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Les avantages des aliments expansés sont peu visibles mais bien réels


Grâce à un expandeur, les fabricants d’aliments améliorent la structure de leurs produits. Cette technologie assure l’hygiénisation des aliments et réduit la formation de farine fine dans les fonds de silo.


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Depuis quelques mois, les détenteurs de pondeuses et autres producteurs de porcs romands clients de l’entreprise UFA ont constaté que l’apparence de leurs aliments avait évolué. En effet, la filiale de Fenaco a équipé l’an dernier son installation de Puidoux (VD) pour y fabriquer, comme dans ses autres usines de Suisse, des aliments expansés (lire ci-dessous).

«Pour les bovins, les aliments sont généralement vendus sous forme de granulés, plus adaptés aux distributeurs automatiques», souligne Aline Bapst, responsable marketing d’UFA pour la Suisse romande. «Pour ces clients, il y a visuellement peu de différences entre les aliments expansés et ceux, hygiénisés, qu’ils recevaient auparavant.» Chef d’exploitation de l’usine vaudoise, David Reboul précise toutefois que les granulés formés après une expansion présentent une meilleure stabilité que ceux élaborés après une hygiénisation.

Pas de grands bouleversements
Dans la région fribourgeoise, Michel Rossier gère, avec son épouse Brigitte, un poulailler de 6400 pondeuses à Avry-sur-Matran et un autre de 8000 pondeuses à Ependes. «En 2017, nous avons arrêté la production laitière et construit cette deuxième halle de ponte», explique-t-il. L’an passé, il a reçu une lettre de son fournisseur UFA l’informant que l’aliment de ses poules serait désormais expansé. «Pour nous, cela n’a pas changé grand-chose. Cette optimisation de la forme, s’inscrit dans le progrès linéaire que connaît notre branche de production, au même titre que l’amélioration de la génétique», relève Michel Rossier. «Le succès dans la production d’œufs est multifactoriel. Nous avons d’autres problèmes bien plus complexes à gérer. Il faut faire en sorte que les poules montent le soir et qu’elles pondent dans les nids. Il faut ajuster la ventilation et éviter les infestations d’E. coli

Eviter la farine trop fine
Même s’il a encore peu de recul sur l’utilisation d’aliments expansés, l’aviculteur fribourgeois n’a pas constaté d’augmentation de l’ingestion de ses pondeuses. Dans son poulailler d’Ependes, les chaînes d’alimentation sont réapprovisionnées cinq fois par jour. Michel Rossier ajuste les apports pour que ses poules parviennent à vider totalement ces chaînes une fois par jour. «Il faut bien gérer les quantités distribuées. Si l’on donne trop d’aliments, les restes au fond des mangeoires sont cassés par la chaîne d’alimentation. Ils deviennent alors de plus en plus fins», explique-t-il. «Même si cela peut paraître contre-intuitif, quand les poules ne mangent pas assez, il faut parfois arrêter de les approvisionner.»

Lorsque la structure de l’aliment est trop fine, les poules ont de la peine à le manger. Michel Rossier a déjà connu ce problème, notamment lorsqu’il distribuait de l’aliment de fonds de silo. «Même si cette farine contient exactement les mêmes composants que l’aliment plus grossier, on peut constater une diminution de l’ingestion et de la production d’œufs», précise-t-il. La structure des aliments expansés, mais aussi la forme des silos, plus étroits et plus hauts, minimise la formation de farine fine. «Lorsque l’un de mes silos est presque vide, je fais en sorte que les poules re-çoivent un mélange de ce fond de stock avec de l’aliment pris dans l’autre silo. Ainsi, je n’ai plus de problème.»

Sûr et homogène
Dans l’expandeur, les matières premières sont chauffées durant quelques secondes à une pression pouvant atteindre 40 bars. La température est réglée en fonction de l’effet souhaité et de l’espèce animale. Le temps d’exposition est réduit autant que possible pour éviter la destruction des nutriments et des substances actives. Ce traitement confère aux produits une haute sécurité hygiénique. Pour les aviculteurs, le risque lié aux salmonelles s’en trouve fortement réduit.

Les fabricants mettent en avant l’appétibilité de leurs produits expansés et l’homogénéité des aliments rend plus difficile le tri dans les mangeoires.

