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Un apport adéquat en colostrum garantit un bon démarrage au veau


Les veaux d’élevage méritent une attention particulière. Un apport adéquat en colostrum est essentiel pour un bon démarrage. Le système de détention contribue aussi à ce que les veaux soient en bonne santé et les charges d’exploitation réduites.


Veau colostrum


Le colostrum, premier lait riche en anticorps, est indispensable aux veaux qui naissent dépourvus d’immunité. En effet, leur immunité active se développe à partir de l’âge de quelques semaines. L’apport de colostrum au veau lui confère immédiatement une immunité passive. Il doit être administré rapidement: l’intestin n’est perméable aux anticorps que durant les 12 heures suivant la naissance.

Dès la naissance
Ce premier lait se caractérise par une teneur élevée en énergie, minéraux, vitamines et anticorps. Administrer le colostrum au veau après la naissance est un geste incontournable. Si le veau n’en boit pas assez, ou si sa qualité est mauvaise, les conséquences peuvent être importantes. «Le colostrum, ce n’est pas que du lait, c’est quasiment un médicament», image Martin Kaske, gérant du service sanitaire pour les veaux.
 
La concentration du colostrum diminue avec le temps, tout comme la capacité d’absorption des anticorps par le veau. Il est donc important que ce dernier en boive au moins 4 litres dans les six premières heures de vie. Au-delà, l’intestin perd déjà sa capacité d’absorption.

Les veaux qui sont laissés avec leur mère ne boivent souvent pas assez de colostrum. Il est donc recommandé de leur distribuer au biberon. S’ils ne sont pas motivés à boire dans ces conditions, ils peuvent être drenchés.

Qualité variable
La qualité du colostrum dépend de différents facteurs: la quantité de lait, le lait perdu pendant le vêlage, le temps depuis lequel la vache est traite. D’autres facteurs comme un tarissement court, une mauvaise santé de la mamelle, un stress thermique peuvent également influencer négativement la qualité du colostrum. 
 
Il est important d’utiliser le colostrum de la première traite qui est le plus riche en anticorps. La teneur en anticorps  peut d’ailleurs être vérifiée avec des outils simples et peu onéreux comme un réfractomètre ou avec des appareils plus perfectionnés permettant de gérer de manière optimale la congélation, le stockage et la décongélation (voir sous-article).
 
Par ailleurs, l’immunité sera meilleure si les anticorps contenus dans le colostrum sont adaptés au lieu, donc spécifiques aux agents pathogènes de l’écurie. C’est possible si la vache qui va vêler se trouve suffisamment tôt dans l’étable où le veau sera élevé.
 
La conservation du colostrum doit se faire avec rigueur pour qu’il conserve sa qualité. Il peut se conserver une semaine au réfrigérateur s’il est trait proprement. Il se réchauffe au bain-marie (maximum 46°C).
 
Le colostrum peut également être congelé. Il se conserve alors au moins 6 mois; ensuite, il est moins spécifique aux germes de l’environnement. Il doit également être réchauffé avec précaution pour éviter de détériorer sa qualité.

Mettre la priorité sur les veaux
Un apport optimal de colostrum ne fait toutefois pas tout. Il convient de veiller aussi à des conditions d’élevage optimales. Les exploitations qui sont conscientes de l’importance du colostrum pour les veaux, et plus largement d’un logement et d’un affouragement adéquat sont en général gagnantes. «Les veaux sont à la fois des bébés, qui nécessitent des soins particuliers, et vos futures vaches», rappelle également Martin Kaske.
 
Agri s’est rendu sur deux exploitations romandes dans lesquelles les veaux ont une grande importance. Chacune a mis en place différentes mesures pour améliorer l’élevage des veaux. La famille Renaud, à Rochefort (NE), gère une exploitation de 150 hectares. Le troupeau d’une centaine de Red Holstein et Holstein a une moyenne de 7500 litres. L’exploitation est équipée d’un carrousel de traite. De leur côté, Vincent et Caroline Wasser, d’Ependes (VD), s’occupent de 160 laitières et de la remonte, également mélangées Holstein et Red Holstein. L’exploitation de 135 hectares produit 1,2 million de litres de lait grâce à deux robots de traite.
Elise Frioud, 11 janvier 2019
 
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LE CHOIX D'UN MATÉRIEL DE POINTE
   
Rochefort (NE), à l’heure du café. Dans cette exploitation, pour les veaux, tout roule, et la satisfaction est générale. Eric Renaud, associé avec sa fille Vanessa et son fils Ludovic, explique qu’il a opéré certains changements pour améliorer l’élevage des veaux.

«Auparavant, la remonte était gardée en groupe dans le bâtiment et l’alimentation se faisait à la louve. Nous avions des problèmes de pneumonies. Nous avions aussi des problèmes de diarrhées chez les plus petits veaux», se souvient l’agriculteur. Ce dernier a alors contacté son fournisseur de matériel pour opérer plusieurs changements, réalisés progressivement.

«La première étape a été de passer les veaux en igloo individuel dès la naissance. Après deux semaines, ils sont transférés en igloo collectif. Ensuite, le groupe n’est plus modifié jusqu’au sevrage», explique-t-il. Les igloos ont été installés dans un endroit central, de manière à pouvoir observer les animaux plusieurs fois par jour au gré des passages. Ils bénéficient également des premiers rayons du soleil le matin.

