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Il n’est pas évident de se faire bien conseiller sur un projet de construction


Au moment de construire une stabulation pour petits ruminants, il est parfois difficile de savoir qui sont les personnes à même de distiller les meilleurs conseils, tant sur le plan administratif que technique.


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Du temps et de l’argent. Voilà ce que Nicolas Crottaz a perdu. Le chevrier de Prévonloup (VD) a entamé en 2016 les démarches pour construire une stabulation libre pour y loger ses chèvres laitières. Le projet a été ralenti par des écueils administratifs, qu’il aurait été possible d’éviter.

 

Le jeune agriculteur a hâte de pouvoir travailler dans son nouveau bâtiment. Et pour cause, il détient aujourd’hui ses 130 chamoisées en six lots répartis dans deux anciens bâtiments agricoles. «Pour les traites, cela représente entre quatre et six passages par jour avec mes chèvres dans le trafic, au centre du village», explique-t-il. A noter que la route empruntée contourne sa chèvrerie actuelle en marquant un angle à 90° avec une visibilité très réduite. Le risque d’accident est donc particulièrement élevé. De plus, Nicolas Crottaz valorise le lait de ses chèvres dans une fromagerie installée dans un conteneur. C’est peu dire qu’il s’y sent à l’étroit.

 

Démarches mal entamées
Pour réaliser son projet, le chevrier a pris contact avec une entreprise renommée pour les installations de traite qu’elle commercialise et qui propose également des prestations de planification pour des bâtiments ruraux. «Malheureusement, il s’est avéré que la personne avec qui j’ai eu affaire n’avait la formation adéquate ni pour conseiller, ni pour planifier un projet de cette envergure», soutient Nicolas Crottaz, visiblement déçu.
 

Alors que l’éleveur évoque plusieurs variantes, il regrette que chacune d’elle ait fait l’objet de plans avancés au lieu de simples esquisses de projet. Au total, il aura dû payer quatre plans différents, ainsi que des frais de géomètre, sans pour autant que son projet soit réalisable. Enfin, le type d’enquête préalable déposée n’était pas le bon. Finalement, lors de cette mise à l’enquête, le Service du développement territorial (SDT) refuse l’implantation choisie pour cette chèvrerie.

 

Atteinte au paysage et mitage du territoire
«Nous aurions dû commencer par contacter le SDT pour leur proposer différents emplacements possibles pour la chèvrerie», relève-t-il. «Mais personne ne m’a conseillé de le faire.» Nicolas Crottaz déplore une méconnaissance des procédures administratives vaudoises de la part de son planificateur, établi dans un canton limitrophe.

Ce que le SDT reprochait au projet: une atteinte au paysage et un mitage du territoire. La distance jusqu’aux zones bâties a été jugée trop grande. «C’est dommage! C’est un avis relativement subjectif qui émane d’une seule personne», regrette Nicolas Crottaz qui, de guerre lasse, a accepté les remarques de l’Administration cantonale, et poursuivi le développe-ment de son projet quelque 500 mètres en contrebas, plus proche du village et sur des terres nettement plus fertiles.

Pour ce faire, il décide de changer d’architecte et choisit en mars de cette année l’entreprise Bosson ingénieurs SA. Cette dernière adapte quelque peu les derniers plans réalisés. «Le feeling était bon dès le début avec la personne qui s’occupe de mon projet. J’ai tout de suite remarqué qu’il s’y connaissait», commente Nicolas Crottaz. Le Vaudois est désormais satisfait des conseils qu’il reçoit: «Ce sont surtout des détails, comme la hauteur d’une porte qui aurait pu me poser problème, mais aussi des calculs de statiques.»

En ce qui concerne la partie technique de la détention des chèvres, c’est surtout l’éleveur qui fait des propositions. «J’ai visité pas mal de chèvreries et je sais ce que je veux», note Nicolas Crottaz. Directeur de Bosson ingénieurs, Yves Bosson indique puiser son inspiration dans le centre et le sud de la France, où la détention de moutons et de chèvres est plus répandue qu’en Suisse. En Romandie, les constructions de stabulations pour petits ruminants sont encore rares. «Cela fait quarante ans que nous sommes actifs dans la construction. Nous avons traité plus de mille dossiers agricoles, mais de mémoire, nous n’avons dessiné que trois ou quatre bâtiments destinés à détenir des petits ruminants», relève Yves Bosson.

Un projet complet
La future stabulation de Nicolas Crottaz pourra contenir 180 chèvres en production en deux lots. Un troisième box, modulable, accueillera les chevrettes d’élevage et les boucs. Il comprendra également un fenil muni de deux séchoirs, une salle de traite 2 x 18 mi-diline, une fromagerie, une cave, des chambres froides, un congélateur et un local pour charger un véhicule de livraison. Le permis de construire est acquis. Les premières offres d’entrepreneurs arrivent. Comme les soumissions ne sont pas encore attribuées, le coût définitif du projet n’est pas encore connu.