Quant au prix des aliments expansés, il ne diffère pas de celui des aliments hygiénisés. Les cours des matières premières jouent un rôle beaucoup plus important sur la formation de ces prix.
Vincent Gremaud, 16 juillet 2021
 
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AMIDON ET PROTÉINES DEVIENNENT PLUS DIGESTES

En juillet 2020, UFA a doté son usine de Puidoux d’expandeurs. «La mise en route s’est faite de façon progressive et nous tournons à plein régime depuis le début de cette année», précise Cédric Russi, chef de vente d’UFA pour la Suisse romande. La filiale de Fenaco commercialise depuis plusieurs années déjà des aliments expansés outre-Sarine. «A Puidoux, nous bénéficions maintenant d’une technologie de dernière génération, qui offre davantage de précision dans le paramétrage du traitement des matières premières», indique Aline Bapst, responsable marketing d’UFA pour la Suisse romande.

«Sur les trois lignes de production que nous avons, deux ont été équipées d’un expandeur», explique David Reboul, chef d’exploitation de l’usine vaudoise. «La dernière ligne sert à fabriquer les aliments pour poulets, qui sont toujours traités thermiquement par un hygiénisateur.»

Les expandeurs augmentent la productivité des chaînes de fabrication des aliments de l’ordre de 10 à 15%. Mais c’est avant tout l’amélioration de la qualité des produits qui a poussé UFA à investir. Avec la technologie d’expansion, l’aliment subit une augmentation de sa surface et également une prédigestion. Les enzymes digestives peuvent pénétrer plus facilement et plus rapidement. La digestibilité s’en trouve améliorée, ce qui peut entraîner un effet bénéfique sur les performances des animaux.
En fonction du contrôle de la température du processus d’expansion, une fraction de l’amidon de l’aliment est plus ou moins décomposée. Ainsi, les composants d’amidon peuvent être utilisés plus rapidement et leur digestion se déroule dans la partie antérieure de l’intestin. Au final, moins d’énergie est disponible pour les agents pathogènes dans le gros intestin.

La digestibilité des fibres brutes et des graisses brutes peut également être considérablement améliorée par l’expandeur.

Pour décomposer les protéines en acides aminés, les monogastriques produisent une enzyme, la trypsine. Mais les produits à base de soja contiennent des inhibiteurs de trypsine et péjorent ainsi la digestion des protéines. Le traitement des aliments dans les expandeurs permet d’inactiver ces facteurs antinutritionnels. Le traitement thermique des matières premières doit être suffisant pour éliminer ces substances indésirables sans nuire aux propriétés protéiques précieuses aux animaux. Grâce aux possibilités de réglages précis, l’expandeur est une solution optimale.
VG, 16 juillet 2021


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FINI LES MIETTES POUR LES PORCS

 «A l’origine, l’aliment que j’achetais pour mes porcs se trouvait sous forme de farine. Puis, UFA a remplacé ses farines par des miettes et depuis quelques mois, je reçois de l’aliment expansé», témoigne Jean-Marc Nicolet, fromager et exploitant d’une porcherie aux Verrières (NE).

Selon lui, le principal avantage de cette nouvelle forme est que l’aliment se mélange mieux au petit-lait. «La soupe est plus homogène. Le flux dans la tuyauterie s’en trouve amélioré et les porcs mangent mieux», précise le Neuchâtelois. «Avant, l’aliment se déposait rapidement au fond des auges. Les cochons buvaient d’abord le liquide et s’attaquaient ensuite à l’épais resté au fond. Maintenant, ce n’est plus le cas. L’aliment reste en suspension dans le petit-lait et l’ingestion est plus régulière.»

Avec les miettes, l’engraisseur avait connu quelques soucis, avec l’aliment qui collait aux parois des silos. Le traitement à l’expandeur a réglé ce problème. «Les aliments expansés prennent davantage de place dans les silos», ajoute Jean-Marc Nicolet, qui a dû adapter la fréquence de ses commandes.

Utilisation de coproduits
Le tourteau de colza, résidu du pressage des huiles alimentaires, contient des glucosinolates. Ces derniers peuvent s’avérer problématiques pour les monogastriques, dont ils réduisent l’ingestion et péjorent la santé.
Afin que ce précieux coproduit puisse encore être utilisé dans l’alimentation des porcs et des volailles, l’expandeur offre un avantage décisif. Par le traitement thermique précis, les glucosinolates sont décomposés et fortement réduits.
VG, 16 juillet 2021
 

 

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