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Le chauffage des serres au centre des préoccupations des producteurs


Les maraîchers sont invités à revoir les sources d’énergie qu’ils utilisent pour chauffer leurs serres. A terme, ils devront certainement trouver des alternatives aux énergies fossiles.


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Le 28 janvier 2019, la Fédération des coopératives Migros (FCM) a communiqué que, dès 2025, pour figurer dans ses rayons, tous les fruits et légumes suisses produits en serre devront se passer d’énergie fossile. Le géant orange n’avait alors pas estimé nécessaire d’impliquer l’Union maraîchère suisse (UMS) avant de lancer son opération de communication. «Ce n’est pas un sujet nouveau pour nous», précise Matija Nuic, directeur de l’UMS. «Cela fait longtemps que nous travaillons à réduire la consommation énergétique des maraîchers, également dans les installations de déshumidification des serres.»

Délais à revoir
«Actuellement, en Suisse, 91% des serres chauffées le sont avec du gaz naturel», indique Michael Amstalden, responsable du secteur Marché et politique de l’UMS. Il s’est ainsi exprimé le 19 novembre dernier en marge de la 3e Conférence nationale de la production maraîchère sous abri, sur le site de Grangeneuve à Posieux (FR). «Se passer d’énergie fossile s’avère un énorme défi pour les producteurs. Et la date butoir de 2025 leur laisse un délai extrêmement court pour s’adapter.»

Cette année, l’UMS a mis sur pied un groupe de travail réunissant non seulement toutes les organisations agricoles directement concernées, mais aussi les différents distributeurs en Suisse et les offices fédéraux de l’environnement, de l’énergie et de l’agriculture. «Notre but est de définir une stratégie énergétique coordonnée, réaliste et conforme aux objectifs des diverses parties prenantes», explique Michael Amstalden.

Résultats attendus en 2020
Le groupe de travail planche aux niveaux politiques et techniques. Il s’agit d’abord de connaître la direction que veut donner la Confédération à sa politique climatique. La loi sur le CO2 n’a toujours pas été adoptée par le Parlement, alors que le Conseil fédéral vise la neutralité carbone en 2050. Les objectifs politiques ne sont pour l’heure pas encore clairement définis. Une neutralité carbone permettrait la compensation d’émissions, alors qu’une éventuelle sortie des énergies fossiles impliquerait une direction vers un approvisionnement totalement renouvelable.

Côté technique, de nombreuses solutions existent, mais la disponibilité des diverses sources d’énergie doit également être prise en compte. Les besoins énergétiques des serres sont caractérisés par une charge de base, qui peut relativement facilement être assurée par une source renouvelable, et un pic, appelé charge de pointe, qui pose davantage de problèmes dans l’optique d’une sortie des énergies fossiles.

En l’état actuel, les travaux élaborés par l’ensemble de la branche ont abouti à une stratégie commune et provisoire. «Nous devons encore obtenir la confirmation des offices fédéraux que notre solution concorde avec la stratégie énergétique du Conseil fédéral», souligne Matija Nuic. Raison pour laquelle les résultats finaux du groupe de travail ne seront connus qu’en début 2020.

Techniquement faisable mais encore trop cher
Le bureau d’ingénierie DM-Energieberatung s’est penché sur la faisabilité d’un renoncement des énergies fossiles pour chauffer les serres suisses. «Les énergies renouvelables peuvent couvrir la charge de base, c’est-à-dire environ 80% des besoins», a affirmé Martin Steiger, de DM-Energieberatung, à la centaine de personnes présentes dans l’Aula de Grangeneuve. «L’utilisation de combustibles non fossiles liquides ou gazeux, tels que du biogaz, du mazout bio ou des carburants synthétiques, est actuellement très chère.» Pour ces raisons, le spécialiste conseille avant tout de prendre des mesures pour diminuer voire éviter la charge de pointe. «La gestion des écrans thermiques peut avoir une forte influence sur les pics des besoins énergétiques.»

Les participants à la conférence organisée conjointement par Grangeneuve (FR), Liebegg (AG) et le Strickhof (ZH) ont également pu découvrir le potentiel de la géothermie ainsi que du bois. Le maraîcher bio Stephan Müller, de Steimaur (ZH) a témoigné de son expérience avec sa chaudière à gros pellets de bois qu’il a installé en 2005. Pionnier en son temps, Stephan Müller a fait part des avantages, mais aussi des inconvénients de son chauffage. «Le prix avantageux du bois comme matière première est compensé par les frais d’entretien élevés.»

Projet fribourgeois d’envergure
Dans le canton de Fribourg, un projet de grande ampleur de chauffage à distance des serres dans les villages d’Essert, de Chiètres et de Frasses est en cours de réalisation. Le bois de la région en sera la principale source d’énergie. A terme, le projet permettra de réduire chaque année les émissions de CO2 de quelque 6000 tonnes, soit l’équivalent de 48 millions de kilomètres parcourus avec une voiture ou le chauffage de 1300 maisons individuelles.
Vincent Gremaud, 29 novembre 2019

 

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