«En tant qu’agriculteur, on a parfois envie d’avoir du concret avant d’engager trop de frais administratifs. C’est difficile d’accepter de sortir 25 à 30 000 francs alors qu’on ne reçoit que du papier en retour. Mais il ne faut pas oublier que les conseils reçus lors de cette étape sont primordiaux, à condition d’avoir affaire aux bonnes personnes», conclut l’éleveur.
Vincent Gremaud, 8 juin 2018
 
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LE DÉLAI TRANSITOIRE POUR LES NORMES PREND FIN
 

Le 31 août prochain, toutes les stabulations pour petits ruminants devront répondre aux nouvelles exigences de l’Ordonnance sur la protection des animaux (OPAn). Modifié en 2008 déjà, ce texte de loi s’appliquait déjà aux constructions et transformations réalisées ces dix dernières années. Pour les bâtiments existants, un délai transitoire, qui sera échu dès 1er septembre 2018, était prévu pour les bergeries et chèvreries, tout comme pour les porcheries. C’est donc le dernier moment pour adapter l’aménagement et l’occupation des étables et des box afin qu’ils soient en règle. La quasi-totalité des agriculteurs qui ont un ate-lier de production avec des chèvres ou des moutons s’est déjà conformée à ces nouvelles normes. Ce qui n’est pas encore le cas de ceux qui détiennent des caprins ou des ovins à titre de passe-temps.

Différents points sont à prendre en compte. Les exigences en matière de dimensions des box sont légèrement revues à la hausse. En cas d’hébergement en groupe, le nombre de chèvres et de moutons dans les box existants doit être adapté aux exigences, à moins que le bâtiment ne soit transformé. Le nombre d’animaux peut rester le même, à condition d’installer des places supplémentaires à la mangeoire, par exemple en po-sant des râteliers et, en ce qui concerne les chèvres, de nouvelles niches surélevées.

Ovins
D’une manière générale, les moutons ne pourront plus être détenus à l’attache, mais uniquement en groupe. Pour les moutons, les catégories de poids ont été réparties différemment. A titre d’exemple, les béliers et brebis sans agneau de 70 à 90 kg (pour les brebis, le poids déterminant est celui de la brebis non gestante), il faudra compter 1,2 m2 par animal et 1,5 m2 par tête à partir de 90 kg poids vif. Accompagnées de leurs agneaux, les brebis de 70 à 90 kg devront bénéficier de 1,5 m2 chacune. si les mères sont plus lourdes, le box devra présenter une surface minimale de 1,8 m2 par brebis.

La largeur de place à la mangeoire a également été légèrement augmentée, s’échelonnant de 20 cm par agneau de moins de 20 kg à 70 cm par mère pour les brebis de plus de 90 kg accompagnées de leurs petits.

Caprins
Pour les chèvres, les catégories étaient fixées jusqu’à présent en fonction de l’âge. A partir du mois de septembre, les dimensions de la surface des box et le nombre de places à la mangeoire en cas d’hébergement en groupe seront aussi fixés en fonction du poids. Pour les adultes, la nouvelle réglementation exige 1,7 m2 par animal pesant entre 40 et 70 kg pour les 15 premières chèvres (2,2 m2 pour les animaux plus lourds). Pour chaque chèvre supplémentaire, il faudra compter 1,5 m2 de plus si le poids vif se situe entre 40 et 70 kg et 2 m2 si ce dernier dépasse 70 kg.

La largeur de la place à la mangeoire varie de 15 cm pour les cabris jusqu’à 12 kg à 40 cm pour les chèvres et autres boucs de plus de 70 kg. Pour les adultes, le nombre de places à la mangeoire doit être plus élevé que le nombre d’animaux. Dès 40 kg poids vif, il faut compter 1,25 place par tête pour les 15 premiers animaux. Pour les chèvres et boucs supplémentaires, une place par animal doit être prévue. En d’autres termes, dès que le troupeau atteint 15 chèvres, il faut compter 4 places à la mangeoire de plus que le nombre de chèvres.
Pour les box individuels, les dimensions dépendent aussi du poids et ont également été augmentées.
 
Informations complémentaires
Dans les cas où la densité d’occupation actuelle de l’exploitation atteint déjà son maximum, des adaptations importantes, nécessitant des travaux de construction, pourraient se révéler indispensables. Les services cantonaux de vulgarisation agricole ou les fabricants d’équipements pour stabulations qui ont de l’expérience dans la détention des moutons et des chèvres, peuvent fournir de précieux conseils.

Il existe deux manuels de contrôle «Protection des animaux», consacrés l’un aux chèvres, l’autre aux moutons. Ce sont des synthèses des dispositions applicables qui peuvent servir de guides tant aux détenteurs de petits ruminants qu’aux organes de contrôle. Enfin, le Centre spécialisé dans la détention convenable des ruminants et des porcs de Tänikon, ainsi qu’Agroscope, ont publié toute une série de fiches thématiques qui clarifient les points importants de la détention des chèvres.
VG, 8 juin 2018

 

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