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Combiner un épandage précis d’engrais avec un sarclage guidé par caméra


A Cormagens (FR), Francis Bapst s’est doté d’une sarcleuse à maïs et tournesol qui permet aussi de déposer de l’engrais au plus près de la culture. Le GPS, l’Isobus, le relevage individuel des éléments et le guidage de la machine par caméra favorisent un travail précis.


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«On ne peut pas se passer de tous les produits phytosanitaires, mais on se doit de faire un geste quand c’est possible. C’est difficile de diminuer les fongicides et les insecticides. Pour les herbicides, en particulier dans le maïs, il y a une alternative: c’est le sarclage.» Fort de ce constat, Francis Bapst a décidé de s’équiper d’une sarcleuse de précision. «On se doit de faire ce genre de geste quand c’est possible. D’autant plus que le sarclage ne fait pas que désherber. Le travail de la terre est bénéfique pour la culture.»

Salarié de l’exploitation de son père et de son oncle à Cormagens (FR), le jeune Fribourgeois développe en parallèle des activités de travaux pour tiers. L’an passé, il avait loué une sarcleuse 6 rangs de la marque Einböck, guidée par caméra, pour désherber à deux reprises les 15 hectares de maïs de l’exploitation familiale. «J’ai tourné des vidéos de ces travaux et je les ai mises sur Facebook», explique Francis Bapst. «J’ai été surpris du nombre de demandes que j’ai reçu de mes contacts pour aller sarcler leurs maïs. En tout, j’ai travaillé ainsi environ 70 hectares.»

Palpeurs et lames incurvées
Cette année, il a décidé d’investir dans l’achat d’une telle machine. Son choix s’est porté sur une sarcleuse 6 rangs de la marque française Carré. «L’avantage principal de cette machine, c’est qu’elle peut être guidée soit par une caméra, soit par des palpeurs», relève l’agriculteur. Pour le premier désherbage, lorsque le maïs est petit, la caméra distingue les lignes de la culture et guide les éléments pour un sarclage au plus près du maïs, sans l’abîmer. Lorsque ce dernier est plus grand, au second passage, ce sont des tiges métalliques, les palpeurs, qui reconnaissent les lignes de maïs et positionnent au mieux les éléments sarcleurs. Cette technique fonctionne aussi avec le tournesol. «Les palpeurs permettent aussi une vitesse de sarclage plus rapide, jusqu’à 10 km/h quand les conditions sont bonnes.»

Autre particularité qui a guidé Francis Bapst dans son choix: les lames à betterave. Si le centre de l’interrang est sarclé avec des pattes d’oie, les parties les plus proches des rangs sont travaillées avec des lames à betteraves, incurvées vers l’interrang. «Cela évite d’endommager les racines du maïs», note l’entrepreneur. Enfin, au second sarclage, lorsque la culture est assez développée, des disques buteurs sont placés à l’arrière de la machine pour ensevelir les mauvaises herbes présentes sur le rang.

Fertilisation et finesse de travail
De plus, Francis Bapst a opté pour un modèle qui permet d’épandre simultanément de l’engrais, conventionnel ou bio. La trémie contenant le fertilisant est fixée aux trois points avant et un système de soufflerie dépose l’amendement juste devant la sarcleuse. «Grâce à une localisation précise de l’engrais, ce dernier est mieux valorisé, sans pour autant brûler les racines», souligne Francis Bapst. «Et lorsqu’il fait très sec, comme l’an passé, c’est particulièrement intéressant de lier la fumure au sarclage, pour profiter de l’humidité du sol.»

Avec son tracteur équipé du système RTK de guidage par satellites ainsi que de l’Isobus, le Fribourgeois peut être très précis dans son travail, également en bout de champ, ou aux croisements des lignes de la culture: «Les éléments se relèvent automatiquement pour éviter de sarcler dans les rangs de maïs».

Coûts
Pour amortir dans un délai convenable les quelque 75 000 francs investis dans cette machine, Francis Bapst espère sarcler une centaine d’hectares par an. Il facture le sarclage à 190 fr./ha (compter 2 passages par an). Pour l’épandage de l’engrais (une seule fois), il faut rajouter 30 fr./ha. Pour ses clients, il a réalisé un calcul comparatif des coûts entre un désherbage chimique et ses propres prestations: «Si l’on additionne la prime pour le renoncement aux herbicides et les économies réalisées sur les produits et les passages du pulvérisateur, cela représente environ 400 fr./ha pour l’agriculteur». Opter pour un désherbage mécanique s’avère ainsi économiquement neutre pour les clients de Francis Bapst. «Quand on peut faire un pas dans la direction de la volonté, partagée par une part croissante des consommateurs, de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, j’estime qu’on devrait le faire», conclut le Fribourgeois.
Vincent Gremaud, 7 mai 2019

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