«L’étape suivante a été d’opter pour le milk bar, le système de bidons avec tétines individuelles de la maison Aubry. Avec ce système, les veaux salivent et boivent plus lentement, c’est meilleur pour leur digestion», observe Eric Renaud. Le taxi à lait, pratique pour la distribution, est venu compléter l’équipement. «Enfin, il y a deux ans à Agrama, après m’être longuement documenté sur le colostrum, je me suis décidé pour le Coloquick. Ce système permet d’assurer une congélation et décongélation optimale du colostrum au bain-marie», relate l’agriculteur.
 
Le colostrum est en effet devenu un aspect prioritaire de l’élevage des veaux chez les Renaud. Auparavant, les éleveurs trayaient les mères et donnaient le colostrum au biberon. La qualité était toutefois variable. Le coloquick leur permet désormais de vérifier la qualité du colostrum et de donner le meilleur aux femelles d’élevage. Autre changement, tous les veaux sont drenchés avec 4 litres à la naissance. «Ce n’est pas ce qu’on préfère, mais lorsqu’on voit qu’après, les veaux sont en super forme, on est confortés dans notre manière de faire», explique Vanessa. «La différence est énorme. Economiquement, on s’y retrouve, malgré l’investissement dans le matériel, qui avoisine 5000?francs. On utilise aussi nettement moins d’antibiotiques. Et nous avons les premières génisses qui en ont bénéficié qui sont maintenant au top et prêtes à vêler, à 24-26 mois», ajoute Ludovic.
 
«Nous avons eu 200 vêlages cette année, et tout s'est bien passé pour les veaux. Nous n’avons plus de diarrhées. Si j’ai un regret, c’est de ne pas avoir opté pour ce système plus vite. On passe un peu plus de temps à s’occuper des veaux, mais donner à boire à des veaux qui ont de l’appétit, c’est un plaisir», résume Eric Renaud. L’agriculteur estime que l’investissement vaut la peine pour les troupeaux à partir de 30 bêtes.
EF, 11 janvier 2019
 
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DE LA RIGUEUR ET DE L'ATTENTION

Quatre rangées d’igloos individuels et deux rangées d’igloos collectifs, tous bien alignés: le domaine des veaux à la ferme du château d’Ependes (VD). Quelques-uns des occupants sont couchés dans une épaisse couche de paille, d’autres, curieux, se tiennent près du grillage. Vincent Wasser, chef d’exploitation et Caroline, responsable pour l’élevage, ont récemment revu le système d’élevage des veaux, notamment en ce qui concerne le logement. Ces derniers souffraient en effet régulièrement en effet de pneumonies, de diarrhées et de dartres. «Les veaux étaient alimentés à la louve et il n’était pas aisé de savoir s’ils buvaient suffisamment. Le climat de l’écurie n’était pas idéal, non plus. Nous avons profité du réaménagement du bâtiment des laitières pour revoir le mode de détention des veaux», explique Caroline.

Les veaux sont désormais logés en igloo. Ces derniers sont installés sur une surface bétonnée aménagée avec une pente de 5% pour permettre à la litière de rester sèche. A chaque changement de veau, les igloos sont lavés et désinfectés. Les veaux sont abreuvés avec le taxi à lait à système d’identification qui permet de programmer le plan alimentaire soit individuellement soit en se basant sur le plus jeune veau dans les igloos collectifs. Chaque rangée de veaux constitue en effet ensuite un groupe qui ne changera plus jusqu’au sevrage.

«C’est le second hiver que nous fonctionnons ainsi. Nous avons déjà observé une baisse de la mortalité. Les veaux ne souffrent pas d’être dehors. Nous mettons une couverture aux plus petits ou à ceux qui sont malades», ajoute Caroline. «Pour nous aussi le fonctionnement est différent. Avant, on allait vers les veaux avec une seringue. Maintenant, on va vers eux pour leur donner à boire. C’est beaucoup plus gratifiant».

Le couple est également très rigoureux sur le colostrum. A la naissance, les veaux qui boivent reçoivent 3 litres au biberon; les autres sont drenchés avec 4 litres. Les veaux sont abreuvés avec le colostrum de leur mère si la qualité, mesurée au réfractomètre, est suffisante. «Nous envisageons d’acheter le coloquick depuis un moment pour bénéficier d’une meilleure qualité de stockage et de décongélation. Ce serait aussi un avantageux de suivre un protocole établi car nous travaillons avec trois employés».

«Pour que ça marche, c’est sûr qu’il faut être très rigoureux. Mais ça devient vite un automatisme. Et c’est très satisfaisant lorsque les problèmes diminuent», abonde Vincent. «Rigoureux et attentifs», corrige Caroline. «Je suis presque aussi attentive avec les veaux qu’avec mes enfants, c’est peut-être pour ça que ça fonctionne bien», s’amuse la jeune femme. «Hé ben alors, ma petite, ça gratte?» interroge-t-elle avant de vérifier et de découvrir un début d’infection au niveau de la marque auriculaire d’une jeune femelle. Celle-ci pourra être soignée à un stade précoce.
EF, 11 janvier 2019

 

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