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Les charges des machines agricoles ont augmenté depuis une année


Le rapport annuel Coûts-machines d’Agroscope fait peau neuve. Plus complet, cet outil de référence s’appelle désormais Catalogue des coûts. Cette première version montre une forte hausse des charges de mécanisation.


dossier pendillards


Chaque année, en septembre, Agroscope publie son rapport Coûts-machines actualisé. Ce document contient des valeurs indicatives pour l’utilisation de plus de 600 types de machines agricoles avec couverture des frais. Il s’agit d’une base de référence importante pour le calcul des coûts. Il sert notamment à définir les prix des locations de machines entre agriculteurs ainsi que les facturations individuelles de l’utilisation de machines en commun.

Cette année, les auteurs de ce rapport ne se sont pas contentés de mettre à jour les chiffres en fonction de l’évolution conjoncturelle, mais ils ont choisi de revoir totalement leur document qui change de nom pour s’appeler désormais Catalogue des coûts. Valable de septembre 2022 à septembre 2023, la première version de ce document nouvelle formule vient de paraître.

Inclusion des constructions
Agroscope a choisi d’élargir le champ des références contenues dans son rapport. Jusqu’à présent publiés séparément, les relevés de coûts des constructions pour différentes catégories d’animaux de rente sont détaillés dans le Catalogue des coûts 2022.

Les coûts de la mécanisation intérieure figurent eux aussi dans le rapport. Ils y font ainsi leur retour, après une dizaine d’années d’absence. Par mécanisation intérieure, Agroscope entend l’ensemble des équipements utilisés pour effectuer des travaux agricoles à l’intérieur des bâtiments, par opposition aux travaux dans les champs.

Enfin, les tarifs horaires des travaux agricoles et extra-agricoles sont présentés de manière plus transparente dans le document.

Le Catalogue des coûts 2022 a aussi réactualisé la liste des machines examinées. Celles qui ne sont plus disponibles ou plus utilisées ont été abandonnées et quelques nouveaux équipements ont fait leur apparition, notamment dans le secteur des cultures spéciales. Les dimensions et les puissances des outils agricoles ont aussi été ajustées en fonction de l’évolution des pratiques.

Prix d’achat des outils neufs en hausse
Pour l’édition 2022, Agro­scope a procédé à un relevé complet des prix bruts des machines agricoles neuves, alors que, de 2019 à 2021, ces derniers n’avaient fait l’objet que d’estimations réalisées à partir d’enquêtes sur l’évolution des prix auprès des importateurs généraux. Par rapport au dernier relevé complet – qui date donc de 2018 – les variations des prix des machines neuves sont parfois considérables selon les types de machines. En quatre ans, le prix moyen des véhicules à moteur a ainsi augmenté de 9%. Pour les autres machines agricoles, une hausse moyenne des prix de 18% a été constatée par rapport à 2018.

Le fait que le franc soit fort atténue l’effet sur les machines provenant de la zone euro.

Des hausses de prix massives ont également été observées dans le secteur de la construction, où l’indice des prix a augmenté de près de 10% entre 2021 et 2022, alors qu’il n’avait que peu évolué les années précédentes.

Les prix des carburants font monter les coûts
Pour les valeurs indicatives, les augmentations de prix sont atténuées par l’utilisation d’une moyenne annuelle calculée sur huit ans pour le prix d’achat. Ainsi, la hausse du prix des carburants à une incidence bien plus grande que l’évolution des prix d’achat sur ces valeurs indicatives.

Agroscope prend en compte les prix du diesel en fonction de leur moyenne sur la période allant de juillet de l’année précédente à juin de l’année en cours dans ses rapports publiés en automne. Dans l’édition 2022 du Catalogue des coûts, une augmentation de 23% du prix du carburant est ainsi constatée.

Les prix des films en plastique (+22%) et des filets (+10%) ont également connu d’importantes hausses qui se font sentir sur les coûts d’enrubannage.

Programme de calcul téléchargeable
La Catalogue des coûts 2022 est disponible sur le site internet d’Agroscope. De même, l’institut de recherche y met à disposition un programme de calcul Excel qu’il a développé: le TractoScope. Ce dernier permet à ceux qui le souhaitent de définir précisément leurs coûts de mécanisation en ajustant différents paramètres. Ce programme aide, par exemple, à calculer un prix de location, à comparer les conséquences d’un achat ou d’une location de machine ou à définir les prix facturés aux utilisateurs de machines achetées en commun.
Vincent Gremaud, 29 septembre 2022.


