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Les concurrentes étrangères doivent s'adapter aux normes suisses


Cette année, plus de 200 bêtes étrangères sont annoncées pour participer à Swiss Expo. Avant de pouvoir passer la frontière, les éleveurs ont dû mettre à jour le carnet de vaccination et faire une quarantaine.


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«Concrètement, que ce soit pour une exposition temporaire ou pour une importation en Suisse, les règles sont les mêmes en termes de droit épidémique. Les animaux doivent remplir les conditions standards de franchissement des frontières», explique l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Le canton qui accueille la manifestation définit ensuite les conditions de participation à l’exposition. Ces dernières incluent également les règles de franchissement de la frontière. «Tous les bovins étrangers présents à Swiss Expo proviennent d’Etats membres de l’Union européenne. De ce fait, en sus des directives suisses, nous nous basons sur la directive européenne relative aux échanges d’animaux des espèces bovine et porcine destinés à des expositions», relève Michel Rérat, vétérinaire cantonal genevois.

Dans le cadre de Swiss Expo, il y aura un contrôle documentaire à l’arrivée des camions puis un contrôle sanitaire de chaque animal. Les règles sont les mêmes pour les concurrentes étrangères et suisses. Pour les délégations étrangères, il y a toutefois un peu plus d’aspects administratifs et une mise à niveau sanitaire à effectuer avant l’arrivée en Suisse (voir le tableau ci-dessous).

Vaccin supplémentaire
Pour les éleveurs étrangers, la priorité est de prendre contact avec leurs services vétérinaires pour vérifier quels sont les sérotypes présents chez eux et pas en Suisse, afin de faire les vaccinations nécessaires. En exemple, la fièvre catarrhale bovine. La maladie est stable mais de nouveaux sérotypes apparaissent. En Suisse, seul le 8 est présent alors que l’on trouve aussi le 4 en France. Les animaux français doivent donc être vaccinés avant de pouvoir venir en Suisse. «La vaccination se fait deux mois avant, il faut donc penser à faire le vaccin en octobre ou début novembre», souligne Jean-Luc Demas qui assure le suivi pour toutes les délégations étrangères depuis 2003. Il gère une société de commerce de semences bovines en France et a une relation de longue date avec Swiss Expo. Il possède une liste de chaque étape et envoie les informations aux éleveurs: vaccins, début de la quarantaine, etc. Cette année, il a aussi rendu les éleveurs attentifs au fait que les arrivées se font de nuit sur le site et qu’il faut donc une autorisation pour les transporteurs de plus de 3,5 tonnes. Ces derniers jours, il a encore fait les rappels pour les prises de sang. «Selon les dates de la manifestation, les tests se font pendant les fêtes, je leur rappelle donc qu’il faut être vigilant et prévoir l’éventuelle fermeture des laboratoires», explique Jean-Luc Demas.

La plus grosse contrainte pour les éleveurs étrangers, c’est la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). La Suisse est reconnue indemne de la maladie, chaque concurrente étrangère doit donc effectuer une période de quarantaine. En France, la vaccination est interdite mais elle est autorisée en Espagne et en Italie. Les animaux vaccinés ne peuvent pas venir à Swiss Expo car ils sont porteurs de la substance défensive. Depuis quelques années, la quarantaine est aussi devenue obligatoire pour la diarrhée virale bovine (BVD). Après 21 jours au moins d’isolement, une prise de sang est effectuée pour vérifier les virémies transitoires. Comme elle dure trente jours, elle a débuté le 13 décembre dans les élevages européens. Le vétérinaire doit contrôler que les animaux sont bien isolés.

Contraintes administratives
Une fois que tous les critères sont remplis et vérifiés par le vétérinaire officiel, le certificat sanitaire (document électronique Traces) peut être établi. Ce sont les vétérinaires officiels qui doivent envoyer la notification électronique. Cela signifie que l’éleveur doit faire parvenir aux autorités vétérinaires de son pays l’attestation du vétérinaire de l’exploitation. Il faut aussi un document particulier pour le passage à la frontière. L’exportateur doit se faire établir un carnet ATA par la chambre de commerce; il fait office d’admission temporaire et sert également pour transiter la marchandise de la frontière au bureau de douane de foire. Il doit être visé à la frontière.

En tant que chef de service de l’Inspection des douanes de l’Aéroport de Genève, David Kroug sera chargé de s’occuper des formalités douanières pour Swiss Expo. Il va notamment contrôler le carnet ATA, les formalités de transit après le passage à la douane ou si l’attestation du laboratoire pour les virologies est présente. Mais il devra également effectuer des contrôles sur les stands, au hasard. Le matériel, le fourrage, etc. «Pratiquement tout est autorisé mais cela doit être annoncé et contrôlé», explique-t-il.Quelques génisses françaises en quarantaine avant leur venue à Swiss Expo en 2019.  SP
 
 
    La question à Jean-Baptiste Decheppe, éleveur à Gimecourt (F).

Que pensez-vous des directives sanitaires de la Suisse?

«Je me rends à Swiss Expo depuis des années, je suis un passionné et j’arrive à faire abstraction des contraintes mais je connais des éleveurs qui se sont découragés. Mon exploitation compte 350 têtes de bétail (140 vaches) de race Holstein. Au début, je venais avec une dizaine de bêtes, contre 3 ou 4 aujourd’hui. Dans les contraintes, il faut relever la vaccination contre la fièvre catarrhale qui doit se faire en octobre. Comme nous ne savons pas encore qui fera le trajet, nous vaccinons plus de candidates. Ensuite, la charge administrative et le suivi sont conséquents: certificat Traces, carnet ATA, prise de sang... La quarantaine est difficile à mettre en place, elle représente un coût et du travail supplémentaire. Selon moi, la prise de sang pour le contrôle des virémies transitoires suffirait pour la BVD. L’attestation du vétérinaire doit être amenée par nos soins aux services compétents et pour le carnet ATA, il faut se rendre dans les bureaux de douane. Ce sont des petites choses mais ça fait vite beaucoup.»
Sarah Deillon

 

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