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La consanguinité doit être surveillée de près dans les élevages caprins


Dans les élevages caprins, la consanguinité a tendance à augmenter. Or, elle a des conséquences en termes de tares héréditaires et défauts. La FSEC propose un outil pour choisir les boucs reproducteurs les plus adaptés.


Consanguinité chèvres


En élevage, la consanguinité fait référence à l’accouplement d’animaux apparentés, c’est-à-dire avec un ou plusieurs ancêtres communs. Le degré de consanguinité s’exprime en pourcentage. Par exem­ple, un accouplement frère-sœur donne un descendant avec taux de consanguinité de 25%, un accouplement entre demi-frère et demi-sœur donne un descendant avec un taux de 12,5% et un accouplement entre cousins produit un descendant avec un taux de 6,25% de consanguinité.

 

La consanguinité augmente au fil du temps dans les populations, de manière normale: les généalogies des animaux sont toujours mieux connues et on peut y retrouver des ancêtres communs. Cependant, son augmentation doit rester raisonnable au risque de faire diminuer la diversité génétique au sein des races.

 

C’est tout le défi posé aux éleveurs de chèvres. Comme l’explique Christine Flury, Professeure auprès de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) de Zollikofen, la consanguinité est en hausse dans les différentes races de chèvres, entre autres parce que l’effectif des populations est relativement faible. Toutes races confondues, la FSEC comptabilise en effet moins de 29?000 bêtes sur le territoire suisse. Les élevages sont également très localisés, ce qui rend difficile l’apport de sang neuf. Aujourd’hui, le degré de consanguinité moyen dans les races caprines se situe entre 0,8 et 3,2% (calcul basé sur les pedigrees).


Des conséquences importantes
Une augmentation incontrôlée de la consanguinité a des conséquences importantes en élevage. A court terme, elle entraîne une accumulation des tares héréditaires et l’apparition de défauts récessifs, par exemple des anomalies au niveau des mâchoires et de la face.

A moyen terme, elle cause des déficits dans les caractè­res de santé et de performan­ces comme la fertilité et la vitalité. Enfin, à long terme, elle est à l’origine d’une perte de variabilité génétique et de la perte ou fixation d’allèles dans la population, avec une incidence sur les performances.

Pour limiter ces conséquences, la Fédération suisse d’élevage caprin (FSEC) recommande de rester sous la barre de 6,25% de consanguinité, ce qui correspond à l’accouplement entre cousins. Les animaux avec un taux supérieur ne posent généralement pas de problème s’ils sont en bonne santé; même utilisés comme reproducteurs, ils peu­vent très bien engendrer des descendants avec un taux de consanguinité correct.

«Il n’est pas pertinent de vouloir maintenir un taux de consanguinité de 0%. Cela ne fait pas de sens et c’est difficile sur le long terme. Il vaut mieux réussir, par exemple, à se maintenir, sur la durée, à un taux de 2%. Eviter les accouplements à risque est déjà un pas important dans cette direction», analyse d’ailleurs Erika Bangerter, de la Fédération suisse d’élevage caprin.

Un outil pour choisir les boucs
Pour maintenir la consanguinité à un niveau acceptable, il faut agir sur la sélection des reproducteurs. Les informations sur l’ascendance des animaux sont de plus en plus précises, ce qui facilite ce travail. En France, on teste depuis quel­ques années la sélection à parenté minimale sur les races Alpine et Gessenay. En Suisse, dans la race Nera Verzasca, un projet est en cours pour élargir la population de boucs reproducteurs et apporter du sang neuf. «Dans cette race, la con­sanguinité est un problème très aigu», indique Erika Bangerter. A l’avenir, la sélection génomi­que devrait aussi pouvoir apporter des solutions, même si en Suisse, l’utilisation de cette technique n’est pas encore d’actualité.

Toutes races confondues, la FSEC met un outil à disposition des éleveurs. Sur CapraNet, le herd-book en ligne de la fédération, les éleveurs ont la possibilité de calculer le taux de consanguinité des accouplements prévus. Concrètement, les éleveurs entrent le numéro de marque auriculaire du bouc prévu pour la reproduction. La liste de leurs chèvres apparaît et le taux de consanguinité de la descendance issue de cet accouplement est calculé. Il est important de prendre en compte que dans cet outil, seuls les ascendants attestés jusqu’à la cinquième génération sont pris en compte pour déterminer le taux de consanguinité. De ce fait, le taux de consanguinité a encore tendance à être sous-estimé.

Par ailleurs, l’outil «Recher­che de bouc» est également proposé. Il permet de trouver le bouc le mieux adapté parmi tous ceux qui sont enregistrés. L’éleveur définit ses propres paramètres, comme le degré de consanguinité maximal, l’âge et les performances des mères et reçoit une liste avec tous les boucs qui correspondent à ces critères.
Elise Frioud, 9 novembre 2018

 

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