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«MIEUX VAUT ANTICIPER LES ACHATS ET LES GROS SERVICES»
 
Interview
JOËL PETERMANN
Codirecteur d’Alphatec et membre du comité de l’Association suisse de la machine agricole (ASMA)
 

> L’an passé, vous évoquiez dans Agri un risque de pénurie de pièces détachées, en particulier des composants électroniques. Qu’en est-il aujourd’hui?
Les entreprises suisses se sont généralement adaptées aux difficultés d’approvisionnement et aux retards de livraison des pièces détachées en ajustant leurs stocks. Pour les fournitures de pièces de dépannage, je n’ai pas connaissance d’importants problèmes de pénurie ni de retards insurmontables dans les ateliers suisses. Par contre, les usines de montage qui fabriquent les machines neuves ont de la peine à se fournir en pièces en quantités suffisantes pour assurer une production continue. Cela concerne en priorité des composants électroniques ou des caoutchoucs pour certaines gammes bien précises de machines, présentant un haut niveau de technologie.

> Actuellement, avec quels délais de livraison les agriculteurs suisses doivent-ils compter?
Pour les machines neuves pour lesquelles les importateurs n’ont pas pu constituer de stock en Suisse, il faut compter en moyenne entre six et neuf mois. Les retards de livraison ne dépassent qu’exceptionnellement les douze mois. Cela dépend aussi des stocks réalisés par les importateurs. Pour les machines courantes dans une fourchette de prix entre 20 000 à 50 000 francs, nous avons des stocks. Ce qui est moins le cas pour les machines plus chères ou très spécifiques. Certains constructeurs sont totalement débordés et vont jusqu’à refuser de nouvelles commandes car ils n’ont plus les capacités de suivre le rythme.

> Comment expliquez-vous cette situation?
Non seulement les constructeurs peinent aujourd’hui à recevoir certains composants, mais certains d’entre eux se sont aussi montrés frileux à l’idée de constituer des stocks de pièces et de composants alors qu’une pandémie secouait toute l’économie. Cela peut se comprendre en particulier pour les machines très spécifiques et haut de gamme, où les fabricants attendent les commandes pour se fournir en certaines pièces. Enfin, les usines de montage ont de la peine à recruter de la main-d’œuvre qualifiée. C’est un problème conséquent dans notre secteur d’activité.

> Comment devraient évoluer ces délais de livraison?
Durant les huit à douze pro­chains mois, la situation devrait rester tendue. Il faut que les usines de montage rattrapent leurs retards. Je n’ai pas l’impression que les délais de livraison vont encore augmenter. Ils devraient stagner pendant un certain laps de temps, tout comme les niveaux de prix élevés.

> Dans quelles mesures les prix des machines agricoles ont-ils augmenté ces derniers mois?
Depuis fin 2021, les prix sont montés en moyenne de 10 à 15%. Cette hausse a été atténuée en partie par la perte de valeur de l’euro face au franc suisse. Nous restons attentifs à l’évolution de la situation dans les semaines et mois à venir. Mais je pense que le niveau actuel des prix va se maintenir au moins jusqu’à l’été prochain. Cela dépendra beaucoup de l’évolution du cours de l’euro. Le marché ne présente pour l’heure aucun signe annonciateur d’une éventuelle baisse des prix.

> Vous dites que les usines ont de la peine à suivre le rythme des commandes. Ces hausses de prix n’ont-elles pas ralenti les investissements des agriculteurs?
Le besoin en machines agricoles de nos clients demeure. Dans notre entreprise, nos ventes sur les neuf premiers mois de 2022 ont connu une légère contraction par rapport à la même période de l’an passé. Cette baisse est plus ou moins compensée par la hausse des pièces détachées. Les décisions politiques ont eu davantage d’impact que les hausses de prix. Je pense aux pendillards par exemple, mais aussi aux pulvérisateurs avant les initiatives des antiphytos de 2021.

> Que recommandez-vous aux agriculteurs qui envisagent d’investir?
Ceux qui veulent acheter une machine pour la saison 2023 doivent s’y prendre rapidement. Pour les machines qui ne sont pas déjà importées, les délais deviennent serrés. Je conseille aux agriculteurs d’agir sans attendre l’Agrama. Ceux qui désirent investir dans une machine de haute technologie devraient anticiper et prendre contact avec leurs fournisseurs. Si les délais s’avèrent trop longs pour l’an prochain, il faut aussi planifier dès maintenant les révisions lourdes des machines existantes. Nous risquons de ne pas avoir la disponibilité pour assurer rapidement d’importants services à la dernière minute. Je pense, par exemple, aux grosses machines de récolte ou de protection des plantes.
Propos recueillis par Vincent Gremaud, 29 septembre 2022.

 

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