptômes peuvent être traités à l’aide d’anti-inflammatoires stéroïdiens (corticoïdes).

Des antihistaminiques peu­vent aussi être utilisés, mais leur efficacité est variable. Diverses lotions apaisantes et cicatrisantes sont également disponibles sur le marché.
Vincent Gremaud, 3 aoùt 2018

 

E-Paper & Archives

Cette semaine dans Agri

 

Prix du marché

Chaque semaine, suivez l'évolution des prix du marché de la viande, en conventionnel ou sous label: bovins, porcs, ovins. Consultez aussi les prix de la vente directe, des marchés surveillés et de Proviande.

Conseil de saison


 

Le Conseil de saison est publié en ligne toutes les deux semaines, le mercredi. L'accès est réservé à nos abonnés.

Voyages

Cap Vert


Du 29 novembre au 9 décembre, Agri vous emmène dans l'archipel du Cap Vert, situé dans l'Atlantique au large du Sénégal. Essentiellement composée de pêcheurs et d’agriculteurs, cette communauté métissée, malmenée par la misère et les famines, s’est pourtant forgé une histoire originale. On se réjouit de découvrir ces vignobles, plantations de café et autres cultures où le visiteur, et spécialement le visiteur-agriculteur, n’est jamais un étranger.

Pour en savoir plus...


Agri - Hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse Romande
Site web réalisé par www.webexpert.ch

Actualités

Cette semaine

Dossiers

Prix du marché

Photos

Vidéos

Archives

Voyages

A table

Boutique